‹ Avant la conquête [microforme]Chapitre 4 sur 33 · COMMENT ROBERT FIT CONNAISSANCE AVEC GÉRALDINE · texte numérisé non relu

COMMENT ROBERT FIT CONNAISSANCE AVEC GÉRALDINE

vait pas changé route enneigée s'étendant au loin était veuve de passants, Seule, une jeune Personne, enveloppée d

Son passage, Par.

vec impatience.

t-elle, elle m’a bien Quelle honte de n’avoir sser Voir aujourd’hui ; SOn tuteur

que je ne lui parlasse du colonel ; mais, Patience, M. de Carre, je me ris de Vos défenses,

je saurai bien Parvenir jusqu’à votre s’il le faut, messagère entre elle et M.

Tout en monologuant ainsi, Géraldine, était arrivée devant une jolie maison un bosquet d'arbres, qui deau de leur feuillage touffu, la cachant d’alouette au milieu des moissons, du docteur Auricourt.

—*auvre Hortense, murmura dit que sa liberté était perdue, PaS voulu me Ja Jai Craignait sans doute

comme un nid C'était la demeure

On vint aussitôt Jui ouvrir.

était meublé avec luxe, Le doc-

grand salon on se disait en admi- €: Il doit faire bon d Un crin eur ur joli meu Pa: .

plus loi

sait donner, avait cependant, malgré le benheur dont elle jouissait, des heures de mélancolie profonde. Ces tristesses sans cause qu’éprouvent infailliblement les âmes trop sensibles, elle les ressentait vivement et alors elle se disait: Pourquoi suis-je triste; que me manquet-il? Rien, apparemment, elle ne savait pas encore qu’un jour viendrait où une voix aimée lui ferait comprendre qu’il lui manquaic alors une part de son âme; qu’elle cherchait sans le-savoir dans ses moments de rêverie cet être qui saurait achever sa pensée, celui enfin sans qui la femme tendre et aimante ne peut être véritablement heureuse, car il lui faut ici-bas cette union de sentiments, cette sympathie mystique qui font de deux âmes une seule âme. :

Voilà ce qui lui manquait, et voilà ce que dans son innocence elle ne comprenait pas encore, car l’affection de son père avait jusqu’ici rempli toute son existence. Cette nature vive, impressionnable s’agitait dans l’attente de l’inconnu, aussi déversait-elle le trop plein de son âme sur tout ce qui l’entourait. C’étaient ses fleurs qu’elle aimait, c’était sa peinture, c’était sa musique, sa harpe dont elle faisait vibrer les cordes avec une harmonie d’artiste ; elle chantait et sa voix avait des accents qui faisaient tressaillir, quelquefois aussi ce chant finissait dans un sanglot.

Le docteur Auricourt s’était effrayé de cette mobilité d’impressions chez sa fille; mais il avait bientôt compris qu'aux natures ardentes les larmes sont parfois un soulagement bien doux.

Ce soir-là, comme d’habitude, Géraldine et son père sont réunis au salon, la première raconte avec indignation comment elle a été éconduite chez M. de Carre, dans l’après-midi.

— Quelle triste existence pour ma pauvre Hortense, dit-elle, croyez-vous, père, que l’on ne pourrait intervenir afin de lui faire rendre plus de liberté?

— Ma chère enfant, ces trêmement délicates. M.

aisé, je crois

n, mais n’est pas le droit qui prime.

— Cependant, père, je ne Comprends pas que le tuteur d’une personne bien élevée, ait le droit de la tenir prisonnière chez lui, et que cela puisse se faire dans un pays civilisé.

, il me semble que les Français sont Pour se lever en masse et protester orsqu’on opprime une femme.

En parlant ainsi les Yeux noirs de ls jeune fille brillaien Ï

dait avec — Tu ferais, sans doute, un bon législateur, dit-il, en souriant.

ant un violent Coup de marteau à Ja porte dentrée, vient interrompre lentretien. :

n domestique accourt prévenir le docteur que deux hommes, portant un blessé Je demandent, 7: chirurgien se rend à la hâte dans son bureau où Pinconnu vient d’être déposé.

— Quel est cet:homme ? demande-t-il à ceux qui l'ont apporté.

— Nous lignorons, monsieur, répond l’un d’eux, nous l'avons trouvé évonoui dans le chemin, près d’ici, baignant dans son sang.

— Mais, c’est un assassinat !

— Probablement. Lorsque nous sommes arrivés sur les lieux les assassins s’étaient enfuis.

Le médecin examine attentivement le malade.

— La blessure est grave, peut-être mortelle. Néanmoins je veux espérer, mais il ne faut pas le transporter de nouveau, je vais le garder ici.

M. Auricourt appela Madeleine et lui ordonna de préparer un lit. La chambre fut bientôt prête. On y transporta le blessé. Après avoir pansé la blessure le docteur descendit préparer quelques médicaments, laissant sa fille auprès du malade.

Géraldine assise au chevet du lit contemplait le visage pâle de l’incorau. C’était un homme dans la première jeunesse, de haute stature, au teint basané. Une grande douceur était répandue sur ses traits délicats et il eut peut-être paru efféminé si le feu de ses yeux bleus foncés, maintenant cachés sous ses paupières, n’eut donné à sa physionomie une énergie virile.

Plus Géraldine examinait le jeune homme (que nos lecteurs ont sans doute reconnu pour Robert) plus elle était charmée de cette figure. Poussée par un sentiment dont elle ne se rendit pas compte, la jeune fille tomba à genoux et pria Dieu de conserver les jours de cet in- , connu. :

A ce moment, Robert poussa un profond soupir et ouvrit les yeux. En apercevant Géraldine, un sourire passa sur ses lèvres décolorées,

— Je rêve, n’est-ce pas, et vous êtes un ange. — Non, vous ne rêvez pas; je ne suis pas un ange,

Mais vous êtes chez des Personnes qui feront tout en leur Pouvoir pour vous soulager.

— Je suis donc malade ?

Ce disant, il essaya de se soulever; mais il Poussa un faible cri et retomba inanimé sur son oreiller.

— Mon Dieu, s’écria la jeune fille, il est mort.

Hors d’elle-même, elle appela. Le docteur monta précipitamment.

— Voyez, père, dit Géraldine, à travers les larmes, qu’elle ne pouvait retenir, il est revenu à lai, a prononcé quelques paroles puis il a expiré.

Le médecin examina Robert.

— Îl n’est pas mort, ce n’est qu’un second évanouissement. |

— Comme jai eu peur, fit-elle, s’appuyant toute tremblante sur l'épaule de son père.

__— Allons, allons, mon enfant, il ne faut Pas s’impressionner de la sorte; j'ai eu tort de te laisser seule ici. Va te reposer maintenant. Madeleine et moi veillerons.

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