Etoffe de bure
64 VOkTl-S FRANÇAIS
Si ne suis vbien le considère)
Fils d'ange portant diadème
D'estoile ni d'autre sidère ;
Mon père est mort : Dieu en ait Tarne !
Quant est du corps, il gist sous lame(i)!
J'entends que ma mère mourra ;
Et le sçait bien la povre femme :
Et le filz pas ne demourra.
Je congnois que povres et riches, Sages et fols, prestres et lais (2), Nobles, vilains, larges et chiches, Petits et grans, et beaux et laids, Dames à rebrassez colletz (3), De quelconque condiction, Portant atours et bourrelets, Mort saisit sans exception.
Et meure Paris ou Hélène, Quiconque meurt, meurt à douleur.
Celluy qui pert vent et alaine, Son fiel se crevé sur son cueur ; Puis sue, Dieu sait quelle sueur, Et n'est qui de ses maulx l'allège, Car enfants n'a frère, ne seur, Qui lors vousist esfre son pleige (4).
La mort le faict frémir, pallir,
Le nez courber, les veines tendre,
Le col enfler, la chair mollir,