PASSERAT PLAINT SA MISERE
O temps, ô meurs changez, où sont les bénéfices,
Où sont les dignitez, les estats, les offices,
Que le grand roy Françoys, l'Apollon des neuf sœurs,
Sans en estre prié, donnoit aux professeurs?
Le public a tiré quarante ans de service
De mes travaux passez au poudreux exercice,
Où la vertu se monstre et s'apprend le sçavoir.
Las ! je suis envieilli sans recompense avoir.
Si tant j'eusse enseigné dans un païs estrange,
Je serois plein de biens et comblé de louange.
Le cheval qui jadis aux lices fust vainqueur,
Quand la force luy fault et n'a plus que le cueur,
S'esgaye emmy les prez, errant par la verdure,
Asseuré du repos et de sa nourriture.
Nostre vieillesse empire, et nul ne pense pas
Ny à nostre repos, ny à nostre repas.
En me couchant bien tard, en me levant matin,
TOÈTES FRANÇAIS
J'appris, sot que j'étais, du grec et du latin... Dont rien ne me revient, sinon un peu de gages, Avecque le nom vain de quelque pension Que l'on rogne de sorte, et retranche et recule, Qu'elle ne suffit pas à nourrir une mule.