ÉPILOGUE
quelle la main habile d’une fe1:.me du monde avait dû présider. Tout dans cet endro:! était d’un goût exquis et les mille objets d’art, les P ‘atures, es statues, les bibelots sans nombre, s’harmonisaient si bien qu'on eut dit qu’ils remerciaient, dans leur langage muet, Ja maîtresse de céans de les avoir réunis là en si bonne Compagnie; aussi lui prouvaient-ils leur reconnaissance en faisant de son salon le lieu le plus coquet, le plus C'osy, comme disent les Anglais.
Présentement, Aeux Personnes ÿ sont réunies: l’une ayant atteint cet âge critique où la femme sent qu’elle n’est plus jeune, belle encore cependant, sous son costume de veuve, elle caractérise l’idéal de l’aïeule que les années ont à peine effleurée, Elle est restée fraiche, et les quelques cheveux blancs que l’on remarque autour de son front encore lisse, ne détruisent en rien le charme de sa physionomie noble et distinguée. A côté de cet automne qui n’a pas jauni, ge tient l’été dans sa plus grande splendeur et la jeune femme de vingt ans, qui adresse une question à son ainée, possède tant de grâces et de sédactions que le plus indifférent ne saurait réprimer un mouvement d’admiration en jetant un regard sur cette figure attrayante où ne s’épanouissent que joie et bonheur.
En effet, elle est bien heureuse, Géraldine. Depuis trois ans, Robert et elle habitent la France. M. de Marviiie, a son retour, a retrouvé sa mère, veuve depuis quinze jours à peine. Il est arrivé à temps pour
frappante qu’on ne Peut la regarder Sans penser à celle qui n’est plus.
porte s'ouvre, Robert entre.
— Ah! mon ami, nous t’attendions avec impatience, dit Géraldine s’avançant À ga rencontre. Quelles nouvelles ?
demeure, définitivement, la possession des Anglais.
vers le sol; leurs r ets s’envolaient vers cette vaste colonie, qui devait Pis tard devenir un Pays si florissant. (C'était là, n celà des Océans, qu’ils s’étaient
qu’ils avaient été heu: ux. Toutes leurs pensées 4e rättachaient à cette terre où dormaient, sous les érables et les grands peupliers, des restes aimés. Hélas! ce sol devenait celui de l’étranger
Un petit pas s’est fait entendre, un Chérubin de bébé s’est élancé dans les bras de Païeule. La Marquise
prend ia petite fille et s’avançant vers ses deux enfants pensifs :
la France et garder intactes notre religion et notre langue. C'est une Sœur cadette qui nous reste en Amérique, elle COnservera fidèle Je Souvenir de son ainée,