‹ Avant - pendant - après la prédiction, conseils aux jeunes ecclésiastiquesChapitre 28 sur 145 · Joan., vint · texte numérisé non relu

Joan., vint

2, Matth., var, 28, 29,

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fection, et surtout ne renoncez pas à limiter. Vous n’aurez jamais sa souveraine puissance d’affirmation, mais vous y pourrez participer, et c’est votre foi en cette participation qui assurera l’efficacité de votre parole. Jésus-Christ prêche la doctrine de son Père et parle au nom de son Père; mais vous, n'est-ce pas la doctrine de Jésus-Christ que vous prêchez et en son nom que vous parlez ? Jésus à reçu mission de son Père ; n'est-ce pas du Christ que vous vient votre mission ? N'est-ce pas lui que vous représentez ? Ne vous a-t-1l pas dit : « Qui vous écoute m'écoute, qui vous méprise me méprise » ? — Vous êtes donc authentiquement investis du pouvoir d'affirmer ce qu'il affirme, et comme il l’a affirmé ; 1l y a dans votre affir-

mation une divine vertu qui doit vous inspirer une noble fierté et une sainte audace.

Vous ne voyez pas, vous ne pouvez pas voir à fond, comme votre divin Maître, les âmes qu'il vous faut instruire, mais vous pouvez les aimer comme lui d’un tendre amour, et obtenir, par la pureté etla force de cet amour, qu'il vous inspire les pensées, les sentiments et les paroles les plus propres à les convain- »

cre, les toucher, les convertir et les sanctifier.

Vous ne pouvez pas faire des prodiges et en appeler, comme le Christ, à l'autorité divine de vos œuvres, mais vous pouvez travailler généreusement à vous approcher de plus en plus de sa parfaite rectitude et faire de votre vie le miroir des vertus que vous devez prècher au peuple.

Vous n'égalerez jamais la sereine et maJestueuse autorité du divin Prédicateur, ni les charmes, les délicates convenances, le merveilleux à-propos de sa parole. Mais vous. vous appliquerez à être simples comme lui et à descendre, sans craindre de vous abaisser, jusqu'aux plus humbles esprits. Vous étudierez, vous méditerez ses paraboles, vous aimerez à les commenter, vous recueillerez pieusement dans votre mémoire ses maximes, ses sentences, ses préceptes, ses conseils, les touchants élans de son cœur, de manière à ce qu'ils deviennent vôtres, à ce qu’ils entrent comme naturellement dans votre langage, à ce qu'on reconnaisse à votre parole l’homme évangélique, l’apôtre « qui ressent en lui-même tout

94 AVANT LA PRÉDICATION ce qui est dans le Christ Jésus : Hoc sentite in vobis quod et in Ghristo Jesu ».

L’apôtre, vous ne l’ignorez pas, est une création du Christ docteur. Du petit pays où

il concentra son enseignement, Jésus embras-

sait du regard le monde entier et le voyait se soumettre à sa doctrine. Non seulement il voyait ce prodige, 1l l’annonçait : « Sa parole

est une toute petite semence qui grandira,

deviendra un arbre immense et couvrira la terre‘. — Les peuples accourront de l'Orient

et de l'Occident pour s’asseoir à la table du

royaume des cieux avec Abraham, Isaac et Jacob”. — Le temps approche où l’on n’adorera plus seulement à Samarie ou à Jérusa-

lem, mais où l’on adorera partout en esprit et

en vérités. — Enfin le Fils de l’homme doit attirer tout à lui‘. » Les grands maîtres de la parole ont peut-être caché au fond de leur cœur

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