‹ Avant - pendant - après la prédiction, conseils aux jeunes ecclésiastiquesChapitre 45 sur 145 · CE QUIL · texte numérisé non relu

CE QUIL

son existence terrestre. sa vie, sa mort, son triomphe, son œuvre rédemptrice, sa doctrine, sa loi, ses conseils, ses institutions, son influence et son action dans les âmes et les

sociétés : voilà, par excellence, la matière de

la parole sainte, de la prédication sacrée. Con-

férences, sermons, prônes, homélies, entretiens, exhortations, tout doit être plein de

Jésus-Christ, tout doit tendre à élever les àmes vers Dieu, à umr les âmes à Dieu par Jésus-Christ son divin Fils. « Nous prêchons

Jésus-Christ, dit l’Apôtre, et je n’ai pas

d'autre mission que de faire connaître aux nations qu’elles sont appelées à un même héritage, qu’elles sont membres d’un même corps, qu’elles participent à la même promesse de Dieu, en Jésus-Christ, par l'Évangile dont j'ai été fait le ministre’. »

Il faut prècher Jésus-Christ. Or, on prêche Jésus-Christ en préparant les âmes à croire en lui, c’est l’objet de la conférence. Elle s’adresse

1. « Gentes esse cohæredes, et concorporales, et comparticipes promissionis ejus in Christo Jesu per Evangelium, cujus factus sum minister. » (Ephes., 111, 6, 7.)

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à ceux qui n’on{ reçu aucune instruction religieuse, ou qui, ballottés par les erreurs et pénétrés de la corruption du siècle, ont perdu la foi de leurs jeunes années. A ces sortes d'infidèles, elle parle surtout le langage de la raison et de la science. Elle démontre les vérités naturelles qui servent de base à toute conviction religieuse; elle traite des rapports de la raison et de la foi ; elle prouve la possibilité et le fait d’une révélation divine: elle fait valoir tous les motifs de crédibilité: elle justifie cet axiome de saint Thomas : « Homo non crederet, nisi videret esse credendum : L'homme ne croirait pas, s’il ne voyait qu'il faut croire » ; enfin, elle fait ce que Leibnitz appelait si justement les établissements du christianisme.

Partant de là, elle s’applique à démontrer la conformité, l'harmonie de l’enseignement

. révélé avec les aspirations et les besoins de la

nature humaine, avec les données saines et certaines de la science; elle combat les erreurs ; elle dissipe les préjugés; elle résout les objections ; enfin, elle s’efforce d'amener les âmes à cette confession de l’apôtre incrédule, vaincu par la réalité qu'il a touchée du

doigt : « Tu es mon Seigneur et mon Dieu :

Dominus meus et Deus meus! »

La conférence est apologétique et polémique.

Pour se faire agréer par les auditeurs instruits, lettrés et exigeants, auxquels elle s’adresse, elle doit mettre en œuvre tout un appareil de démonstrations où la raison et la science jouent le principal rôle. Son allure plus libre, plus dégagée, je dirai presque plus profane, lui permet des hardiesses que ne comporte pas la pieuse gravité du sermon. Elle a besoin de retenir autour de la chaire sacrée des gens imbus de préjugés et souvent hostiles aux vérités saintes, mais amateurs de beau langage, par les mouvements, les fleurs, tous les charmes d’une brillante et forte éloquence. |

Que la conférence soit grandement utile et même nécessaire, personne ne le nie. La Lettre ‘circulaire de la Congrégation des Évêques et Réguliers sur la prédication sacrée, adressée par ordre de Sa Sainteté Léon XIII à tous les Ordinaires d'Italie et aux supérieurs des Ordres religieux et des diverses Congrégations, tout en nous indiquant les matières propres, en

maintenant les droits et recommandant l’usage des formes traditionnelles de la prédication dans la chaire chrétienne, affirme que les conférences, « lorsqu'elles sont bien faites, lorsqu'elles visent à défendre la religion contre les attaques de ses ennemis, sont, de temps en temps, très utiles et nécessaires, au milieu de tant d'erreurs répandues contre la religion ». Le commentateur italien de cette circulaire fait ressortir en ces termes lutilité et la nécessité des conférences ! : « Elles servent à détromper ceux qui sont dans l’erreur, à leur offrir, si leur esprit est bien disposé, la lumière nécessaire pour écarter les ténèbres de leurs erreurs et faire que la vérité brille de nouveau devant eux dans sa première splendeur. Elles confondent ceux qui refusent d'entendre et s’endurcissent volontairement, et justifient cette terrible parole du Seigneur : Je vous ai appelés et vous n'avez pas voulu entendre. Vous avez méprisé mes conseils et négligé mes réprimandes. Moi aussi je rirai de vous à votre mort?.

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