‹ Avant MalherbeChapitre 17 sur 132 · M A ROT · texte numérisé non relu

M A ROT

baiser, mais à la précieuse bouche de laquelle sont yssus et sortis tant de bons mots et vertueuses sentences. »

C'est un trait de l'histoire de notre poésie, — on l'a justement remarqué, — que les grandes admirations n'ont pas attendu les grands talents.

Villemain accorde à la prose d'Alain Chartier, notamment dans le Traite de V Espérance, « un commencement d'élégance et d'harmonie». — « Ses vers, dit-il, sont rudes et plats... Il y a cependant, dans son poème des Quatre Dacms, quelques traits d'une expression touchante. »

En écrivant ces lignes, Villemain pensait sans doute à cette malheureuse femme qui déplore, sur le champ de bataille d'Azincourt, la mort de son chevalier. Elle s'indigne contre les fuyards et s'écrie :

Dieu en ait l'ame !

Leur fuyte est cause, a leur grant blasme, De ma perte et de leur diffame !

L'eusse je faict, moy qui suis famé?

Ce dernier vers nous semble d'une belle précision et d'une vivacité de sentiment admirable.

En parlant des fanfarons sans courage, le poète dit encore :

Ils ne sont bons qu'à sroir au banc sous cheminées, Quant leurs bouches sont avinées, Et qu'ils ont les bonnes vinees Lors contents de leurs destinées...

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