G BORG
Toi?
M M» \ M i. Q BORGBS.
Une action d'égoïste !
ÛEORG
Je t'en défie.
MADAME GEORGES
J'en disais autant ce matin... et maintenant... tu te ippelles la promesse que je t'avais faite de vendre ma ■rme pour demeurer toujours avec toi?
GEORGES
Eh bien?...
MADAME GEORGES
Eh bien!... notre cœur est bien étrange, et l'on a bien dson de dire que l'habitude est plus forte que na-
ire!...
GEORJ&ES.
Oue veux-tu dire?
Qu'il me semblait que je n'aimais que toi au monde, ue je n'avais besoin que de toi : eh bien! croirait-on u'au moment de dire adieu à cette ferme... à ces hamps... à ces beaux bestiaux... des bestiaux!... des réatures qui ne vous entendent pas!... je vous demande n peu si ça a le sens commun de les regretter... eh ien! pourtant... c'est vrai!... au moment de les quitter... ai senti le cœur qui me manquait!
GEORGES
Comment!... Explique-toi!
MADAME GEORGES
Je n'ose pas... ça me coûte... Je sais que je vais te aire de la peine; moi-même, j'en souffre... aussi. Mais nfin,il faut bien te l'avouer, puisque c'est irrévocable... e contrat de vente que je t'avais promis de signer aujourl'hui, je viens de le déchirer... Je retourne à ma ferme.
(Alice et la marquise se lèvent vivement: Georges les regarde, puis retournant vers sa mère, et avec beaucoup d'émotion.)
GEORGES
Tu pars ? Tu ne veux donc plus vivre avec moi?
•>08 COMEDIES ET DRAM I
MADAME GEORGES
C'est mal. . . je le sais ! Mais, que veux-tu ?. . . gens... ça a la cervelle dure... ça ne se plie à rien serais dépaysée dans tes beaux salons!... je ne heureuse!...
GEORGES, avec une vive douleur.
Pas heureuse!... Ah! tu ne m'aimes pas cou t'aime!
MADAME GEORGES, avec élan.
Moi!... je ne t'aime pas... (Plus calme.) C'est mal <
tu dis là! (S'efforçant d'être insouciante.) Car, enfin, il ne
pas d'une séparation... nous nous reverrons quelqu n'est-ce pas, madame la marquise? n'est-c pas, moiselle Alice?... Vous me permettrez bien, quoiq ne sois qu'une fermière, de venir l'embrasser quelqu* fois... ce cher enfant... Ce n'est pas pour toujm pars aujourd'hui!...
GEORGES
Aujourd'hui?...
M A ii A M E GEORGES, avec plus de fora
Oui... aujourd'hui!... tout de suite... pane qu< beau faire la brave, j'ai le cœur unpi t tu sai
moi, les choses douloureuses... il ne Tant pas qm traîne... C'est ce qui fait que j'ai «lit d'atteler, el maintenant il faut nous séparer... il faut nous adieu!
(, EORG
C'est bien, ma mère!... c'est bien!
Il tombe a MAI» \.MK GEORGES, allant
Est-ce que tu ue veux pas m'embrasser? estnous nous quitterons fâches ?... Tu aurais bien 1
(Elle l'embrasse longtemps, puis avec résolution.) Allons... adieu !...
Adieu... madame la marquise!... adieu, mademoiselle Alice, je reviendrai... je reviendrai bientôt. (Elle s'éloigna
vivement, pendant que Georges, qui a deviné le motif qui la fait partir, la suit du regard. s"élance vers elle, la ramène près des deux femmes, vt ui prenant la tête dans ses deux mains, lui baise avec passion le front. les cheveux, tout le visage, en prononçant des mots entrecoupés.) GEORGES, à la marquise et à Alice.
Mais vous ne voyez donc pas qu'elle ment?
MADAME GEORGES, tout éperdue.
Mais, que veux-tu?
GEORGES
Vous ne voyez donc pas qu'elle se sacrifie pour assurer notre bonheur?
MADAME GEORGES, éperdue.
Mais, je te jure!...
GEORGES, la forçant à le regarder.
Nie-le donc, si tu l'oses! Dis-moi donc là, en face, que les larmes ne t'étouffent pas!... et que, quand tu essaies de sourire, ton cœur n'est pas déchiré!... Mais, parle... parle donc!...
MADAME GEORGES, avec explosion.
Eh bien, oui! tu as dit vrai !... Mais ne me plains pas!... J'emporte dans mon âme une joie immense et qui suffira pour remplir toute ma solitude... Je t'ai entendu résister à toutes les prières... Je t'ai vu préférer ta pauvre vieille mère à cet ange de beauté, de vertu, d'amour!... Oh! toutes mes douleurs sont payées d'avance... et je puis partir sans regrets... Adieu!...
ALICE
Partir!... Vous croyez que ma tante vous laissera partir?... Mais, regardez-la... .mouvement delà marquise) elle pleure
comme moi... (idem) elle vous admire comme m<. et elle se dit tout bas : Je -ui< mère, je ne causerai jai une telle douleur à une mère.
LA MARQUISE
Ah! résiste qui pourra!... Je m'en repentirai p.-u; demain ; mais le coeur est le plus fort.
A LICE
J'en étais sûre! N'est-ce pas que mon devoir?...
LA MARQUISE, avec force.
Ton devoir est de rester près d'une pareille mi-
GEORGI
Madame!... Alice...
LA MA Ko Tl -
Ton devoir est de ne pas la quitter un jour, uni conde... tu n'y auras pas grand mérite ! Dans un an.. elle scia aussi grande dame que toi !
MADAME GEO R G 1 S, race, en allant à elle.
Ah! madame... vous me donnerez doue des leçons!
LA MARQUISE
Vous vous les donnerez bien toute seule, l'n D'en viendrait jamais à bout: mais une femmi Vous, et une mère!... son éducation recommence ton* >urs.