LE PEUPLE
A mort! à mort!...
GRÉ ON, au fond, parlant au peuple.
Redoutez ma colère 1
MÉDÉE, à part.
Le roi !... Contenons-nous !
CREUSE, qui a couru k son père et d'une voix tremblante.
0 mon père !... mon père !
CRÉON, avec tendresse et descendant en scène.
Tu trembles? Qu'as-tu donc? Qui peut t'épouvanter?
(Descendant en scène et voyant Médée.)
Toi!... toi!... qu'à leur fureur je venais disputer... C'en est trop!... De ces murs, barbare, je te chasse!
286 rOMF.DIES ET T)R.\\fES.
Me chasser !
CRÉON
A rinstant!
MÉDÉK, à part.
Et ma vengeance!...
^Ilaut.)
Grâce !
CRÉON
Non!
Un jour, un seul jour pour r])pr<lnM' mm soutien, Un refuge à mes fils î
JASON, s'avançant vivement.
Tes fils ! oses-tu bien Les nommer de ce nom, quand ta fureur jalouse Les a sacrifiés à ton orgueil d'épouse ; Quand, par haine pour moi, répudiant pour eux La royale amitié d'un prince j,'énéreux, Tu veux plutôt les voir, impitoyable mère, Exilés avec toi qu'heureux avec leur père I... Ils ne partiront pas î
MÉDÉE
Ciel Im'enlever mes fils !
JASON
Je les enlève au sort des proscrits, des maudits, Aux douleurs que sur eux tu veux faire descendre. Ils ne te suivront pas î
MÉDÉF], s'élancant vers ses fils, et les saisissant avec désespoir.
Eh bien ! viens me les prendre !
(Cris et tumulte de la foule qui entoure Médée,et s'arme de pierres pour la chasser; vains etforts de Jason et de Créon pour les contenir.)
MEDEE. 287
lîN HOMME Di; PEUPLE.
Châtions ! châtions ses insolents défis 1
(Orphée paraît, Médée va se réfugier v«ra lui.)