LOUISE, HENRI
HENRI, entrant vivement.
Qu'est-ce que j'apprends?... Ce qu'on me dit est-il rai?... Ces ordres?... Ces préparatifs?...
LOUISE
.)•' pars avec mon père.
HENRI
Partir?...
LOUISE
Nous nous séparons!...
HENRI
Nous séparer!... Écoutez, Louise : quoique ce soit une hose bien grave que de désunir deux existences liées
88 MÉDIES ET DRAM
depuis tant d'années, s'il ne s'agissail que de vo moi, et si vous me disiez : « Je veux partir... en mourir, je consentirais. Mais il est entre nous un nœ plus sacré que tous les autres, un nœud indissoluble notre fille !..
J'emmène Marie!
HENRI
M'arracher ma fille!...
LOUISE
C'est pour l'arracher à vous que je l'emmène.
HENRI
Ce n'est pas possible! on n'enlève pas un enfant a i père!...
LOUISE
Un père sacrifie tout pour que son enfant soit lui; un père vit noblement pour que son enfant pn vivre comme lui; un père veut Être estimé, pour que | enfant soit estimée à cause d<> lui: <>sez-rous invoquer titre de père?...
m; mu.
Oui, je l'invoque! je l'invoque pour la proti bliez-vous combien le moud»1 demande à la tille un rigoureux de la séparation de son père el de que cette séparation, qui esl souvent un crime poui parents, est une tache pour reniai
LOI
Tout vaut mieux pour elle que de vivre près d'un pi dont lea exemples la feraient rougir.
Il IN RI.
Rougir *!«' moi '....
LOUISE
Oui! voua ne respecteriez pas plus le toit de i que voui tre fèmm
LOUISE DE LIGXEROLLES. 89
HENRI
Et vous croyez que je consentirai à me laisser ravir out mon bonheur!...
LOUISE, avec explosion.
Malheureux! je voulais me taire, ou du moins ne faire arler que la dignité et la raison; mais puisque vous osez nvoquer votre bonheur perdu... il faut donc que je déhire mon âme à vos yeux pour vous montrer toutes mes ouleurs à moi! Vous ne savez donc pas que je vous imais, comme personne n'a jamais aimé ! que vous étiez na joie, mon orgueil ! que je vous adorais au point d'avoir >eur de ma tendresse, au point de dire quelquefois : Mon )ieu! pardonnez-moi, je crois que je l'aime plus que ma ille!...
HENRI
(Irâce, Louise!...
LOUISE
Non! vous verrez couler tout le sang de la blessure!... Vu lieu de mon idole, qu'ai -je trouvé?... un de ces îommes vulgaires, justifiant leurs désordres en disant : fe suis ainsi!... et cherchant des excuses à leurs fautes lans les maximes d'un monde corrompu et lâche. (Henri ait un mouvement.) Oui, lâche ! ... Qu'une malheureuse femme, oar faiblesse, par désespoir quelquefois, cède à une passion coupable... honte et mépris sur elle!... Mais qu'un mari introduise sa maîtresse chez lui, que ses désordres imènent les gens de justice sous le toit conjugal... ce n'est rien !... que sa femme, une femme de bien, se sente profanée dans tout son être, ce n'est rien!... notre âme est brisée, notre cœur saigne, nous souffrons, nous mourons.. . ce n'est rien !.. . Tenez, je vous dis que ce sont des lâches!...
Accablez-moi!... mais ne partez pas!.. Ecoutez!
!)0 OMEDIES ET DRAM]
LOUISE
Laissez-moi! je ne vous écoute plus... je ne vou plus. . . vous avez menti, menti à ma mère!... vou>, le gai dien de la pureté de mon cœur, vous lavez terni enji montrant des vices qu'il ignorait! vous m'avez ôté tout lui, tout amour... je doute de mon père, je doute de m fille, vous avez tué mon âme! oh: allez-vous-en! aile? vous-en!...