SCÈNE IX
Et ne pouvoir chanter cette touchante page!
MAURICE
Il est vrai que dw chant rien ne vaut le langage; Mais je puis en français vous dire ce morceau, Pendant que vous jouerez l'air sur le piano.
VALENTINE
C'est vrai!
Elle se met au piano et joue l'air, pendant que Maurice récite les vers suivants :
Mon sang jaillit, mon flanc ouvert me brûle!... Je sens, à mon cœur qui bat lentement, Que de mes jours voici le crépuscule. .. Dieu! tu le veux! Ah! je meurs en t'aimant!
Ce que je portais en mon âme Doit, je le sens, vivre autant que mon âme! Ce qui me fut sacré comme un autel Ou m'embrasait d'une céleste flamme,
La liberté, l'amour immortel.
Sont là devant moi comme deux beaux anges. Et, de la terre abandonnant les fanges, Je sens un souffle qui m'emporte au ciel !
La musique s'arrête. Yalentine se lève et quitte le piano. VALENTINE.
Quelle musique! et quelle poésie!
De pitié, de respect, on a l'àme saisie.