LB \ [COMTE
Figurez-vous que, depuis quatre ans, je suis reux... mais amoureux fou d'une jeum mauie, de Toulouse... une amie d'enfan
Une amie d'enfance!
LE VICOMTE
Des yeux bleus... Oh!...
GEORGES, à part.
Des yeux bleus!
LE VICOMTE
Des cheveux noirs comme une aile de corbeau!
GEORGES, à part.
Des cheveux noirs !
LE VICOMTE
Et des dents ! . . . une bouche ! . . . sans compter un orgueil iragé qui en fait bien la femme la plus piquante!
GEORGES, à part.
C'est elle!... (S'approchant du vicomte et s'efforçant de sourire.) Je
lis bien sûr que monsieur le vicomte n'était pas homme adorer tout seul.
LE VICOMTE
Bien entendu!... Je voulais à toute force l'épouser...
GEORGES
Et sans doute elle aussi...
LE VICOMTE
N'avait pas d'autre espoir... Nous avions été destinés un à l'autre; mais elle perdit sa fortune... On nous 3para.
GEORGES
Sans séparer vos cœurs!
LE VICOMTE
Au contraire!... je l'en aimai encore davantage... et lie aussi!
GEORGES
Elle vous l'a dit?
LE VICOMTE
Mille fois... par ses regards... par son silence môme, lais tout cela n'avançait pas mes affaires. Il y avait entre ious un obstacle insurmontable.
WILSON
Votre mariage ?
LE VICOMTE
,Mon mariage?... Ah! ah! quelle ingénuité!... Eh! À
taisait mon mariage à cela? Comment, vous ne Coin nez pas?
GEORGES, à Wilson.
Comment, tu ne comprends p
WILSON
Tu comprends, toi?
Certainement!... L'obstacle n'était pas que mons le vicomte fût marié... mais que la jeune fille ne ! pas.
LE VICOMTE
Précisément!
GEORGES
Ah! vois-tu, que j'ai bien compris?
WILSON
Mais cependant il me semble...
GEORGES
Que [tu es donc bourgeois!... On ne séduit p dans la société, une jeune fille de grande maison.
LE vi«: .. mit.
Non, nous attendons.
G BORG ES, •• W.lson.
Tout votre monde crie au scandale, ou vous api rupteur... Mais suppose, au contraire, qu'cll marie...
i.i: VICOMTE,
ilal Suppose qu'elle se ma alors, plus d'obsta
LE VICOMTE
Précisément! (Avec mystère.) Eh bien! mes chers amis, :gez de ma joie!... Elle se marie !
Oh ! c'est parfait.
LE VICOMTE
La suite va toute seule.
GEORGES, avec joie.
Je la devine !
LE VICOMTE
Elle n'a pas de fortune... donc, c'est un mariage d'alure.
GEORGES, comme enchanté.
Donc, elle n'aime pas son mari !
LE VICOMTE
Ce mari... sera...
GEORGES
Un imbécile... Ils le sont tous !
LE VICOMTE
Je deviens son ami.
GEORGES
C'est dans l'ordre !
LE VICOMTE
11 me prie d'être le chevalier de sa femme. ..
GEORGES
Bien entendu.
Et alors... appel touchant aux souvenirs d'enfance, de amille... Je peins mon désespoir quand on nous a sépaés... je maudis les parents barbares qui m'ont fait épouser... deux cent mille livres de rente...
GEORGES
La femme est attendrie...
LE VICOMTE
Et le pauvre mari... vaincu, déçu... et content !... ah 1 ce sera charmant !
GEORGES, riant aussi.
Ah ! ah ! C'est délicieux !... (Voyant Wilson qui la regarde ébahi
Mais ris donc aussi, AVilson !
LE VICOMTE
C'est vrai, Wilson, vous avez une figure d'enterren:
GEORGES
On dirait que c'est le mari !
LE VICOMTE
Oh! l'excellente idée!... C'est vrai... je me le L. ainsi. Mais regardez donc !... cet air hagard... ces écarquillés... Décidément, c'est le mari !
GEORGES
C'est le mari !
LE VICOMTE, l'éloignant.
Adieu, mari !
GEORGES, se joignant au vicomte.
Adieu, malheureux mari !
LE VICOMTE
Ah ! ah ! la bonne idée ! (A Georges. Mon cher, nichant d'avoir fait votre connaissance... (En regardant wilson.) L bonne figure de mari ! Ah ! ah! ah ! u sort, «n riant, par îefond