‹ Avant - pendant - après la prédiction, conseils aux jeunes ecclésiastiquesChapitre 61 sur 145 · Etude sur l’art de parler en public, rx, 53. 2: Abd · texte numérisé non relu

Etude sur l’art de parler en public, rx, 53. 2: Abd

chaînement des idées, seront comme autant de moules imprimés dans votre mémoire et tout prêts à vous rendre service dans le travail de l'improvisation.

Ecrire beaucoup, c’est encore se préparer des provisions pour l'avenir. « Il est grandement utile, dit le Père Longhaye, d’avoir par devers soi, à l’état de rédaction complète, sinon des discours entiers, au moins des fragments de quelque étendue sur les thèmes les plus usuels, sur ce qu’on pourrait nommer les grands lieux communs de la prédication.

Qu'un prêtre ait peu à peu mis par écrit quelque chose des points essentiels de la religion, mystères et sacrements, vérités redoutables ou consolantes, vices capitaux ou vertus chrétiennes; qu’il ait sur tout cela, non de simples notes, mais des développements vraiment- achevés, des paraphrases de l’Écriture poussées au delà d’une simple esquisse, des parties d'exposition doctrinale rédigées avec précision : le voilà riche de matériaux excellents qu’il transportera aisément d’an discours à l’autre; base solide où s’appuiera limprovisation, points de repère qui l’empêcheront de

se perdre. Ainsi le prédicateur, comme le scribe savant du céleste royaume, ressemblerat-il au père de famille qui tire de son trésor l’ancien tout ensemble et le nouveau !. »

Quand vous aurez beaucoup écrit sur un grand nombre de sujets, vous pourrez improviser. Mais n’oubliez pas que les qualités d’un improvisateur parfait sont rares. C’est pourquoi je vous conseille, au début de votre carrière oratoire, d'écrire tous vos discours, surtout ceux auxquels il faut donner une certaine étendue, comme les sermons et les homélies.

Les panégyriques, les oraisons et les éloges funèbres, les allocutions de mariage, doivent toujours être écrits, car 1l y a à observer, dans ces sortes de discours, des convenances délicates qu’on ne pourrait blesser sans de graves inconvénients. La coutume, autrefois, était non seulement de les écrire, mais de les lire. Des orateurs distingués ont conservé cette coutume. Bien loin de les en blâmer, je trouve qu'ils font mieux que de se fier à leur mémoire s'ils n’en sont pas parfaitement sürs.

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