‹ Avant, pendant et aprèsChapitre 43 sur 45 · SCENE XII · texte numérisé non relu

SCENE XII

LES PRÉCÉDÉES, DEUNEVAL.

GOBERVILLE.

Mais, grâce au ciel, voilà aussi des nouvelles de notre arrondissement... mon neveu en arrive... eh bien... je suis nommé?

DERNEVAL.

Non, mon oncle.

GOBERVILLE

Et qui donc ?

DERNEVAL.

Le général.

GOBERVILLE.

Dans deux collèges à la fois... et mes nombreux amis?

DERNEVAL.

Vous ont tenu parole ; car monsieur ne l'emporte que d'une ou deux voix.

GOBERVILLE.

Il serait possible... j'espère au moins, quoique tu m'en aies dit hier au soir* que j'ai eu la tienne?

DERNEVAL

Je vous en avais prévenu et ne veux point vous

tromper... comme mon parent, mon bienfaiteur, je vous respecte... je vous aime... vous pouvez disposer de tout ce que je possède... mais de mon vote, de ma conscience... cela ne se pouvait pas.

GOBERVILLE.

Eh bien! tu seras déshérité voilà ce qu'il y aura

gagné.

LE GÉNÉRAL

C'est ce qui vous trompe, monsieur ; il n'y aura rien perdu.

GOBERVILLE.

Que vouiez-vous dire?

le général , serrant la main de Derneval.

Que je ne punis point les enfans des fautes de leur père; et que le niériie et l'honneur, partout où ils se trouvent, ont droit à notre estime... Oui... (montrant sa femme.) Vous avez la nôtre... celle de mon neveu, qui renonce pour vous à tous ses droits... et si ma fille vous aime... quoiqu'il m'en coûte encore de renoncer à des idées qui m'étaient chères... je les sacrifie sans hésiter au bonheur de mes enfans.

derneval.

Ah! monsieur!

ALFRED

O le meilleur des hommes!... (au vicomte.) Eh bien ! que dites-vous de tout cela ?

le Vicomte.

Rien... j'en ai déjà tant vu , que je commence à m'y habituer.

LE GÉNÉRAL

Et nous, mes amis, mes concitoyens, qui après tant d'orages, sommes enfin arrivés au port, et qui goûtons, à l'abri du trône et des lois, cette liberté sage et modérée que tous nos vœux appelaient depuis quarante ans... conservons-la bien ; nous l'avons payée assez cher. ..Toujours unis... toujours d'accord, ne songeons plus au

mal qu'on a fait... ne voyons que le bien qui existe

éloignons les tristes souvenirs; et disons tous, dans la France nouvelle. . (tendant une main à Derneval), union... (montrant dans le coin opposé Goberville resté seul, et le regardant d'un air de pitié) et oubli.

CHŒUR

Ah ! quelle heureuse nouvelle !

Ce choix si mérité

Récompense son zèle :

Le voilà député.

Sur cet heureux événement, Recevez notre compliment.

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