Seduxisti me, Domine, et seductus sum ; fortior
mme fuisti, et invaluisti ; factus sum in derisum tota die;
omnes me subsannant quia jam olim loquor, vociferans
iniquitatem et vastitatem clamito. Et dixi : Non recor-
dabor ejus neque loquar ultra in nomine illius ; et factus est in corde meo quasi ignis exæstuans claususque in ossibus meis et defeci, ferre non sustinens. » tes, 8, 9,)
Voilà deux grands modèles d’éloquence sacrée. Quand vous les aurez bien étudiés, lisez les autres prophètes : l’exubérant Ezéchiel, dont la mise en scène est si tragique, si émouvante, que Lowth l'appelle « l’austère, le fa-. rouche, le sinistre et presque horrible Ezéchiel! » ; le pieux et sage Daniel, qui, penché comme la miséricorde divine sur les restes altristés et découragés de sa nation, les rassemble autour d’une espérance dont il précise mieux que personne la prochaine réalisation ; — Barruch, complément de Jérémie, esprit éminent, poète illustre, cœur tendre qui semble déjà tout pénétré de l’onction évangélique ; — Jonas, dont la personne et l’histoire prophétisent; — Osée, concis, sentencieux, plein de har-
diesse; — Amos, le pasteur de Thécué, le plus
grand savant des Näbi, dont le style est orné de figures gracieuses et nobles, la phrase pleine de tournures poétiques : — Joël, pur, élégant, vivant d’une animation merveilleuse et toujours admirable: — Abdias, clair, vif, pressé, profond,
2. « Sævus, truculentus, atrox et dictione pene horridus. » (De sacra Poesi Hebræorum).
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