SCÈNE VI
LA MARQUISE seule, jetant ses épreuves avec dépit sur la table.
Eh! que me font les livres? les épreuves? J'ai beau relire ces pages, mon œil ne voit pas ce qui est écrit...
ici. (Mettant la main sur son cœur.) Il UC VOit qUC CC qui CSt écrit
là! J'ai peur!... Je fuis devant cette entrevue! Je n'ose affronter ce premier regard qui me dira tout... mon âge... mon changement... son amour détruit, mes espérances renversées ! Que je suis lâche I Je l'ai prié d'aller m'attendre dans le parc... pourquoi?... pour le voir passer devant ma fenêtre, sans qu'il me vît?. ..Je l'ai vu! Sans doute, ces dix années ont aussi pesé sur sa tête et y ont laissé leur trace. Sa démarche est moins impétueuse... sa physionomie est moins ardente... mais... mais j'aurais voulu lui trouver plus de cheveux gris!... A peine quelques fils blancs qui argentent ses tempes!... Il est vrai... que moi, je n'en ai pas du tout !... (Avec résolution.) Si j'essayais de me défendre?... J'ai encore ma chevelure de vingt ans... Si je la chargeais de protéger , de parer ce visage... qui, hélas!... lui... je le crains bien, a l'âge de mon extrait de naissance... Eh bien, raison de plus pour appeler à mon aide... l'art... la parure!... Allons! c'est résolu!... Et si je suis vaincue... Eh bien, je le serai... mais du moins je n'abandonnerai pas le bonheur sans combattre !