‹ Avadâna-C̦atakaChapitre 113 sur 167 · VAPUSMÂN · texte numérisé non relu

VAPUSMÂN

— Qui a un joli corps —

Le bienheureux Buddha (1)..., résidait à Kapilavastu dans le jardin du Nyagrodha.

Or, il y avait à Kapilavastu un Çâkya riche (9)...

II épousa une femme de la même tribu que lui (6), .. il lui naquit un fils qui dépassait la beauté humaine sans atteindre à la beauté divine, dont le corps, remarquable par sa délicatesse, était irréprochable en tout L

A sa naissance, on fit une fête, et on lui donna un nom : « Quel sera, dit-on, le nom de cet enfant ?» — Les parents dirent : « Puisque cet enfant a un corps divin que son nom soit Vapusmân.

L’enfant Vapusmân fut confié à huit nourrices (7)... Éducation brillante...

Il était croyant (8).. . Homme vertueux..., plein d’ardeur pour la loi, digne, dans tous les mondes, d’adoration, de respect, déconsidération. S’il se

1 Texte sanskrit très obscur et sans cloute très altéré : asya vapu : süxmatvadmaheçâhJuja : pràptau chandakdyaçca : le Dvàviingaty-avadàna donne : asya vasus : çüxmatvadmaheçükhya : prdpto chuddhakâyaçca. Le tibétain ne parait pas suivre de très prés le texte, et n'est pas clair non ))lus. On peut, je crois, le traduire ainsi ; « les proportions de son corps étaient incomparables et charmantes; la partie antérieure de son corps était élevée; il commandait l'admiration. » — Ni la suite du récit, ni les termes du récit parallèle du Ratna-av.-màlà n'aident pour résoudre les difficultés de ce passage ; ils font seulement comprendre qu'il s'agit d'une grande beauté.

* Divyam, « céleste, beau, surnaturel », rendu f ar l'expression tibétaine dpe-med.n incomparable », qui, dans le passage ci-dessus, parait correspondre ksüxmatvât.

Ann. g. — XIX

ANNALES DU MUSEE OUIMET

rend dans des endroits dont les hommes ont fait des fumiers \ ces endroits mêmes deviennent purs sous ses pas ; telle est la puissance de ses mérites.

Enfin, par la suite, il se rendit au jardin duNyagrodlia (16). Description physique du Buddha... Initiation... Arrivée à Vètat de Srota-âpatfi (22)... Arrivée à l'état d'Arhat (23)

Les Bhixus ayant conçu un doute questionnèrent Bhagavat, celui qui ôte tous les doutes : « Vénérable, quels actes Vapusmân avait- il faits pour qu’il ait ainsi obtenu un tel corps et conquis l’état d’Arbat ? »

Bhagavat répondit : (12) Le fruit des œuvres et la transmigration... (15) Apparition de l'ancien Buddha Vipaçyi, sa fin, son monument...

Le roi Bandbumat avec sa famille^, avec ses ministres, institua une fête pour ce stiipa.

Or, un jour, un homme pauvre, étant entré dans l’enceinte du stûpa, vit que les fleurs en étaient fanées, que le monument était sale et couvert de poussière. Lui donc, se rappelant les qualités du Buddha et animé de bonnes dispositions, prit un balai, balaya le stûpa et le nettoya complètement. Quand il vit la poussière enlevée et le stûpa bien propre, il éprouva un nouveau mouvement de foi, tomba sur ses deux pieds et fit un pranidbâna : « Par cette vertu, par cette production d’intelligence, puissé-je recevoir de telles qualités, me concilier un tel maître et ne pas me l’aliéner ! »

Bhagavat ajouta : « Que pensez-vous, Bhixus ? Celui qui, en ce temps-là, à celte époque-là, fut l’homme pauvre, c’était ce Vapusmân. Parce qu’il a balayé le stûpa, il a eu la beauté en partage, parce qu’il fait le pranidbâna, la qualité d’Arbat s’est, dans l’existence présente, manifestée pour lui.

Bhixus, les actions entièrement noires (5)... Actes blancs et actes noirs. Ainsi parla Bhagavat (2) .

Rapprochements et remarques

I. Le Vapusmân- avadânaka forme la vingt et unième section du Dvâvimçati-av., qui reproduit textuellement (f<>® 77-80), dans un cadre spécial, le récit de l’Avâdana-Çat. J’en donne ici le commencement et la fin :

* Pdmruhhûtn . Le tibétain ne rend pas ce terme ; il se borne à dire ; « tous les lieux où il pose le pied deviennent purs ».

2 Le tout comme dans les récits précédents.

® Le sanskrit emploie le mol putra, « enfants », et le tibétain le mol gnen, « parents »,

AVADÂNA-ÇATAKA VII, 3, (63)

Le prince des Munis, le lion des Çàkyas, mine de qualités, prit encore la parole en regardant la troupe des Bhixus (pour dire) l’Avadâna de Vapusmân.

Les Bhixus dirent : Bhagavat, maître qui sais tout, après avoir entendu nos paroles favorables relatives aux actes méritoires envers un Buddha, tu dois nous parler encore.

Bhagavat dit : Ecoutez, Bhixus ! Dans la grande ville de Kapilavastu habitait une fois un Çâkya riche... (suit l’histoire, et, après le développement sur les actes blancs et noirs, le texte reprend ainsi :)

Ceux qui, ayant nettoyé énergiquement et purifié complètement,

Se réfugient auprès du parfait Buddha pour l’honorer avec des sentiments de respect,

ceux-là sont délivrés du chagrin des Kleças, admirables ; leurs sens sont dans une situation prospère;

ils possèdent la félicité et ont un visage de lotus, grâce à l’eau de la Bodhi.

A ces mots, les Bhixus manifestèrent leur joie en disant ; Oui ! et ils furent pleins d’ardeur pour rendre un culte aux Stupas.

IL Cette histoire est la septième du Ratna-av,-mâlâ (D 59-65). En voici l’analyse :

Le Buddha est dans le Jardin du Nyagrodha où il a toutes sortes d’auditeurs et reçoit toutes sortes d'hommages. Un Çâkya devient père d’un fils si beau que, dans la fête célébrée à l’occasion de sa naissance, on lui donne à cause de son « corps divin » (divyavapu :) le nom du Vapusmân, « qui a un joli corps ». Gonflé à huit nourrices, cet enfant devient remarquable par ses lumières et ses vertus ; il purifle tous les lieux où il pose le pied. Un jour, en se promenant avec ses camarades, il porta ses pas jusqu’à Jetavana Ce qu’il y vit excita son admiration ; il demanda aussitôt l’initiation : mais le Buddha le renvoya à ses parents pour avoir leur permission.

Vapusmân va donc trouver ses parents et leur expose son dessein; ils perdent connaissance en l’entendant, et quand ils reviennent à eux, ils déploient toute leur éloquence pour le retenir (quinze Glokas). Mais Vapusmân sait ce que valent les plus grands succès de ce monde; il est décidé à échapper aux Kleças. — Le père cède ; la mère insiste, elle demande au moins qu’il ne se fasse initier qu’après sa mort. Mais Vapusmân n’écoute rien; il se rend à Venuvana^, demande et obtient l’initiation, puis presque aussitôt arrive à l’état d’Arhat.

Les Bhixus étonnés questionnent leur maître qui rend ainsi compte de ces faits merveilleux.

Le Buddha Vipaçyi étant entré dans le Nirvana à Bandhumati et Bandhumat lui ayant élevé un Stûpa, qu’on honorait par des fêtes et qu’on ornait de fleurs, un homme pauvre vit un jour que les fleurs étaient fanées, flétries ; il les enleva et balaya avec soin l’enceinte du Stûpa, de manière qu’elle fût propre et qu’on n’y vît rien qui choquât la

t Notez que Jetavana est à Çràvastî, et que le lieu de la scène de ce récit est Kapilavastu. 2 II semble qu’on soit maintenant à Râjagrha.

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vue. En même temps, il fit un vœu pour devenir un jour le disciple d’un Buddha tel que Vipaçyi.

Cet homme pauvre n’était autre que Vapusmân : le soin qu’il avait pris de la propreté du Stupa lui avait valu sa naissance dans une famille riche et cette beauté qui le distinguait. Le vœu qu’il avait fait lui avait valu la qualité d’Arhat.

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