MÉLANTHE
Quoi! nos corps par le froid ne seront plus glacés?
CREUSE
Non!
LYCAON
Nous ne fuirons plus à travers les ténèbres, Tremblants et poursuivis de menaces funèbres!
CREUSE
Non! les jeux, les plaisirs, l'un à l'autre enchaînés, Rempliront chaque instant de vos jours fortunés. Et les riches habits, et les armes de guerre, Et les chars éclatants...
LYCAON, à Mélanthe.
Quelle joie! ô mon frère!
Entends-tu bien?
ORPHÉE, à part.
La fleur se tourne vers le jour, L'enfant vers le bonheur!
CREUSE, aux eutauts.
Ainsi, dans cette cour, Près de moi, vous restez sans crainte, sans détresse?
MÉLANTUE.
Oh! oui! sans vous, hier, nous mourions de tristesse.
JASON, à Creuse.
Vous Tentendez!
CRÉL'SE, aux enfants, en Uiw i.wv..vu. >- '-i*.
Venez!
(Les enfants se jettent dans les bras de Creuse, et forment groupe avfo «11.. tandis que Jnson les regarde avec joie.)
> R PH É E, les regardant, et à part.
Pauvre Médée!... Hélas!
Knvers loi InuL lus pousse à devenir ingrats, Oui, tout, jusqu'à l'élan de la reconnaissance!
(Allant aux enfants.)
Knfanls! et votre mère?
J A s 0 .N , avec irritation.
Encore !
ORPHÉE, continuant.
En son absence Vous ne l'aimez donc plus? Et sans un repentir, Sans un regret, demain vous la verrez partir?
LVCAON.
Nous l'aimons toujours, mais...
ORPHÉE
Mais...
LYCAON
Creuse est si douct
ORPHÉE
Et votre mère... Eh bien?...
JASON
Leur mère les repousse!
LYCAO.N.
Je ne dis pas cela...
Non, mais je lis la peur En tes yeux...
MKDKE. 295
ORPHÉE, regardant Lycaon.
Moi je lis plus avant! Ciel vengeur I Leur as-tu donc remis le soin de la colère? As-tu chargé les fils de châtier la mère? Est-il dans tes décrets qu'ils soient ingrats?
JASON
Amis,
(Il réunit dans ses mains celles de Creuse et des enfants.)
Venez! dans mon amour tous trois je vous unis.
(Us remontent tous la scène, et l'on voit au fond, sous le vestibule. Creuse et Jason se dire adieu avec tendresse.)