SCENE IV
HENRI, CÉCILi;.
(La porte s'ouvre vivement, une femme voilée entre. Elle ote son voile.
1IKNRI.
Ciel! Cécile!
Oui, Henri.
Vous ici !...
i LE.
Oui, moi! comment y suis-je venue, j<i n'ai mais je suis perdue, défendez-moi, je n'ai plus que m:\Ri.
Qui Mt'iil !... Pari'/. : parlei !
Hier, voua le savez, effrayi fureur, je me >ui
réfugiée chei ma sœur *>ù j'ai passé la nuit. Je i . quand ce matin... Ah : je tremble
Il I MU.
matin...
LOUISE DE LIGXEROLLES. 67
CÉCILE
Ce matin, tout à coup est venue jusqu'à mes oreilles une voix...
HENRI
%£/tait lui ?
CÉCILE
Oui, entendez-vous, Henri, lui, M. de Givry, qui me nommait avec emportement ! Une menace affreuse ! Oh ! alors l'épouvante s'est emparée de moi... ma raison s'est perdue... je me suis élancée dans la campagne, je suis, accourue ici, et je tombe à vos genoux en vous disant : Défendez-moi ! défendez-moi !
Oui, je vous défendrai, je vous défendrai contre tous... Il vous menace...
CÉCILE
S'il ne voulait que ma mort î mais pire que cela, quelque grande honte, quelque long supplice
HENRI
Et ne pas pouvoir le provoquer !
CÉCILE
Ciel ! vous, vous battre avec lui ! un duel ! une mort peut-être ! Je veux partir.
HENRI
Vous ne partirez pas.
CÉCILE
Oh! tous les remords m'arrivent à la fois! Et votre femme, Henri !
HENRI
Elle n'est pas ici, vous le savez; et mon devoir est de vous protéger.
CÉCILE
C'est vous perdre.
N'importe.
CÉCILE
Je pars.
HENRI
Calmez-vous, Cécile, je suis seul, je puis vous sauves à deux lieues d'ici, une vieille parente...
CÉCILE
Abandonnez-moi !
HENRI
Personne ne connaîtra votre retraite, et dans quoique jours...
CÉCILE
Eh bien, oui, oui... mais à l'instant... Henri, quel •qu'un !...
(On entend du bruit. Henri s'élance ù la porte.) HENRI, avec violence.
Que voulez-vous ?