‹ Avec préfaceChapitre 15 sur 196 · I. A COMTESSE, nvec effroi · texte numérisé non relu

I. A COMTESSE, nvec effroi

(>riei:

L K u N i K, vivement et m levant da canapé.

Je me tairai, ma tante, je me tairai, je vous le jurt Je vous aiderai à le protéger, à le défendre... j'y suii bien forcée maintenant... ne fût-ce que par reconnaissance...

LA COMTESSK, avec impaiieuce.

Mais tout cela ne m'explique pas...

L IRONIE, avec joie

G est juste. ..il me semble que tout le monde doit savoir... et il n'y a que moi... c'est-à-dire nous deux... Yoilà donc que nous galopions dans le parc avec m-

oncle, quand tout à coup son cheval prend peur, la ponette en fait autant et m'emporte du côté du bois. Déjà ma jupe s'était accrochée à une branche ; j'allais être arrachée de ma selle, et traînée peut-être sur la route, quand Charles... M. Charles, se précipite à terre, se jette hardiment au-devant de la ponette, l'arrête d'une main, me retient de l'autre, et me dépose à moitié évanouie sur le gazon.

LA COMTESSE

Brave garçon !

LÉONIE

Et malgré cela j'étais d'une colère...

LA COMTESSE

Tu lui en voulais de te sauver?

LÉONIE

Non pas de me sauver, mais de me sauver avec si peu de respect! Imaginez-vous, ma tante, qu'il me prenait les mains pour me les réchauffer... qu'il me faisait respirer un flacon... je vous demande si un domestique doit avoir un flacon... et qu'il répétait sans cesse comme il aurait fait pour son égale... «Pauvre enfant ! pauvre enfant ! »... Je ne pouvais pas répondre, parce que j'étais évanouie... mais j'étais très en colère en dedans. Et lorsqu'en ouvrant les yeux, je le trouvai à mes genoux... presque aussi pâle que moi, et qu'il me tendit la main en me disant : « Eh bien ! chère demoiselle, comment vous trouvez-vous ? » mon indignation fut telle que je répondis par un coup de cravache, dont je frappai la main qu'il osait me tendre... puis, je fondis en larmes... sans savoir pourquoi...

LA COMTESSE, avec un commencement d'inquiétude.

Eh bien, après?

LÉONIE

Après ?... Jugez de ma surprise, de ma joie, quand je

le vis se relever en souriant... découvrir sa tôte avec un

grâce charmante, cl me dire, apr^s m'avoir salué»»: «Que votre légitime orgueil no s'alarme pas de ma lém»*'rilé, mademoiselle ; celui qui a osé tendre la main mademoiselle do Villogontier, ce n'est pas Charles, le valet de clirin»]»»*.' r'^vi M îl«^iitî ili- riivÎL'iipiiî î.proscrit.

Page 1