I. A MARQUISE, riant
Où donc ?
M A D A M i: G E 0 H G ES, montrant son front.
Là.
LA MARQUISE
Vous no le marquez pas sur votre carnet ?
MADAME GEORGES
Est-ce que j'ai un carnet ?
LA MARQUISE
Gomment écrivez-vous ?
MADAME GEORG
Est-ce que je sais écrire ?
Quoi !... vous ne savez pas...
M AD A ME G EORG
A quoi cela sert-il ?... Savez-vous ce que c'est que 1 criture, madame la marquise ? c'est une mauva tude... connut' Les béquilles... comme si I'od d'une canne pour marcher, d'un fauteuil poui ci d'un calepin pour se souvenir.
LA MARQUIS
Mais enfla vous tenez des livi
MADAMl Gl
Pourquoi fait pour sept ou huit pain:
mille francs que je remue dan- l'année... Ah ! mes livr ils sont bientôt tenus '.... P un joli troupeau ! — li est à vous, mad Oui, tinaud. quand je l'aurai p mbien en
vous ? Deux mille Francs. Quinze cent
)onne femme, madame Georges, il n'y a plus entre nous [u'un fil. — Oui, mon garçon ; mais ce fil-là, c'est le :ordon de la bourse ! » Il se met à rire, moi aussi... >n s'arrange... j'emmène son troupeau, il emporte mon irgent, et voilà mes écritures finies... Oh! l'écriture, c'est in des sept péchés capitaux... c'est la mère de la paresse !
LA MARQUISE, riant.
Ah !
MADAME GEORGES
Ah çà, je cause... et j'oublie que l'heure me presse...
Klle remonte le théâtre.)
LA MARQUISE, se levant et passant à gauche.
Quelque grand achat de céréales !
MADAME GEORGES, avec effusion.
Non ! non ! une vraie affaire... l'affaire de mon cœur... ..Mais je ne veux pas entamer ce chapitre-là... parce m'une fois lancée, je ne m'arrêterais plus... Je serais capable de m'asseoir !
LA MARQUISE
Eh bien, asseyez-vous là...
MADAME GEORGES
Uuand il m'attend !
LA MARQUISE, souriant.
Qui est-ce donc... il?...
MADAME GEORGES
Et qui serait-ce, sinon mon orgueil, ma joie... mon fils !...
LA MARQUISE
Votre fils !
MADAME GEORGES
Oui, mon fils, que je n'ai pas vu depuis deux mois... que je n'ai pas embrassé depuis deux mois... et que je retrouverai tout à l'heure, deux fois heureux, deux fois radieux... car il va revoir sa mère... et il se marie !
148 COMEDIES ET DRAM '
la MARQUISE.
Votre fils se marie!... Alors... parlez-moi de lui, j comprendrai toutes vos joies, toutes vos sollicitudes moi aussi j'ai un fils... et puis je marie aujourd'hui fille adoptive.
MADAME GEORGKS, avec joie.
Vrai!... C'est donc ça que je sentais en vous quelqu chose de maternel... et quand doux mères se ren contrent, l'une a beau être fermière... et l'autre marq les deux cœurs battent bien vite à l'unisson !
LA MARQUISE
Bien dit !
MADAME GEORGES
Eh bien, madame la marquise, permettez-moi de : un souhait pour vous ! Je vous souhaite un gendre comm mon fils !
LA MARQUISE, riant.
A charge de revanche !... Je vous souhaite une br comme ma nièce !...
MADAME GrEORG
Oh ! quant à ma bru, je n'ai pas de désir à tonner
LA MARQUIS
C'est donc quelque belle fille de riche cuit
MADAME GEOBG Mieux que cela !...
l. A M a | Q DISE.
De négociant ?
M Al» A M
Mieux que cela !...
la MARQUIS D'avocat ?