SCENE IV
ALICE, LE MARQUIS DE ROUILLÉ
ALICE, venant de la gauche.
Mon oncle! mon cher oncle'.
LE MARQUIS DE ROUILLÉ, jetant son livre sur la table.
Toi?... Ah! je me sens dix ans de moins. (Alice îembras^.) jncore un, encore dix! Il y a si longtemps que ce bruit l'a retenti sur mes vieilles joues!
ALICE
Oh! tant que vous voudrez... Que je suis donc heure u <o!
LE MARQUIS DE ROUILLÉ
Ah çà, voyons, que je te regarde, que je voie un peu pie les Pyrénées ont fait de cette figure-là... a;. -
ravoir regardée.) C'est désagréable! tu os toujours pluque moi... Enfin!... (Avec tegdresM. Et la mère?
\ LICE
Elle ne pourra voir personne, pas même vous ce soir; elle est toujours souffrante.
LE MARQUIS DE ROUILLÉ
Et toujours douce envers la souffrance, comme tout le monde. Pauvre sœur! je sais bien pourquoi j-- i vaux rien, c'est qu'elle a pris tout ce qu'il y avait di dans la famille.
ALICE
Ah! quel oncle coquet, qui veut qu'on lui fas compliments!...
Ma loi, non! Je veux seulement que tu m'aimes un p<
trop, Voilà tout. 11 s'assied à droite. Alice se met prés de lui
tabouret.) Et t'es-tu bien amusée? as-tu fait de bel! excursions? as-tu bien monté a cheval ? A LICE.
,)'ai dépensé toute la bourse que vous m'aviez don pour mes plaisirs.
LK MARQUIS DE ROUIL1
Beau présent '.... Quelques malheureux l<»ui> ;m^i vil que moi! (Aveccoièr*. Ce que je devrais te donner! un mari! car penser que, foute de ce misérable qu'une faillit.' vous ;i enlevé, une tille comme celle-là
un ;iii-
A I. J -ut.
( lui, un ange sans dot... ce qui i ange sans ail
LE MARQUIS DE ROUILLÉ
Comment, il ne se trouvera pas, dans Loul mo nu garçon lie COMir pour relever l'honneur des homn en épous inl un tel trésor!
ALICE, gaiement.
C'est vrai!... ces hommes sont incroyables... ils ont là, >us la main, des perles, des diamants, et ils les laissent ordre. (Test inouï!... Aussi, mon oncle, si vous m Vu royez, nous les abandonnerons à leur impénitence nale... et nous reviendrons à nos bonnes causeries îr toutes vos inventions... car vous savez que je suis )tre confidente...
LE MARQUIS DE ROUILLÉ
Je le crois bien !... et même mon aide dans mes expéiences de chimie. Quand je pense que j'ai eu la malaresse de brûler ces jolis doigts-là...
ALICE, gaiement.
< lui, en voulant faire de la soie avec des paves Eh bien vc/.-vous obtenu votre produit?
LE MA ROUIS DE ROUILLÉ
Parbleu! je t'en ai commandé une robe de bal!
ali ci:.
Je crains que ce ne soit un peu lourd !... Et votre projet e canalisation pour le département? et le percement un puits artésien? et votre société zoologique?... Je jux tout savoir, je veux que vous me racontiez toul ce ue vous avez fait.
LE MARQUIS DE ROUILLÉ
que j'ai fait?... ce que j'ai fait?... je me suis rongé,
"Voie. Il se lève et passn à gauche; Alice se lève aussi. L'état OÙ
: réduit la noblesse me frappe au cœur. Avec nos titres
nos croix, que sommes-nous? de belles enveloppes de
hrysalides, d'où le papillon s'est envolé. Ah! lorsque.
'oinenant dans ma galerie de Rouillé, je regarde
f portraits de mes pères, et que je me dis : Celui-ci a
-ou pays de deux ports; celui-là a fertilisé vingl
eues de landes; cet autre était président des États: ce
uatrième, maréchal de France:... et toi, qu'est-ce que
112 COMEDIES ET DRAM!
tues? margu illier!... alors, la rage me prend... la du travail... je rêve mille projets scientifiques pour n ici le nom des Rouillé et des Rochegune!
ALICE, gravement.
Et vous le relèverez!... Un jeune homme très savand qui a lu vos mémoires à l'Académie des sciences, disait que vous aviez du génie!
LE MABQUIS DE BOUILLE
Vrai?... Eh bien ! il a de l'esprit ce garçon-là ! M tout mon génie, je passerai toujours pour un fou... D'abord, parce que j'en ai un peu l'air; et puis, par. je ne peux pas appliquer mes idées. Ah! si j'avais un
VOir... Une force... (Lui prenant le l.ras et en confidence.
vient de se former une compagnie immense, dont Y nieur arrive, dit-on, aujourd'hui même, pour le ment de tous les marais de Luxeuil!
nt.
A LIC E, gravement.
11 me semble, mon oncle, que nous avons des ce dessèchement-là.