SCENE VII
MADEMOISELLE JOUVENOT va s'asseoir devant la cheminée du fond et se chauffe les pieds; LE PRINCE, L'ABBÉ, entrant vivement par la seconde porte à droite.
LE PRINCE, courant à lui.
Ah! c'est toi, l'abbé!... (S'efforeant de rire.) Viens donc recevoir mes consolations... ouplutôtme prodiguerlesticnnos.
270 COM EDIES ET DRAM '
Comment cela?
LU PBINCB.
L'aventure la plus piquante pour nous deux...
L AH H É, a part.
Est-ce qu'il s'agit de sa femme?
LE PRINCE
Pour toi, d'abord... tu sais notre pari de taatôt, à deux cents louis... au sujet de comte de Saxe.
L ABBÉ, vivement.
Le comte de Saxe... je viens de me rencontrer n nez avec lui... comme il sortait de ce foyer... il y donc?
LE PRINCE, vivement.
Preuve de plus!... et j'aurais, parbleu, bien voulu 1 voir.
Nous le trouverons au numéro trois des premi loges.
LE PRINCE
A merveille! il s'agissait de découvrir sa pass gnante...
l'abbé.
Oui, vraiment...
LE l'Hiv Je n'ai pas été loin pour cela... (Montrant miu Jom Tout m'a si bien secondé qu'il ne te reste plus, mon qu'à t'exécuter.
l'abbé.
Sur le vu des preuves...
LE ri.i N est bien ainsi que je l'entends... lis d'abord et dis ton avis sur ce billet d'invitation... tiens... (l« lui donna u est pas long, mais clair el précis I...
L'ABBÉ, lisant.
« Pour des motifs politiques que vous connaissez mieux que personne, on désire vous entretenir ce soir à dix heures, dans le plus rigoureux tête-à-tête, en ma petite maison de la Grange-Batelière, que j'ai fait dernièrement meubler. Amour et discrétion ! » — Signé : « Constance! »
LE PRINCE, avec colère.
La signature de la perfide Duclos.
L ABBÉ, avec étonnement.
Constance !
LE PRI N CE, avec impatience.
Eh oui! vraiment! le nom ne fait rien à la chose!... Je ons ce billet de Pénélope, sa femme de chambre.
l'abbé.
Qui vous l'a remis?
LE PRINCE
<)u plutôt vendu à un taux d'autant plus exorbitant.
l'abbé.
Qu'ici ces valeurs-là ne sont pas rares !
E PRINCE, qui pendant ce temps a remonté le théâtre, parlant à un domestique.
Ce billet au numéro trois des premières, sans dire de uelle part. (Revenant près de l'abbé.) Et maintenant, mon 1er abbé, j'ose compter sur toi !...
l'abbé.
Et pourquoi ?
LE PRINCE
Pour te rendre témoin d'un éclat que je me dois à ioi-même; je veux d'abord ce soir tout briser chez elle.
l'abbé.
C'est du plus mauvais goût pour un abbé et un savant?
LE PRINCE
Quand la science est trahie !...
27S COMEDIES ET DRAM !
La science doit savoir se taire!... Le bruit est ; au comte de Saxe... à un soldat, mais à vous parent de la reine... à vous, un homme marié, ce s un scandale...
LE PRINCE
On saura toujours l'anecdote... parce qu'ici, au I
Français... Tiens, (Montrant Mlu Jouvenot qui est à la ch-
voilà déjà mademoiselle Jouvenot qui n'a encore vu sonne, et qui peut-être a déjà trouvé le moyen d« dire.
l'abbé.
Prévenez-la... Racontez l'histoire à tout le mo Faites mieux encore... une vengeance digne de v Les deux amants n'avaient-ils pas résolu de passer ce! soirée dans le plus rigoureux tête-à-tête, dans tite maison qui vous appartient?
LB PRINCE
Je le crois bien ! louée et meublée à mes fr l'abbé.
liaison de plus !... je ferais comme chez moi... per galant, délicieux, où j'inviterais ce soir toute médie-Française, toutes ces dames.