‹ Avant MalherbeChapitre 74 sur 132 · POÈTES · texte numérisé non relu

POÈTES

Petit enfant, peux tu le bien venu Estre sur terre, où tu n'apportes rien, Mais où tu viens comme un petit ver nu? Tu n'as ni drap ni linge qui soit tien, Or, ni argent, ni aucun bien terrien : A père et mère apportes seulement Peine et souci ; et voilà tout ton bien . Petit enfant, tu viens bien pauvrement !

De ton honneur ne veuil plus estre chiche, Petit enfant de grand bien jouissant, Tu viens au monde, aussi grand, aussi riche, Comme lé roy, et aussi florissant.

Ton héritage est le ciel splendissant ; Tes serviteurs sont les anges sans vice ; Ton trésorier, c'est le Dieu tout puissant; Grâce divine est ta mère nourrice!...

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