TROISIÈME PARTIE
• DE LA PRÉPARATION ET DE L'aDMINISTRATIOH DE QUELQUES MÉDICAMENTS.
N° 1 . Eau de gomme arabique.
Prenez gomme arabique en poudre , demi-once» — Eau bouillante , une bouteille et demie. — • Sucre , deux onces. Laissez dissoudre.
N° 2. Tisane pectorale.
Prenez fleurs de mauve ou feuilles et fleurs de guimauve , une once. — Eau bouillante , une bouteille,. Laissez infuser pendant une demi-heure, et ajoutez miel , une once.
Nota. Le miel peut être remplacé par le sirop de guimauve , de capillaire et le sucre.
N° 3. Tisane amère.
Prenez chicorée sauvage , demi-poignée. — Eau bouillante . une bouteille. Laissez infuser dans un vase clos , pendant une demi-heure.
N° 4. Autre.
Prenez racine de gentiane en poudre , une once. — Eau bouillante, demi-bouteille. Faites infuser comme la précédente.
N° 5. Autre.
Prenez racine de patience , une demi-once.— Eau commune, une bouteille. Faites-les bouillir pendant une demi-heure.
N 0 6 . tisane d'dhjé.
Prenez orge perlée , une once et demie.— Eau commune <, deux bouteilles. Réduisez à uqe bouteille et demie , et ajoutez sur la fin de FébuUitioii , réglisse effilé, un quart d'once.
Nota., Les décodions de chenevis , de gruau, d'avoine, se font de la même manière ei en suivant lès proportions qu'on viettl d'indiquer. Elles pèuvent retnplaàer l'orge.
N° 7 . Tisane de chiendent.
Prenez racine de chiendent contuse , un quart d'oncé. — Racine de réglitee effilée, an quart d'once. — Eau commune , une bouteille. Faite» bduillir pendant titte demi-heure.
N° 8. Titane de lin.
Prenez praine de lin , un quart d'once. — Réglisse effilée , un quart d'once. — Eau commune, une bouteille. Faites bouillir pendant une demiheurê.
Nota. On peut tncorè obtenir une tisane fnucilagineuse en remplaçant la graine de lin par une once de graine de chenevis concassé ou de racine de guimauve.
N* 9. Tisahè dè riz.
Prenez riz, une once. — Eau commune, deux litres. Réduisez à la bouteille et demie et ajoutez sur la fin de l'ébulliliori, réglisse effilé un quart d'once.
N° 1 0 • Décoction panée.
Prenei plie de pain de froment, une once. —
Eau commune, deux bouteilles* faites bouillir pendant huit minutes, passez la décoction bouillartte avec légère expression à travers un linge clair et ajoutez sucre deux onces.
N° il. Potion vomitive.
Prenez émétique trois grains , dissolvez dans eau de t itière ou de fontàine tiède y trois onces à prendre en deux foiSé
Nota. Si la première nioitié fait vomir quatre à cinq fois i il est inutile de prendre la seconde. Et aussitôt qu'on commence à vomir, il est nécessairé de boire abondamment de Veau chaude pour aider ï effet du remède.
N°.12. Potion purgative.
Prenez émétique y trois fprâtas, drséolvéi dâffts eau de rivière ou de fontaine une bouteille et demie.
On en prendra un verre ordiùaire tousïeé trois quarts d'heure.
Nota. Lorsqu'on aura eu cinq à six évaeuationi on cessera d'en boire. Si en prenant ce purgatif comme il vient âèlrê Ht , le màlade éprouvait des envies de vomit , ta dose du remèdé ne serait bue que toutes les heures seulement , l'effet de ce purgatif est très lent.
N° 13. Lavement purgatif.
Prenez feuilles de séné , trois <¥*àrt$ d'oftce , faîtes bouillir pendant ixt quart d'heure dan* qne quantité d'eau suffisante , après rébtiUKftfn faites dissoudre.
Sel d'Epsom , demi-once.
Emétique, quatre grains.
Nota. S'il était impossible de se procurer ce lavement à cause de la composition, on pourrait employer à sa place un mélange d'une partie de vinaigre avec trois parties d'eau ou de l'eau froide bien salée, si ce lavement ne produit pas d? effet, on en prend un second de suite.
N° 14. Lavement èmoUient.
Prenez feuilles de mauve, deux poignées, faites bouillir pendant demi-heure , dans une quantité suffisante d'eau pour un lavement.
Nota. La racine de guimauve, graines de lin. le son de froment peuvent remplacer la mauve. Ces substances lui sont même préférables , la décoction doit être mucilagineuse , le jaune éCauf délayé dans l'eau ainsi que V amidon peuvent aussi remplir la même indication.
N° 15. Fomentations émollientes humides.
On humecte un linge plié en quatre doubles ou davantage avec la décoction qui sert aux lavements émollienls (n° 13), et on en couvre la partie ma* lade. On les renouvelle toutes les trois heures. Elles conviennent aux plaies avec inflammation.
Pour éviter le refroidissement des fomentations, on applique sur les linges mouillés de la flanelle ou autre tissu en laine.
N° 16. Cataplasme émoUient.
Prenez mie de pain , trois onces.
Eau commune, demi-bouteille; faites cuire jusqu'à consistance convenable pour un cataplasme.
Le pain peut être remplacé par la farine de graine de lain , la poudre des feuilles de mauve , de guimauve , etc.
Nota. Les décoctions de graines de lin , de ra* cines de guimauve ? de mauve , de son de froment, etc. , sont bien préférables à Veau. On doit s9en servir quand il y a possibilité* ISorsqu'on applique un cataplasme émollient > il doit avoir une chaleur agréable, son humidité doit traverser facilement le linge qui le contient* Il sera renouvelé deux fois par jour. Il est excellent dans les plaies avec inflammation.
N° 17. Lotion sulfureuse pour la gale.
Prenez sulfure de potasse , quatre onces. Eau commune , un litre et demi.
Acide sulfurique , demi-once.
Mêlez et conservez pour l'usage dans une bouteille.
N° 18. Pommade pour la gale.
Prenez soufre sublimé lavé , deux onces. Sel marin , une once.
Graisse , huit onces.
Mêlez le tout selon l'art.
N° 19. Potion pour la chaude-pisse.
Prenez vin blanc ou rouge , quatre onces.
Gomme arabique , un gros et demi.
Baume de copahu , deux gros.
Mêlez ensemble selon l'art.
Nota. On prend cette potion deux fois par jour: le matin deux heures avant le déjeuner , le soir quatre heures après le dîner , *t ce remède incommode beaucoup le malade , soit par des selles trop fréquentes ou des douleurs d'estomac avec vomissements, il ne faut mettre qu'un gros et demi de baume de copahu dans la potion.
N° 20. Eau ferrée.
Prenez eati commune, un litre ; faités-y teftoidir plusieurs fois des fers chauffés à blanc. Ot\ obtient encore de Peau ferrée en laissant séjourner pendant plusieurs jours des clous dans Pead.
Objets de pansement pour un détachement de
cent hommes.
Echarpes — trois.
Bandages de corps — quatre.
Bandes roulées — un kilogramme.
Grands linges — un kilogramme.
Petits linges — demi-kilogramme.
Charpie — demi-kilogramme.
„ Rubans de fil — dix niètres.
Une éponge.
Emplâtre agglutinative de diachylum gommé, étendue sur du linge — huit onces* Une ventouse.
Emélique — cinquante paquets d'un grain chaque.
Nota. Nous ne faisons point mention dans celle liste des attelles, attendu qu'il est facile de s'en procurer partout où Von se trouve.
D'après oe que j'ai exposé dans ce chapitre , il est facile de voir que les militaires peuvent , dans un grand nombre de cas , s'administrer nuituelle-
tes et les maladies internes commençantes. Mais il est indispensable pour cela , que les préceptes qui y sont contenus soient bien gravés da&s leur
moyen de parvenir à ce but serait de charger les chirurgiens-majors des corps
ment les
esprit.
de faire deux fois par semaine une théorie médicale et surtout de bien faire exercer les militaires à l'application des bandages et au pansement des plaies récentes : celles-ci sont assez fréquentes dans les régiments à cause des duels et autres accidents.
L'infirmerie régimentaire fournirait toutes les ressources pour cette étude sans qu'il fût nécessaire d'augmenter la somme affectée au service de cet établissement.
*ost-fàC*. 469
Beaucoup de faits utiles ont dû nécessairement £tr$ oubliés dans çe cahier écrit à la hâte , à çeize ans de l'exemple, et dans mon complet isolement de livres , et même de toute espèce de conseils. Beaucoup d'autres ont été répétés ; ç'est qu'il existe d^ns les faits une telle affinité , que certaines circonstances appartenant à plusieurs , sont revenues naturellement sç>us ma plume , lorsque ces faits s'y sont présentés isolément. Celte répétition, au reste, n'est un tort que pour moi , si c'est un tort : mais je vous l'ai dit , je m'en soucie fort peu , car je ne suis ni ne veux être auteur ; je n'écris pas un livre, je me borne à rassembler en croquis quelques souvenirs que la paix aeflacés, et que je crois utiles.
En revoyant ces feuilles, je m'aperçois mieux encore de l'incomplet de mon ouvrage. C'est Subir une terrible épreuve que de se relire imprimé ! L'impression est pour ainsi dire le miroir qui rend la vérité d'autant plus nue, plus nettement sévère , qu'il n'y a plus moyen de corriger les défauts qu'il nous signale } il faut se souffrir ainsi , ou briser la glace.
Je inarche donc sans illusion, et confie à cette courte post-face , l'arri^re-garde qui ramassera , et réunira une faible partie de ce qui a été oublié ou perdu ; elle glanera pauvrement sans doute dans ce champ si vaste et si riche , mais je ne puis l'attendre , et le peu qu'elle m'apportera sera bien
reçu car il aidera à l'ensemble de ce qui est , en expliquant ce qui ne serait pas assez clairement
C°Le rmot chef pour moi ne signifie pas tel ou tel grade, mais telle fonction. Ce que je dis de lui s'applique également, dans les généralités , au maréchal des logis ainsi qu'à l'officier supérieur dès que l'un ou l'autre est charge d un commandement ; i'affirme que dans telle position que ce soit le chef doit être l'exemple personnifie , qu il doit ' supporter son fardeau avec une constance non interrompue de vigilance et d'efforts qui empêche que ce fardeau ne penche, et ne I entra ne ; car une machine détraquée serait plus difficile à rétablir qu'une chose tout à fait nouvelle a
créer. , .
\u chapitre harnachement , paquetage , je ma-
perçois que le copiste a oublié la page qui le terminait • la voici : « Un commandant d'escadron « doit por^r une attention de toutes les minutes « sur les chevaux de son escadron. Tout est motif « à inspection , et tout instant doit donc être em- « olové à regarder. Le harnachement surtout doit « fixer son attention constante, car il est cause « de pertes de chevaux , et par conséquent de « pertes de succès ; qu'il y songe.
o Le cavalier démonté doit penser que si on lin « ordonne de sauver son harnachement , ce n'est « pas par système d'économie. Le motif est plus « crand et plus noble ; il est tout dans son intérêt « personnel. En effet s'il se trouve un cheval va- « cani sur les derrières , ce cavalier muni de son « harnachement complet , pourra reparaître im- « médiatement dans le rang , revenir au feu , où « il trouvera le prix de sa conduite et de son coûte rage.
« On voit quelquefois a la honte des régiments, « des cavaliers qui blessent exprès leurs chevaux,
P.OOT-FÀCE. 471
« pour avoir un prélexte de mettre leur lâcheté à « l'abri dans de petits dépôts ; les moyens qu'ils « employent sont de mal ployer leur couverte , ou « de placer des petites pierres entre ses plis. Si « l'on peut prendre une semblable infamie sur « le fait , il faut en laire un exemple violent.
« Lorsqu'on entame une campagne , le premier « soin d'un chef de corps doit être de faire étamer « les mors de bride et de filet ; de faire graisser « tous les cuirs qui jusques là avaient été cirés, « et de continuer ainsi pendant toute la durée « de la guerre. Ces deux précautions déchargent ce le cavalier d'une infinité de détails qui usent c< inutilement son temps; elles ne permettent pas « au cheval de se dégoûter d'un mors rouillé , alic légent le paquetage d'une quantité ridicule de « brosses , et conservent le harnachement.
<c Que le chef de corps s'assure par ses propres « yeux que la trousse de chaque homme contient «< ce qu'il faut pour racommoder le harnachement ce et l'habillement. Qu'il s'assure aussi que chaque c< escadron possède en nombre suffisant, des marée mites, des bidons en fer-blanc, des faulx, et * « que ces objets sont fixés convenablement sur les c< chevaux. »
Le cavalier ne peut apporter trop de soin à son harnachement , à son paquetage , et pour être sûr que tout est convenablement établi, il ne doit jamais se mettre en selle sans avoir fait le tour de son cheval.
Je ne peux trop m'appesantir sur l'ajustage des selles , le paquetage , le chargement des effets , et la manière de brider. Nos chevaux sont presque toujours sellés trop en avant, ce qui occasionne sur le garrot une pression au moins aussi funeste gue celle produite par les lames de l'arçon, qui généralement ne relèvent pas assez s et ne font pas suffi-
samment le bateau. On me dira que la selle maintenue en arrière par la croupière motivera des blessures à la queue; mais ces blessures , presque toujours ne dépendent pas de la pression , mais bien de la malpropreté , de la sécheresse du culeron, et de l'insuffisance ou de l'inégalité de la bourre qui le remplit. Il faut donc que le culeron soit épais, égal , propre, souvent humecté d'huile, et que le cavalier, en le plaçant, porte' une grande attention à ce que les crins de la queue ne se trouvent pas engagés par lui.
Le soin apporté au ployement de la couverture est de la plus haute importance. Une couverture ployée avec soin en seize, les liserés du côtémontoir et en dessus, et qui ne dépasse que d'un doigt en arrière l'extrémité des bandes , et de quatre à cinq en avant la pointe des lames, ne permet jamais à un arçon convenable de blesser le cheval, surtout si le cavalier passe souvent la main entr'elle et > le garrot pour juger de la pression , donner plus de liberté , et dégager les crins.
Les fontes sont en général trop diagonalement fixées. Il serait à désirer qu'elles eussent une position plus perpendiculaire; ce fait ne permettrait pas au pistolet de tomber aux allures vives , et donnerait plus de facilité au cavalier pour tirer cette arme de la fonte , et l'y remetire.
Le majiteau petit êtrè roulé de la longueur de trois pieds au lieu de trois pieds Six pouces, et se trouver ainsi complètement couvert par laschabra* que, mais il faut que sa partie supérieure lie soit pas lus élevée <jhe le pOtmrieati de la sellë, et que les oucles des courroies qui le fixent soient tournées d'avant en arrière (l'ardillon du côté de la palette), excepté celle du milieu qui sera en sens inverse.
Les manteau* soùt Souvent échangés, et les éà-
POfeT-FÀCÈ. Wfc
pitàiftfes commandants ne reconnaissent éit géhèra! ce fait que tardivement, il est line manière fort simple de le prévenir et la voici : faites marqué* le manteau sur la ligne de l'ouverture de derrière du côté gauche et de sorte que le dernier chiffre Sé trouve à six pouces de la fonte. Ainsi , le mdttteàù roulé, le chiffrer sera toujours apparent, soit sd<r les fontes au côté mon toir, soit suir l'hônime, sur l'omoplate droit. La vérification sera donc facile et dë tous les moments.
Pour bien paqueter, il fetit d'abord fixer les musettes à part, afin d'avoir la facilité, en route et il cheval, de prendre son manteau sans défoire complètement le paquetage antérieur.
L'ordonnance prescrit de fixer le sac, et lë pariU talon de treillis avec le manteau. Ce mode aurait, je crois, des inconvénients en guerre, car il corri^ pliquerdit et alourdirait le paquetage antérieur qu'il faut toujours tendre au contraire à alléger et simplifier. 11 est ddnc mieux de dégager les épaules du cheval en plaçant pantalon et sac sur le siège. De cette manière on pourra même supprimer le coussinet.
L'ordonnance prescrit aussi de placer les éltetS en long dans le porte-manteau, mais en campagne il faut tout calculer pour éviter les blessures de ïognon, et l'on y parviendra en roulant les effets dans les extrémités de ce porte-manteau . Pour ceïa le pantalon sera roulé dans sa longueur et dans la larçeur de ses jambes, et placé d'un côté, le linge sera roulé de même et placé de l'autre. Ce paquetage, qui ne sera pas sans Rràce puisqu'il fera ceintrer le porte-manteau, ne fripera pas les effets, ët éviter^ toute blessure de rognons. Cent cinquante jeunes chasseurs montés du 13e, paquetés ainsi, partirent d'Auch et arrivèrent à marches forcées à Cadix sans avoir un seul cheval blessé.
474 FOST-FÀCB.
La besace doit être placée de façon que par derrière on ne puisse l'apercevoir. Les courroies qui la fixent doivent être fortement serrées pour que la charge ne glisse pas sous la palette, ou ne tombe pas en arrière. Le porte-manteau doit être parfaitement droit et les bottes doivent être placées bien à plat et fixées de manière à ce que leurs talons ne tombent pas en avant, ce qui arrive autrement très souvent.
Les chevaux sont en général mal bridés ; cela tient k plusieurs causes qu'on ne reconnaît pas assez. La première c'est que le frontail est trop court, ce qui rapproche les montants et empêche qu'on ne puisse les chasser suffisamment en arrière ; la seconde c'est que le porte-mors ne remplit pas l'œil de la branche. Le mors bascule alors, et vous avez beau serrer outre mesure la muserolle vous ne remédiez à rien, et vous martyrisez votre cheval.
Je vous ai dit qu'il fallait graisser en campagne les cuirs cirés en garnison. Si après une campagne vous entrez en cantonnements, dégraissez vo<> cuirs, et servez-vous du cirage dont voici la recette :
Trois quarts de livre, cire blanche.
Une pinte et demie, noir de chapelier.
Un quarteron , sef de tartre.
Prenez une casserole vernissée et neuve* Mettez dedans une petite quantité de noir de chapelier dans lequel vous ferez bien fondre le sel de tartre. Ajoutez ensuite la cire , et lorsqu'elle sera fondue mettez le reste du noir. Lorsque le tout sera bien fondu et mêlé, ajoutez du noir de fumée jusqu'à consistance de pommade. Celte opération doit se
ïf SUKUn feu de cendre > et $*ns bouillir. ± Une bonne précaution que peut prendre ufl
officier en entrant en campagne , c'est d'emporter avec lui quelques morceaux de toile imperméable qui lui serviront soit à couvrir ses chevaux et ses effets lors des pluies abondantes et continues , soit à étendre sous lui, et à dresser sur lui au bivouac, etc. La toile cirée est trop cassante, les toiles imperméables que l'on vend , sont trop lourdes et trop chères; que l'officier prépare donc lui-même Péloffe. Pour cela qu'il étende la toile de lin ou de coton sur un cadre ou un panneau , et qu'il l'enduise , avec un pinceau , d'une préparation ainsi composée. Mettez dans une marmite de terre vernissée, deux livres d'huile de lin. Ajoutez-y deux pincées d'arsenic , et gros comme une amande de galipot. Suspendez dans l'huile , et fortement nouées dans la toile , huit onces de litharge en poudre , et de manière à ce que cette litharge ne touche pas le fond de la marmite. Faites bouillir le tout sur un feu lent , pendant six heures. Laissez refroidir ensuite, et employez l'enduit. Laissez sécher la toile , à l'ombre , et sur son cadre.
Je vous ai dit qu'un détachement en marche de route devait faire chaque jour une grande halte à moitié chemin. C'est à cette halte que doit se remettre le rapport.
En disant au chapitre Remontes qu'il fallait que les chevaux eussent des membres forts , je n'ai point entendu qu'il devaient être lourds et ressembler à ceux que vient d'envoyer à tel régiment que je pourrais citer , tel dépôt de remontes que je pourrais citer aussi. Les chevaux de charettes ne doivent pas être admis dans nos rangs , mais souvent des membres grêles n'indiquent pas plus la légèreté, que des membres forts la pesanteur. C'est l'ensemble du cheval qu'il faut considérer ; c'est pour ainsi dire l'harmonie de sa construction. Un corps épajs ne peut pas $tre hien supporté par
476 KWT-rÂd.
de frêles appuis, et le cheval à corps court, a côtes rondes , à tête légère , à hanches arrondies , h jarrets vigoureux , à canons et paturons courts , peut avoir sans danger des membres forts comme sa construction , sans pour cela en être moins léger ; c'est au contraire une qualité.
J'ai oublié de dire en parlant des officiers de détachements , en guerre , qu'il fallait qu'il rapportassent toutes les cartes du pays qu'il trouveraient ; souvent dans les hôtels de ville , dans les maisons des agents forestiers , des employés . du génie civil , de l'administration , dans les châteaux, on trouve des cartes précieuses par leur exactitude détaillée. Il ne faut pas négliger de s'en enrichir et d'en appauvrir l'ennemi.
Le premier soin lorsqu'on prend des cantonnements près de l'ennemi , doit être d'indiquer lé point de réunion , de placer ensuite ses avantpostes et de les relever assez souvent , pour qu'ils puissent participer en somme égale au repos dont jouit le reste de l'armée.
Dans quelques chapitres je me suis permis de discuter l'ordonnance, j'ai comparé ce que f avais vu sur le vrai terrain, à ses préceptes, et j'ai cherché l'alliance du fait et de la théorie. Il est permis, je crois, à la conviction de fixer l'arche sainte, et je ne vois pas d' impiété à la sonder, surtout lorsque le but qu'on se propose est d'arriver à la vérité utile.
Au chapitre Armes, par exemple, si j'ai indiqué les coups de sabre qui me paraissent devoir être les plus usuels en guerre, je n'ai pas voulu pour cela nier l'utilité des préceptes de M. le capitaine Millier ; au contraire je rends pleine et entière justice à cet officier, auquel la cavalerie doit beaucoup, car il a perfectionné le maniement d'une arme de laquelle, jusqu'à lui, on ne s'était pas as-
POST-FACK. 477
sez spécialement occupé dans notre armée ; il a révélé ses ressources, et si la généralité des cavaliers pouvait se servir d'elle comme lui , cette théorie serait applicable en guerre dans ses moindres détails ; mais malheureusement cette généralité n'est , jusqu'à présent, ni assez agile, ni assez cavalière , pour être comparée au modèle , qui par son habileté remarquable fait et fera longtemps encore exception ; et comme le thème que je me suis proposé est l'application sur le champ de bataille de ce qui existe aujourd'hui , j'ai dû réduire le cadre des obligations , discuter les faits et spécialiser ceux que j'ai remarqués sur le champ de bataille d'une application plus facile et plus utile. '
Du reste jusqu'à ce que vous croisiez le fer, occupez vous beaucoup de l'escrime Muller; manier ses armes , apprend à s'en servir, et les moulinets surtout, en déployant, en rendant agile et fort Pavant-bras , sans déranger le corps par ses mouvements , hâteront votre instruction , comme les gammes perfectionnent celle d'un instrumentiste.
Je vous ai dit comment les lanciers devaient attaquer. Je ne vous ai pas dit comment on devait les attaquer, mais pour l'officier intelligent la première instruction donne la seconde; cependant quelques mots :
La charge des lanciers doit être compacte, et leur retraite divisée. Les carabiniers doivent donc pour attaquer des lanciers en agir comme avec de* cuirassiers; c'est-à-dire se former en colonne, el les percer sur le centre. Une fois au milieu d'eux ; que les carabiniers serrent leurs entietnis corps à corps; qu'ils tendent toujours à les pelotonner en masse, qu'ils rouleront compacte et inofferisivè lé plus loin possible. Des coups de pointe! des coups de pointe ! et toujours des coups de pointes. Les lanciers serrés ne peuvent ni parer ni pointer , et
478 POST-FLCE.
de deux choses l'une: ou ils jetteront leurs lances pour prendre leurs sabres , et dans ce cas vous combattrez à chances égales, ou ils voudront conserver leurs lances et dans ce second cas vous aurez bon marché d'eux. Nos files d'encadrement , dans les lanciers de la garde impériale ne portaient pas de lances: je me souviens que dans deux circonstances en 1814 ( à Hoogstrallen près Bréda , et à Pont-Âlrecin sous Lille ) ayant affaire à des lanciers russes et prussiens qui comme nous tenaient bon sur des roules étroites et bordées j de fossés profonds , je plaçai en têle de ma colonne | nos intrépides carabiniers que je fis suivre de mes I lanciers , qui avaient mis la lance à la botte , et le sabre à la main; une fois entrés dans la masse empêtrée de nos ennemis , notre succès dépassa d'autant plus nos espérances que nous sabrâmes sans danger.
Au chapitre Escortes, j'ai oublié de dire qu'en pays ennemi , le commandant d'un convoi doit surveiller avec le plus grand soin les paysans conducteurs de ses voitures , la nuit surtout ; si une ligne de factionnaires n'exerce pas sur eux une vigilance de tous les insiants , il s'échapperont sans aucun doute avec leurs chevaux.
Toutes les fois qu'en pays ennemi , il existe entre un détachement aventuré et les habitants une espèce de compromis moral , basé sur une demiconfiance, il est prudent de prendre des otages et de les garder h son bivouac. Cette mesure impose aux habitants , et leur ôte tout désir de nous trahir , de nous livrer à l'ennemi , ou de faire de mauvais partis à nos hommes isolés.
Aux chapitres Partisans , vivres , j'ai indiqué qu'on pouvait et devait même souvent frapper aes contributions , celles en nature sont ce qu'il y a de plus légal , surtout lorqu'elles sont motivées par ; des besoins pressans ; celles en argent ne doivent
POST-FACK. 47Ô
à être imposées que par Tordre du commandait supérieur; tout officier chargé de frapper et de faire rentrer celles-ci, doit s'en faire donner Tordre écrit.
f En Belgique et Flandre , à la fin de la campagne de 1814, les cosaques aidés des habitants , malgré
; l'armistice signé par le général Maison, conli-
t nuaient leurs attaques contre nous. Le général
; envoie cent lanciers de la garde avec ordre de
\ faire cesser cet état de choses , et d'opérer entre Lille , Fumes , Nieuporl et Dunkerque. Le détachement part, schabski couverts , et schabraques retroussées. [Les habitants insurgés n'apercevant
g pas d'aigles, et trompés par les uniformes rouges l'accueillent aux cris d'd bas les Français! vivent les
t; Anglais! vivent les Saxons ! L'oflicier commandant , appréciant sa position aventurée , ne se
u gendarme nullement ; il tient seulement ses nouveaux amis à distance , et ne se met en rapports
t avec eux que par des lanciers alsaciens qui ont ordre de se dire au service d'Angleterre. Il obtient ainsi les renseignements les plus sûrs, dont il se
. sert fort utilement pour diriger sa marche, et ses opérations militaires ; puis frappant des contribu-
> tions de tous genres sur l'amitié enchantée de lui être agréable, et signant les reçus du nom du chef d'état-major du duc de Saxe-Weymar, une nuit, après une attaque générale , il se retire dans Dunkerque, avec ses voitures et ses prisonniers. Là il
p échange les produits de sa course contre du drap
u rouçe , bleu , et tout ce dont ses hommes déguenillés par la guerre , ont besoin , et habille et réé-
, quipe a neuf son détachement.
r Je répète et j'affirme que de même que l'éducation des collèges et des familles , est autre que p celle du monde , et que celle-ci fait souvent mentir f l'antre , de même aussi l'éducation de garnison ,
telle qu'elle est donnée aujourd'hui, recem de nombreux démentis de la guerre, cette éducation me paraît tout à fait insuffisante pour le cavalier léger, je suis encore k m'expliquer comment la même théorie est mise entre les mains du cuirassier et du hussard , lorsqu'en guerre leurs deux services sont si complètement distincts et opposés.
Vous avez quelquefois, dans vos routes, rencontré une colonnè de Cuirassiers; comme moi, vous avez, de dessus vos petits chevaux légers, mesuré la hauteur de ces géants, et fait en vousmêmes la triste comparaison de votre force avec celle de ces colosses couverts de fer , et si puissamment armés. Cependant, cent fois en guerre yous serez opposés a des troupes semblables. Religieux sectaires de la théorie , rnanœuvrerez-vous alors comme eux? Dans une charge, opposereïvous ligne à ligne, et irez-vous, d'homme à homme, 4e poitrail a poitrail, vous faire culbuter et brover sans espoir de succès, ni même de vengeance? Si yous n'ajoutez pas aux préceptes classiques, vous succomberez infailliblement; si vous cherchez vos ressources en dehors de ces mêmes préceptes . vous vaincrez. Opposez d'autant plus de ruse qu'A vous manquera de force. Vous qui êtes plus légers, plus mobiles que vos adversaires, tournez-les, harcelez-les, démoralisez - les par les surprises, écrasez-les par les fatigues, attirez-les sur le terrain de l'adresse : l'adresse est plus puissante que la force; le petit tigre est le seul animal qui renverse l'éléphant !
Le général Morand, dans ses considérations sur la cavalerie , dit ; « Taudis que les Ta* tares , bra- « ves et adroits, montés sur des coursiers légers, f sobres et rapides, ravageaient l'Asie, et répan- ; « daientla terreur au nord de l'Europe, d'autres
| POSTVFÀCE. 481
« cavaliers s'escrimaient avec la hache et la mas- « sue, et brisaient sur leurs poitrines des lances | « impuissantes. Ces cavaliers sont montés sur des I « chevaux énormes , et couverts comme eux de « lames de fer; ils semblent des forteresses araj c< bulantes; ils font retentir sous leurs pas le sol « des Gaules , de Germanie , de l'Italie . et lps » montagnes des Asturies. Leurs corps,, serrés I i< dans des boîtes lourdes et épaisses, se maintienne nent en équilibre sur la selle ; les cuisses et les « jambes sont pendantes, entainées par le poids <c du fer; le moindre choc peut les déplacer comme * il arrive à tout autre corps en équilibre. Leurs <c armes offensives sont analogues à la résistance ,« qu elles ont à vaincre. Tels sont les cavaliers du « moyen âge.... Us lurent impuissants devant les « Arabes et les Tartares ; ils le furent dans les « plaines d'Antioche , en Palestine , en Egypte , à « Nicopolis, et surtout en Hongrie. Quel miséra- « ble spectacle que celui de ces chevaliers couverts « de fer, et cachés dans les défilés qu'on traverse « pour arriver de la Bavière à Vienne, tremblants « devant l'armée turque , qui étalée autour des « murs de celte capitale, dan- une vaste plaine, « en poursuit paisiblement le siège. C'en était fait ce de tous ces chevaliers; leurs armures allaient « devenir des trophées , et leurs cadavres , sans « sépulture, la proie des animaux féroces, lorsque « tout à coup quelques mille guerriers, couverts « de vêtements de peaux de bêtes fauves et de u moutons, aux épaules brillantes d'ailes retentis- « santés , aux lances ornées d'une flamme d'étoffe « éclatante, aux chevaux légers , rapides et vigoucc reux, sortent des forêts de la Bohème, traverce sent le Danube, et apparaissent au midi d'un « beau jour , parmi ces chevaliers épouvantés que « toute l'Europe chrétienne avaient envoyés au « secours de Vienne. Un coup d'oeil suffit à So-
482 POST-FACÉ.
« bieski pour reconnaître l'armée turque , et se « décider à l'attaque : en avant , s'écrie-t-il ; ces « mots magiques retentissent au cœur des braves; « les Polonais à l'instant se précipitent à sa suite, « Dans une heure le camp des Turcs ne présente « plus que des morts , des prisonniers , et un îm- « mense butin ; l'Empereur d'Allemagne peut « sortir de sa casemate ; son vêtement est d'or et « son regard plein d'orgueil. Un jeune Polonais « descend de cheval pour s'agenouiller devant lui: « point de bassesse, palatin , lui dit le héros ; « puis traversant la foule des lourds guerriers qu'il « a rassurés, il reprend la route de ses Etats, con- « tent de sa gloire , joyeux d'aller raconter à sa « femme , née française, et dont le cœur est héroï- « que comme le sien , son combat et sa victoire; « victoire que l'ingratitude rendit plus tard si fa- •« neste à sa patrie. »
« Si du fait au possible la conséquence est « bonne, comme on l'enseigne dans les écoles j « si le résultat de l'expérience est une nécessité ; « si les mêmes causes produisent les mêmes effets; « si le passé nous découvre l'avenir , on ne peut « contester que la meilleure cavalerie, est celle qui « seule a fait de grandes conquêtes.
« Les hussards et les lanciers , organisés à « l'imitation des peuples à cheval , seraient donc ce une meilleure cavalerie que les cuirassiers , qui « représentent les chevaliers du moyen âge , et il « suffirait de les rapprocher de leur modèle pour « accroître leur supériorité. Il faudrait, je crois, « développer davantage leurs forces , et leur « adresse par des exercices gymnastiques ; rac- « courcir les porte-étriers , pour qu'ils puissent « s'élever , se servir plus facilement de leurs ar- « mes , et porter le corps en avant pour atteindre; « sûnpWier la selle tout en lui conservant i'avau-
« tage de tenir le corps renfermé , en suppléant à <c la couverture mobile sur laquelle on la pose , et « qui se déplaçant sans cesse , occasionne des « blessures au cheval et des chûtes au cavalier ; « mais surtout il faut leur donner, non des che- « vaux achetés dans les pâturages d'Allemagne , « mais qui aient été élevés dans les lieux les plus « arides et les plus ^accidentés de la France , qui « soient habitués à une chétive nourriture , et à <c courir sur des terrains raboteux et difficiles. « Frédéric II a dit qu'un cavalier devait suivre « partout un fantassin et qu'un fantassin devait a suivre une chèvre. »
Pour lutter avec succès , il faut non-seulement se connaître , mais aussi connaître son adversaire. La force de l'ennemi n'est pas un fait mathématique qui puisse s'apprécier seulement par le nombre de ses hommes ; le courage , l'instruction , l'habitude de la guerre , la différence de tactiques , et cent autres conditions, pèsent aussi dans la balance; pourquoi vos professeurs de la paix se borneraientils à équilibrer faussement les poids par les forces numériques? Pourquoi ne donneraient-ils aucune notion des circonstances , des différences , des faits particuliers , qui ont une influence si puissante, qui déjouent le plus souvent tous les calculs, renversent de fond en comble les bases dites rationnelles, et jelteraient-ils ensuite ainsi votre ignorance de ces faits si importants, sur un champ de bataille , où elle serait longtemps en proie à la surprise, avant d'avoir compris l'ennemi, et trouvé les moyens les meilleurs de le repousser , et de l'attaquer ? Les cavaleries kirguise* , kalmouke " ,
» Ces hordes qui fuient au grand jour devant la force, et qui ne comptent pour les revanches que sur la complicité des ténèbres. R. B.
Ils sont armés d'arcs et de (lèches.
48i POST-FACE.
cosaque , rossé , sngtaisé, prusienne, amtïichieMe, sont-elles armées uniformément , et manœuvrentelles de même ?
En combattant aux côtés (TAbdallha,àe Mirza, de Soliman, et de tant d'autres vaillants Mameliicks, j'ai pu apprécier l'équitation militaire des Asiatiques; au Brésil j'ai jugé les cavalters du sud (*) ; sur les champs de bataille de l'empire , j'ai eu affaire à toutes les cavaleries de l'Europe, sans exception , depuis celle des Anglais jusqu'à celle de Kirguises, je les ai donc vues en mouvement ulile, et je me suis convaincu qu'aucune d'elles ne se ressemblait, que chacune avaitses caractères disliuctiCs très prononcés, et qu'il fallait opposer a chacune d'elles aussi des moyens complètement différents.
Il est dans la nature de l'homme de ne faire jamais au delà de ce que ses besoins lui commandent, et de soumettre, par conséquent , ses actions individuelles ou collectives aux ordres de ses besoins.
Avant 1815, les armées servaient à se battre; depuis 1815 elles ont servi h parader; on n'a plus eu besoin d'hommes de guerre, mais d'hommes pareils, scrupuleusement uniformes,, de tenue, de mouvements, et l'on a parfaitement rempli le programme proposé par cette nécessité. L'art militaire, en changeant de but, a changé de même d'action et de langage; ses mouvements ont été divisés, alignés a coups de règle et de compas, et sa langue rédditfe eu formules arithmétiques : vos régiments de paix sont de belles si a mes sans doute ; mais il faut les animer. 11 leur manque le
* Ils portent pour toutes armes une corde (lacos) et un couteau. v
post-paci. 485
mouvement, le sang, la verve, le feu, la vie, et la guerre seule vous apprendra ce qu'ils valent.
On me dira peut-être que, sous l'Empire, la théorie était aussi incomplète qu'aujourd'hui, et m renfermait aucune des instructions que je regarde comme indispensables. Gela est vrai; mais, à cette époque , toute d'action, ia théorie proprement dite n'entrait que pour une centième partie dans notre instruction ; les dangers, l'expérience de tous les jours, se chargeaient des quatre-vingt-dix-neuf autres.
La guerre vous rendra un autre service bien important; celui de rappeler de l'exil la camaraderie que la restauration avait cru bannir à perpétuité, et que la révolution de juillet n'a fait qu'amnistier, sans pouvoir la rétablir encore dans tous ses droits. La fraternité d'armes est une passion si puissante, si pûre, si élevée! les vrais soldats lui doivent tant de secours, tant de jouissances, tant d'élan, tant de gloire ! que son culte, une fois rétabli, vous complétera, et effacera tous les pénibles souvenirs.
J'en appelle à vous, mes nobles frères d'armes, LaNvoestyne , Duchand, Bro, Thierion , Jacqueminot, et tant d'autres, à vous, qui m'entendez, Friand, Moncey, Letellier, tous si vaillants sur les champs de bataille, si fermes, si affectueux dans l'adversité ! ce ne fut pas la conscription qui décida notre carrière, mais cette vocation puissante, invincible d'une chaleureuse ambition! Notre but, alors, n'était ni une adjudance de place acquise à trente années de service, ni la charité des invalides , c'était la gloire! il était vaste, ce but, comme l'époque immense à laquelle vivait notre jeunesse, et celte ambition était permise à une carrière si chanceuse, où chaque jour la mort et la gloire pesaient également dans la balance ! Aux jours brillants, combien n'avons-nous pas dû de joies, de
486 post-face;
secours îf notre muluelle affection ! et lorsque victimes de la trahison, sous les baïonnettes anglaises et les poignards du Midi, nous déposâmes nos armes, pour les laisser à des jeunes gens imberbes qui Savaient pas encore la force de les soulever, et qui depuis ont grandi ; dans ces jours funestes, pendant ces quinze années de deuil, combien n'avons-nous pas dû de consolations à cette même amitié née sur les champs de bataille, et sanctifiée par les mêmes dangers et le même dévoue* ment !
Je vous ai cité les cosaques, et vous les ai présentés comme des modèles parfaits : j'appuie de nouveau sur ce que j'ai dit à cet égard* Quelques officiers qui n'ont pas fait la guerre, ou qui 1 ont Aiite autre part qu'aux avant-postes, ont pris à tâche de parler de ces cavaliers avec mépris ; ne les croyez pas. L'injustice envers son ennemi est toujours une mauvaise et fausse politique, et la meilleure manière de se créer des ressources pour combattre ne se trouve pas dans l'insulte, mais bien dans l'observation. Demandez l'opinion ijue conservent des cosaques nos illustrations militaires, les maréchaux Soult, Gérard, Glausel, Maison ; les généraux Morand, Lallemand, Pajol, Golbert, Corbineau, Lamarque, Préval ; nos intrépides chefs, les généraux D'Aumesnil, Farine, etc...., tous les vrais officiers enfin , ils vous diront que clés cavaliers légers, qui, comme les cosaques, entourent l'armée d'un réseau de vigilance et de défense impénétrables, qui harassent l'ennemi, qui donnent presque toujours des coups et n'en reçoivent que fort peu , remplissent complètement et parfaitement le but que doit se proposer toute cavalerie légère.
Vous lirez dans les mémoires de M. de La Valette : « Les cosaques étaient un instrument qui f rendait la guerre très dangereuse, surtout pou?
POST-FÀCE. 487
« les officiers chargés de faire* des reconnaissances. « Beaucoup d'entre eux, et surtout de l'état-major « général, choisis par le major général, préféraient « donner des rapports faits par les paysans, que « d'aller s'exposer au loin aux attaques des cosa- « ques. L'empereur ne pouvait donc plus savoir la « vérité. »
Ainsi voila des officiers n'osant pas s'aventurer même en France ! voilà le génie de l'Empereur paralysé par l'activité des cosaques ! Ce fait est-il de quelque poids ?
Le général Morand, à son tour, nous dit en parlant d'eux : « Mais ces peuples à cheval ne con- « naissent pas ces divisions, ces alignements ré- « guliers , cet ordre enfin tant apprécié; leur « habitude est de tenir leur cheval serré entre « leurs genoux ; leurs pieds se reposent sur de « larges étriers qui leur servent d'appui dans l'u- « sage de leurs armes, de sorte qu'ils peuvent por- « ter le corps en avant pour atteindre, et le ployer « en arrière pour le dérober aux coups. Exercés à « passer du repos au galop, et du galop à l'immo* « bilité, leurs chevaux secondent leur adresse, et « semblent n'être qu'une partie d'eux-mêmes; ces « hommes veillent sans cesse, se meuvent avec « une vitesse extrême, ont peu de besoins, et des « pensées guerrières sont les seules que leurs sens « réveillent.
« Tels sont les hommes qui ont produit sur le « monde d'horribles cataclysmes, et qui, peut-être, ii avant peu, changeront les destinées de plusieurs « nations, etc., etc. »
Et plus bas : ce La marche de la grande armée « française, ralentie par les cosaques, et plus tard, « les cosaques l'isolant de toute ressource, et s'a- « charnant sur ses flancs comme des abeilles en « fureur qui tourmentent et épuisent un lion run << gissant de leurs innombrables piqûres. »
Et plus bas encore : « Quel magnifique spectacle
« que celui de cette cavalerie européenne res« « plendissante d'or et d'acier aux rayons d'un soft leil du mois dé juin, étalant ses lignes sur les « flancs des côteaux du Niéraeu, et brillante d'ar* « deur et d'audace 1 Quels amers souvenirs que « ceux de ces vaines manœuvres qui Font épuisée * contre les Cosaques, jusqu'alors si dédaignés, et « qui ont plus fait pour le salut de la Russie que les « armées de cet empire. Chaque jour on les voyait « à l'horizon, étendus sur une ligne immense, tan- « dis que leurs éclaireurs agiles venaient nous « braver jusque dans nos rangs : on se formait, on « marchait k cette ligne, qui, au moment d'être at« « teinte, disparaissait ; et l'horizon ne montrait « plus que des bouleaux et des pins ; mais, une « heure après, lorsque nos chevaux mangeaient , a l'attaque recommençait, et une ligne noire se de* « veloppait de nouveau ; on renouvelait les mêmes et manœuvres, nui avaient le même résultat. C'est « ainsi que la plus belle et la plus valeureuse cava- « lerie s'épuisa et se consuma devant des hommes « qu'elle jugeait indignes de sa valeur, et qui, ceci pendant, suffirent pour sauver l'empire dont ils « sont les vrais soutiens et les seuls libérateurs, « Pour mettre le comble à notre affliction, il faut «c ajouter que notre cavalerie était plus nombreuse « que les cosaques; qu'elle était soutenue par une « artillerie, la plus légère, la plus valeureuse, la « plus terrible dont la mort eût jamais disposé ; il « faut encore dire que son chef, admiré des braves, « se faisait appuyer dans chaque manœuvre par la « plus intrépide infanterie , et pourtant les cosa- « quessont retournés, couverts de dépouilles et de « gloire, sur les rives fertiles du Danaetz , tandis « que le sol de la Russie a été jonché des cada- « yres et des armes de nos guerriers, si vaillants, si « intrépides, si dévoués à la gloire de notre patrie;
« telle est la puissance de l'organisation, tel est le « secret des conquêtes de Gengis, etc., etc.. »
Après la lecture de cette page belle comme l'éloquence, vr;ue comme l'histoire, déchirante comme la vérité, pouvons nous nous refuser à reconnaître des mode es ? et n'avons-nous pas le droit d'espérer que l'instruction de notre cavalerie légère sera revisée dans ses bases , corrigée, perfectionnée dans ses détails? Que le gouvernement repoussant les traditions des quinze dernières années de sommeil et de bas empire, et assimilant les besoins de cette cavalerie à ceux de nos armes spéciales, enverra aussi de nos officiers choisis reconnaître chez les peuples cavaliers toutes les améliorations que nous pouvons nous approprier; et que ces officiers, rapportant le résultat de celte consciencieuse, ac* tive et précieuse investigation, le publieront aux corps, qui non-seulement s'en amélioreront dans leurs détails matériels, mais s'en perfectionneront pour l'attaque, et s'en instruiront pour la défense.
Quelquefois des officiers et des sous - officiers croient don nef à leurs chefs une haute idée de leur zèle et de leur manière de servir, en choisissant l'instant de leur présence pour brusquer leurs subordonnés, et crier après eux. Celte manière est détestable, et n'impose h personne. Elle produit l'elfet complètement inverse à celui qu'ils en attendent. Les officiers, les sous officiers qui servent le mieux, sont ceux qui brusquent et crient le moins, et qui font faire le plus. L'injustice, les cris, l'abus des punitions étourdissent l'homme, le révoltent, et, si j'ose m'exprimer ainsi, déconsidèrent même la punition en la dépouillant de sa force morale,
Îour ne lui laisser que ses petits ennuis matériels. I faut, avant de punir un inférieur, surtout s'il est jeune soldat, l'avertir plusieurs fois doucement f puis s'il est sourd à ces avertissements paternels, le punir très sévèrement ; car alors vous serez sûr
que ce ne sera pas l'ignorance que vous punirez, mais bien la mauvaise volonté, qu'il ne faut jamais supporter.
En abusant des punitions, on endurcit un régiment de manière à lui ôter toute noble sensibilité; on le descend de sa hauteur morale ; il n'y remonte plus.
Le général Colbert, commandant en guerre le 7e de hussards, avait prévenu les officiers que celui d'entre eux qui mériterait trois fois les arrêts , serait renvoyé au dépôt ; pas un en trois ans ne se mit dans le cas de subir cette punition si cruelle.
La première de nos facultés est l'attention; on peut y ramener toutes les autres et l'exciter même chez les hommes les plus bornés, en ne leur enseignant rien qui dépasse leur intelligence. L'étude militaire est facile lorsque les instructeurs sont patients et qu'ils mettent leur méthode d'enseignement à la portée successive des diverses conceptions.
Il est des officiers qui n'ont rien vu (car ne voir
3u'en paix, c'est ne rien voir), et qui se font souarts pour être , croient-ils, ues officiers de cavalerie légère , et pour se faire, disent-ils, des Lasmile. Qu'ils cessent de se donner tant de peine inutile. On ne se fait pas Lassalle, on natt Lassalle. Les copies de cette originalité si noble , si haute, ne sont que honteusement ridicules. Ceux qui ont crayonné au charbon un Lassalle de cabaret, ne l'avaient jamais vu, ou l'avaient regardé de trop bas pour apercevoir sa tête ! Qu'ils sachent que le général Lassalle, aux talents militaires, à la brillante valeur qui l'ont placé avec justice en téte de tous les généraux de cavalerie légère de l'empire, réunissait l'esprit le plus élevé , le plus gracieux, les manières les plus parfaites, les plus finement distinguées , l'instruction la plus facile et la
plus variée, et que si la naiure, en se complaisant [ à perfectionner, à compléter cet exemple unique, * l'avait si largement doté dans sa triple force morale, intellectuelle et physique, que Lassalle n'usait 1 ses plaisirs que la surabondance , que le luxe de fc cette force ; et que le cachet du bon goût et de la ' distinction était imprimé sur toutes ses actions, de telle nature qu'elles fussent. Les prétendus Lassalle t de la paix ne sont que de honteux Falsia(f, et f n'inspirent que pitié et dégoût.
i Ce que j'ai dit du café pour les officiers, je le dis
il aussi pour les sous-officiers. S'il n'est plus permis à des galons d'argent d'entrer dans un cabaret et de s'asseoir à la même table qu'un brigadier, il leur l est défendu aussi de s'installer à demeure dans un jJ café, d'y faire de mauvaises dettes et d'y perdre un temps dont l'emploi serait si précieux pour leur > instruction. Les sous-officiers doivent se rappeler »• qu'ils sont presque officiers, qu'ils forment corps dans le corps, et qu'ils ont une double dignité de i corps a soutenir.
Ils doivent se surveiller mutuellement , non pas t pour se dénoncer, ce qui serait indigne d'honnêtes
0 gens, mais pour s'avertir en famille , se conseiller t, utilement, se réprimander, empêcher que de lé-
1 gères erreurs ne dégénèrent en vices , ne se j)u- .} blient, ce qui déconsidérerait l'escadron, le régiment, et conserver intacte et haute la dignité de
f leur corps. Si l'un de leurs camarades est sourd à t cette voix fraternelle, et qu'ils jugent qu'il n'y ait t» plus de remède, ils ne doivent pas hésiter à demande der à l'unanimité à leurs chefs son expulsion de i leurs rangs.
y Rappelez-vous, sous- officiers, que vous êtes au-
jourd'hui la pépinière de l'armée, et que vos chances n'ont jamais été si belles ! Telles circonstances iT qui se présentent, ne vous découragez pas. Vous i verrez sans doute comme nous, si vous avez finit la
492 POST-FACB.
guerre ou si vous la faites, des enfants qui n'étaient pas même au service lorsque vous y étiez utiles, et gradés, grandir à l'ombre des paisibles collèges (*; ou des dépôts, et arriver vos supérieurs, à vous restés sans avancement sous le boulet ; ne vous en étonnez pas, cela a été de tout temps ainsi et le sera sans doute encore.; mais ces protégés de la fayeur ayant atteint l'apogée de leur pâte mérite, s'arrêteront par fa force des Choses ; vous grandirez alors à votre tour de toute la hauteur de votre acquis, de vos droits réels que personne ne niera, et vous prendrez la juste place dont vous vous glorifierez ; les ennuis précédents ^effaceront, ou, si vous en conservez le souvenir, ce ne sera que pour vous rappeler que c'est à èux que vous devez peut-être les efforts que vous avez faits , et qui ont brillamment légalisé vos succès. Si l'ancienneté paresseuse vient tous enlever des grades que vous croyez dûs i votre utilité active , ne vous en étonnez pas d'avantage , obéissez sans murmurer, vous prendrez promptement votre revanche. Ce qu'il vous faut, c'est de fixer le but et d'établir vos droits incontestables à l'atteindre; pour cela travaillez, travaillez, travaillez. Ne bornez pas votre instruction aux limites resserrées du cadre de vos devoirs écrits : 'franchissez-les 'par l'étude, par celte étude ardente qui jette pour ainsi dire notre âme toute entière à la recherche des objets dont nous voulons acquérir la connaissance ; vos chefs vous tiendront compte de ce courage, qui deviendra bientôt passion chez vous, et qui non- seulement hâtera rapidement votre avancement, mais dirigera utilement et noblement toute votre vie. Aujourd'hui le point de départ est le même pour tous , et l'arrivée est
* Je n'entends nullement parler ici des élèves des Ecoles militaires dont l'éducation spéciale et les iravaux qu elle impose constituent déjà un droit réel.
^post-fàc*. 493
h votre disposition. Je ne sais où j'ai Iq : « 4poute- « mir n'avait pas d'aveux ; il conquit rEgypté. On « osa lui demander âe quelle race il était? Voilà c< ma race, dit-il en montrant son armée, El ma « généalogie , en montrant son epee. »
j Quant à vous, officiers, une fois en campagne, que tout soit motif d'observation et d'étude pour vous. Rendez-vous compte de tous les mouvements d'ensemble et de détails qui s'exécutent sous vos yeux , lors même que vous n'y prenez aucune part active ; cherchez à deviner la pensée qui les dirige ; sondez cette pensée; devancez-la même dans ses développements successifs : c'est ainsi que vous apprendrez la guerre, et que vous fixerez dans vo-
I tre mémoire enrichie une somme d'exemples pratiques et comparés qui trouveront bien utilement leur emploi, quand, livrés à vous-mêmes, les mêmes nécessités se représenteront subitement ; m i|ue vous n'aurez pas compris, faites-le vous expliquer par des hommes plus instruits; enfin, que rien ne reste indécis ni indifférent dans votre pensée.
J'ai dit que les jeunes officiers doivent consulter et écouter religieusement les vieux. Je le répétée ceux-ci, avertis par leurs blessures et par leur âge, se retirent ; demain ils auront tous disparu de nos rangs ; tant pis pour l'armée de guerre. Ces vieux soldats savent peu les livres, j'en conviens ; mais la guerre n'est pas toute dans les livres. Le champ de bataille et le bivouac ont leur science aussi, et vous retourneriez toutes les bibliothèques que vous ne l'acquerriez pas. Consultez donc ceux qui la
Eossèdent, et respectez ces maîtres qui l'ont si péibiement acquise. Vous n'êtes plus assez gentilshommes pour tout savoir sans avoir rien appris, et si au feu vous êtes assez heureux pour servir sous ces vieux professeurs pratiques, vous les apprécie-
49* post-fàcb.
rez là tout ce qu'ils valent , et vous verrez que les morceaux en sont bons.
J'ai cité quelques faits, parce que l'exemple est le précepte pratique, incontestable, et que, pouvant se présenter de nouveau sur le terrain, il vousaura donné d'avance ce qu'il faut pour le recevoir sans surprise. J'ai été cependant avare de mes citations» que mes souvenirs amoncelaient en foule sous ma plume ; mais je cède au besoin de vous donner un dernier exemple d'embuscade.
L'Empereur marchait en toute hâte pour venger, dans les plaines de Tœplitz, la défaite de Van- ' damme. Nos colonnes, descendant de Culn, s'avançaient , lorsque l'ennemi , voulant renouveler sur nous l'attaque heureuse qu'il avait exécutée quelques jours auparavant, nous déborde par notre gauche, et, sur le front d'une infanterie formidable, asseoit une batterie de vingt pièces de canon. Cent lanciers de la garde se précipitent dans un ravin dont les détours les rapprochent à couvert; puis s'élançant intrépidement sous le feu de la mitraille, de la mousqueterie et sous les coups de sabre des hussards de Kinmayr et de Hesse- Hombourg, ils enlèvent la batterie et se retirent lentement, sans se laisser faire un seul prisonnier.
En citant le général Curely, j'ai personnifié la réunion de toutes les qualités militaires; si j'avais connu un plus parfait modèle à vous présenter, je vous l'aurais offert à sa place. Cependant j'ai été heureux et fier, je l'avoue, de trouver la distinction de l'exemple dans les souvenirs de ma tendre ami* tié, et de jeter quelques fleurs obscures, sans doute, et flétries , sur le plus simple et le plus précieux des tombeaux , ingratement ignoré de la patrie.
Curely n'a laissé a ses enfants que son nom. U est lourd à porter! mais il est toute une fortune! Que ses nobles enfants , aujourd'hui sous-officiers dans l'armée, s'ils manquaient d'appui, deprotec-
teurs, le prononcent, ce nom... Partoutoù un vieux hussard, un vieux chasseur de notre grande armée, un vrai soldat enfin l'entendra, un profond soupir, une larme l'accueilleront, et l'enfant ou jeune homme trouvera un appui, un second père.
Cette espèce de manuel traite de l'emploi de la cavalerie légère, telle qu'elle existe aujourd'hui, et avec nos ressources actuelles , en présence de Vennemi. Si nous avons la paix et du temps, je traiterai de la cavalerie telle que je la comprends. Je puiserai par tout où j'ai vu, pour celte œuvre consciencieuse, et le but de toute mon ambition sera atteint si mes observations sont de quelque utilité à une arme peu généralement comprise , je crois aujourd'hui , et à laquelle j'ai consacré ma vie.