‹ Avant-postes de cavalerie légèreChapitre 136 sur 143 · INDICES QUI DOIVENT LES FAIRE SUSPECTER · texte numérisé non relu

INDICES QUI DOIVENT LES FAIRE SUSPECTER

Les champignons oui croissent à l'ombre, dans les forêts épaisses, là ou le soleil ne donne pas, sont en général très mauvais.

Dans l'empoisonnement par les champignons or ne doit jamais donner à boire du vinaigre, de l'eau fortement salée , ni de l'élher , tant que le champignon n'a pas été évacué par haut ou par bas.

Aussitôt que l'on éprouve des symptômes d'empoisonnement par les champignons, on administre trois grains d'émétiquc dans un verre d'eau ; im quart d'heure après, on donne en trois fois, et à vingt minutes d'intervalle, un second verre d'eau dans lequel on fait fondre trois grains d'émétique (que Von peut remplacer par vingl-quaire grains d'ipécacuariha) et une once de sel de Glauber. Après avoir fait vomir, on doit évacuer les champignons qui pourraient se trouver dans les intestins, a l'aide des purgatifs. On donne, toutes les demiheures, une cuillerée à bouche d'une potion composée d'une once d'huile de ricin et d'une once et demie de sirop de fleurs de pécher : on administre un lavement purgatif, préparé en faisant bouillir pendant un quart d'heure une pinte d'eau, deux onces de casse concassée, une demi-once de séné, et une demi-once de sel d'Epsom. Si l'évacuation n'a pas eu lieu, on réitère deux ou trois fois le lavement; et si, malgré l'emploi des moyens indiqués, les champignons ne sont pas évacués, et que la maladie fasse des progrès, on fait bouillir pendant un quart d'heure une once de tabac dans un litre d'eau, ensuite on donne la liqueur sous forme de

lavement : presque toujours le vomissement est la suite de l'emploi de ce médicament.

Après avoir évacué le poison, on donne au malade quelques cuillerées d'une potion composée de quatre onces d'eau de fleurs d'oranger, d'un quart d'once d'éther ou de liqueur d'Hoffmann, et de deux onces de sirop de sucre ou de guimauve. 1 Si la maladie, loin de se calmer, fait de nouveaux progrès, et que le malade se plaigne de vives douleurs dans le ventre, on ordonne l'eau sucrée, l'eau de gomme arabique, de graines de lin ou de racines de guimauve (n08 1, 2, 9); on applique sur les points douloureux des linges mouillés avec l'une ou l'autre des deux dernières boissons , et on met l'individu dans un bain. Si la douleur ne cède pas, ou applique quinze ou vingt sangsues sur la partie douloureuse.

Si, par hasard, on ne pouvait porter secours au malade que lorsqu'il a déjà beaucoup de fièvre, que le ventre est enflé et très douloureux, que la langue est sèche et la soi l'ardente, que la chaleur de la peau, de la bouche et de la gorge est brûlante, il faudrait abandonner le purgatif irritant; on se contenteraitalors de mettre trente à quarante sangsues sur le ventre, et d'employer des fomentations émollientes (n° 15), des lavements d'une décoction de graines de lin bien mucilagineuses.

DE L'iVRESSE.

Presque toujours les symptômes de l'ivresse se dissipent d'eux-mêmes, au bout de dix, douze ou quinze heures; mais comme le contraire peut avoir lieu et qu'alors la maladie présente du danger, voici ce qu'il convient de faire.

On commence par faire prendre deux ou trois grains d'émétique dissous dans un verre d'eau ; un quart d'heure après, on donne de l'eau chaude et on

45l INSTRUCTION MÊDfCALÈ. mm0mtÊÊu

chatouille Jé gosier pour provoquer te vomissement. Lorsque le malade vomit on lui fait boire, loules les dix minutes, un demi-verre d'eau dans lequel on a mis une cuillerée de vinaigre ou du jus de citron ; on administre un lavement purgatif (n° U), et s'il ne fait pas d'effet, on en donne un second plus fort: on frotte tout le corps avee des linge» imbibés de vinaigre. Si, malgré l'emploi de ees médicaments, l'assoupissement persiste ou augmente et que le malade soit robuste, on pratique une soignée du pied, ou mieux encore on applique douze

sangsues au oou.

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