SCÈNE VIII • ALICE, GEORGES
GEORGES, qui d'abord s'est détourm* a la vue d'Alice.
Allons !
ALICE, gentiment.
Gomment!... monsieur !... vous ne me i
GEORGES, souriant.
Moi ?... chère Alice !...
A LICE
Oui! monsieur!... vous!... Vous avez beau pr< votre voix tendre et tourner maintenant vers moi vmx. des yeux bien doux... Tout à l'heure, quand je sui entrée... vous avez détourné la tête... (Avec «entuie que ma toilette ne vous plaît pas !... Est-ce que vou m'aimeriez mieux avec une autre coiffure ? Dites-le-mo bien vite pour que j'aille la changer tout de suif «•.
GEORGES, sérieusement.
Alice, j'iii quelques paroles sérieus pour cela, j'ai besoin de force «'t de courage, et, -i n< voulez m'en laisser un peu. ..je vous en prie, ue trez pas tant de grâce <!<• caractère, tant de charme..
ALICE, gâteront.
Vous avez peur que je ne dépense tout aujourd'hui qu'il m- m'en reste plus pour mon ménagé!... R
vous... m comme VOUS <lit''<. il
à '-.'lit' belle robe de I ra mon
les jours. .. Voyant •:'!••
vous rassure p
si:... h:...
i.' ressemoiei h costume de Kh bien... cela n-
ALICE
Non, monsieur!... Oh! vous ne pouvez pas me tromper... i voit tout dans les regards de ceux qu'on aime, la joie >mme la peine... la peine surtout, ce me semble, et je ois apercevoir des larmes dans vos yeux?...
GEORGES
Vous croyez?...
ALICE
J'en suis sûre!... Dites, pourquoi êtes-vous triste quand • suis gaie?... (Plus vivement.) C'est peut-être parce que je iiis gaie; vous m'en voulez de ne pas paraître plus séieuse un jour comme celui-ci? Ce n'est pas ma faute, ai fait tout ce que je pouvais pour être inquiète, je n'ai as pu...
GEORGES
Oh! Alice, chèreAlice!... pardonnez-moi mes angoisses,
lia souffrance.
ALICE
De la souffrance? Puis-je la dissiper?
GEORGES
(lui!...
Quelle est-elle?
GEORGES
Vous allez sourire, peut-être... Je souffre, parce que je toute de vous, parce que je crains que vous ne m'aimiez >as comme je vous aime.
ALICE
11 m'a fait une peur!... Ah! voilà ce qui vous trouble La ête, monsieur...
G e orge s.
C'est peut-être insensé; mais, quand on aime comme noi, tout épouvante, on est jaloux de tout. Ce que j'adore *n vous, moi... c'est vous-même... c'est vous seule...
168 COM EDIES ET DRAM
tandis que vous... Tenez... j'ai appris ce matin uni ture de mariage qui m'effraie.
ALICE
Laquelle?...
GEORGES
Vous connaissez Mademoiselle Hélène de Kerdrogti qui semblait si iière de son fiancé?...
ALICE
Eh bien?...
GEORGES
Aujourd'hui, elle le refuse.
ALICE
Pourquoi?
GEORGES, l'observant.
Parce qu'il n'est pas, comme <ille le croyait, le b de Vilcreuse, mais un simple ingénieur!
ALICE, avec- surprise.
Un ingénieur?
GEORGES, ii part
Quel accent!... (Haut.) Vou> approuvez donc cette ture?
à L I C i . naïvement.
Sans doutel on ne peul pas épouser quelqu'un qui n'es! pas de votre classe.
<i BORG Vous aussi?... Vous tenez donc à un vain litre a 1.1 C B, naïvement
Si j'y liens:... .l'y tiens comme à ma foi... comme £ mes devoirs... comme vous devez \ tenir vous
ami, vous qui portez si bien un beau i
de Georges.) Ne m'aCCUSez pas de vanité, mon ami. je sens
que c'esl de l'honneur, si une jeune fille oobl pauvre pour se marier, lié 1 ii« n : elle iv<u« vieille fdle. «Ile
fait religieuse ; elle vit, s'il le faut, dans la pauvreté et ns l'abandon, mais elle ne se mésallie pas!
GEORGES, après un moment de silence et se rapprochant d'elle.
Même si elle est aimée comme vous, chère Alice?...
ALICE, troublée.
Comme moi...
GEORGES, avec tendresse.
Même... si elle aime?...
ALICE, émue.
Si elle aime...
GEORGES
Si elle aime comme vous m'avez aimée... un jour?...
ALICE, souriant.
t Un jour?... Ah! je vous ai aimé... un jour... Et lequel, 1 vous plaît?
GEORGES
Le 10 septembre, à Bagnères. Vous l'avez oublié, )us!...
ALICE, souriant.
C'est probable!... Pourtant, en cherchant bien, en me ippelant toutes nos excursions, celle duportdeVénasque, ir exemple...
GEORGES
Quoi!... vous vous rappelez...
ALICE
Tout!...
GEORGES
Que, saisis d'émotion à l'aspect de ce magnifique spécule, nous tombâmes tous deux à genoux en silence!...
ALICE
Que, tout éperdu, je me précipitai sur votre main en la •livrant de baisers et de larmes?...
in
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a LICE.
Oui! oui!...
Eh bien, si à ce moment, changeanl tout à coup gage, je vous avais dit : Alice, je suis toujours l'honu d'honneur que vous avez choisi; mais votre «lapas la mienne, ma naissance n'égale pas la vôtri suis pas M. de Gernay, je ne suis que Georgi (îeorges... qu'auriez-vous l'ail?...
ALICE, avec terreur.
Moi!...
GEORGES
Oui! répondez!... Qu'auriez-vous fait?...
ALICE
Taisez-vous!... ne m'interrogez pas
&EORG
Je veux vous interroger : il le faut, j«' le dois
ALh
Ah! vous êtes cruel, mon ami! Pourquoi me tort» par un malheur fictif? Pourquoi livrer mon ai; combats imaginaires entre le devoir et la tendres;
.1.' vous l'ai dil ! Parce que je veux savoir -i vous m m.-/ comme je \<-us aime, pour moi-m^me... pour r seul !... Dites donc '.... dit.- !.. Si j'étais Vil» r< vous étiez Hélène, <•! que vous me vissiez la de\ suppliant «■( pleurant, écouteri< orgueil? Seriez-vous touchée de .•••lie v«»ix «pie vous aimiez tant, disiez-vous, ou bien, insensibl
spoir, inexorable à mes i vous en me disant : .le ne vous ronnais plus lien pour moil
ALICE
Vu nom du ciel!... qu'avez-vous, mon ami?... Des lar- ;s... des larmes véritables coulent de vos yeux!...
GEORGES, avec élan.
\h ! c'est que tout est véritable ici ! C'est que Vilcreuse, stmoi! c'est qu'Hélène, c'est vous!... C'est que je ne appelle pas M. de Cernay, mais Georges Bernard, et e je meurs à vos pieds, si vous n'avez pitié de moi!
ALICE, éperdue.
J ciel ! que dites-vous ! . . .