W II
M. de Cernay?
GEORG
C'esl moi !
w ILSOR.
Toi, Georges Bernard!... Toi, Qls d'une fermière! Mais comment se peut-il?...
G RO SGI 3, snt.
inmenl ! commonl !... Commeul y a-t-il qui envahissent votre etiMir, qui bouleversent votre qui renversent \ : me demandes poui
Loul . Parce que j'aime... que j
comme un fou, comme un ins<
WILSON
Tes parce que ne sont pas plus clairs que le reste. Tu limes! tu aimes! L'amour ne change pas les noms. Bl l'abord, qu'est-ce que ce nom de Cernay?
Le nom d'une terre en Suisse, que ma mère a achetée
tour moi.
WTLSON.
Et tu en as pris le titre?
GEORGES, avec fierté.
Je ne l'ai pas pris.
WILSON
C< miment le portes-tu, alors?
UEOHGES.
Malgré moi.
WILSON
Ah! voila qui est étrange!
GEORGES
Le reste l'est bien davantage! Tu te rappelles qu'au mois de juillet je te laissai la direction de notre grande exploitation minière?
' WILSON
Oui, pour aller étudier ce beau projet de routes et de canaux dont on te confie l'exécution.
GEORGES
Jetais à Bagnères-de-Luchon dans ce dessein, depuis peu de jours, quand un soir, à la promenade, je rencontrai une femme délicieuse... de soixante-cinq ans!
WILSON, riant.
Ah! ta passion pour les aimables vieilles!
GEORGES
Si tu avais une mère comme la mienne, tu me comprendrais! .Madame de Rochegune, — car c'était elle, — était donc à la promenade, se reposant tous les cent pas
sur un petit siège qu'elle tenait à la main; cl ainsi au bord de la route, avec ses beaux cheveux blancs avait l'air si triste, si doux, et portait autour d'elli regards avec une mélancolie si affectueuse... que ; sentis ému malgré moi; et m'avançant vers elle, je 1 offris mon bras. Elle accepta en souriant... je n'ai j manqué une conquête de cet âge-là... et bientôt a] elle m'avait tout confié... ses chagrins, ses rêve tune... sa crainte surtout, sa crainte de I seule au monde, sans fortune et sans protecteur. \v i l s o n .
Cela ne m'explique toujours pas comment ce i Gernay...
GEORGES
M'y voici! Cette terre, comme quelques baronni lemagne, donne au propriétaire le droil d'en prend titre et le nom. J'avais raconté ce détail à madai Rochegune qui. dans la conversation, m'appelait ton par badinage M. le baron de Gernay. Un matin, j chez elle, comme de coutume, et je trouve à son i sa fille, qui revenait d'une excursion de plusieurs dans la montagne; mais quelle'est ma surpris la malade me présentant à elle, lui dit : M. Berna <( Gernay, dont je t'ai tant parlé! • ■ Je veux me elle m'arrête d'un regard et me dit tout « détrompe/ pas, je vous en prie: Je me tu<. ou plut je ne songeais plus ni à parler ni à me taire: sous le charme d'une apparition céleste 1
WILS
El pourtant elle n'avait pas soixante insl
Ne plaisante pas, je t'en pue :... Alice nom, avait dans le regard autant de bout»' qn mère, avec j quoi de fi t, d'allier, «le
ait sur ce jeune front si noble et un peu dédaigneux, mme un reflet éclatant de toute une race glorieuse... rayonnement de dix générations qui ne s'étaient occues que de grandes choses! Et lorsque, dans la converion, elle laissait percer son dédain ingénu pour tout qui n'était pas la noblesse, ce dédain, le croirais-tu? î plaisait comme légitime... c'était comme un attrait plus qui irritait ma passion insensée... Je l'aimais... l'aimais de me dédaigner!
(Il passe ii gauche où il s'assied sur le canapé.) WILSON, à part.
Pauvre garçon! (Haut.) Tu as raison... tu étais fou!
GEORGES
Si fou, que le lendemain je demandai à madame de chegune la main de sa fille. « Cette union est mon œu le plus cher, me répondit-elle... mais voulez-vous réussir? D'abord, ne parlons pas encore à ma fille de .otre grande fortune... »
WILSON
Voilà une noble louange pour la fille!
GEORGES
« Et quant à votre nom, laissez-moi choisir le moment le le lui apprendre. »
WILSON