SCÈNE V
Les Mêmes, PAUL.
Monsieur Chameroy.
CHAMEROY.
C'est moi, Monsieur. Qu'y a-t-il pour v()lre service?
PAUL
Monsieur, vous avez entre les mains un ellel signé : « Paul de Vineuil. »
CHAMEROY, à part.
Ah ! c'est cela! (Haut.) Payable dans trois mois.
Précisément. Je viens vous demander...
CUAMEROY.
De le reculer, Monsieur? Très volontiers !
PAUL
De me permettre d'en avancer le paiement. Je pars pour la Picardie : j'y resterai peut-être quelque temps, et je serais désireux de m'acquitter auparavant.
CHAMEROY.
Je vais chercher le billet. (U sort.)
MADAME CHAMEROY.
Veuillez donc prendre la peine de vous asseoir, Monsieur...
PAUL, s'asseyant.
Madame...
MADAME CUAMEROY.
Monsieur, oserai-je vous demander dans quelle partie de la Picardie vous allez? Je suis Picarde et...
PAUL
Près de Saint-Quentin, Madame.
MADAME CHAMEROY.
Ma ville natale I
PAUL
Dans la terre de Vérac.
M A» AME CHAMEROY, vivement.
Oui appartient à la famille de M. de Yérac, attaché aux affaires étrangères ?
PAUL
Précisément, Madame.
MADAME CHAMEROY, vivement.
Vous le connaissez. Monsieur?
PAUL
C'est mon meilleur ami. Mais vous-même, Madame ?
MADAME CllAMEROY.
Je connais sa famille. (Avec hésitation.) On dit qu'il se marie?
PAUL
Vous le savez, Madame? Eh! bien, vous pouvez me î rer d'une grande inquiétude.
MADAME CHAMEROY.
Gomment?
PAUL
M. de Vérac n'a pas voulu me dire le nom delà famille à laquelle il s'allie... et quelques bruits de monde me font craindre que cette famille...
MADAME CHAMEROY.
Que cette famille ?
Ne convienne qu'à demi à un homme d'une élégance et d'une distinction aussi rares que celles de M. de Vérac... On dit le père un peu commun... la mère un peu avare, et la fille un peu gauche.
MADAME CllAMEROY.
Ah!