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A la bonne heure, au moins, (ku* «orto SCÈNE XII
LA COMTES-
Elle l'aime! Pourquoi ne raimcrait-elle pas?... N'e>' elle pas jeune comme lui? riche et noble comme lui? Pourquoi d«»nc souffré-je tant de cette pensée? Pourqupendant quelle me parlait... ressenlais-je contre elle n sentiment de colère... d'aversion, de... Non, ce n'est pa^ possible! depuis quinze jours ne vcillais-je pas sur lui comme une amie... ne lui parlais-je pas comme un m» ro?... ce matin, ne l'ai-je pas remercié de ce qu .. m'appelait «* ma sœur? » Ah! malfjrrémoi le voile tombe!. . ce langage maternel n'était qu'une ruse de mon cœi: pour se tromper lui-mt^me... je ne cherchais dans r< titres monteurs de sœur ou do mère qu'un préle.xtc, qn lo droit de ne lui rien cacher de ma tendre-sse... Ce n'c pas de l'intérot... de l'amitié... du dévouement... c'est <l l'amour!.. . J'aime!... tAvec effroi.) J'aime I... moi I et rn rivale, c'est l'enfant de mon cœur, c'est un angedeprût ■ de bonté... Ah! tu n'as qu'une résolution à prendre! rei forme, renferme ta folle passion dans ton cœur comm
une honte, cache-la, étouffe-la! (Apre» un moment de «ilen..
Je ne peux pas! Depuis que ce feu couvert a éclaté .: mes propres yeux, depuis que je me suis avoué mon amour à moi-même... il croit à chaque pensée, àchaqn parole!... je l.e sens qui m'envahit comme un flot qn, monte!... (Avec résolution.) Ehbicn! pourquoi le combattre/
BATAILLE DE DAiMES. 37
Léonie aime Henri, c'est vrai... mais lui, il ne l'aime pas encore... il aurait parlé, s'il l'aimait... elle me l'aurait dit, s'il avait parlé.... (Avec joie.) Il est libre! eh bieni qu'il choisisse!... Elle est bien belle déjà... on dit que je le suis encore... Qu'il prononce!... (Avec douleur.) Pauvre enfant!... elle l'aime tant!... Ah Dieu! je l'aime mille fois davantage! Elle aime, elle, comme on aime à seize ans, quand on a l'avenir devant soi et que le cœur est assez riche pour guérir, se consoler, oublier et renaître!... mais à trente ans notre amour est notre vie tout entière. . . Allons! il faut lutter avec elle... luttons... non pas de ruse ou de perfidie féminine... non ! mais de dévouement, d'affection, de charme... On dit que j'ai de l'esprit, servons-nous-en... Léonie a ses seize ans, qu'elle se défende!... et si je triomphe aujourd'hui... ah! je réponds de l'avenir... je rendrai Henri si heureux que son bonheur m'absoudra du mien ! (Après un moment de silence.) Mais triompherai-je? sais-je seulement s'il m'est permis de lutter?... qui me l'apprendra? Quand on a un grand nom, du crédit, de la fortune... ceux qui nous entourent nous disentils la vérité?... (Elle prend sur la table à gauche un miroir.) Ma maiU'
tremble en prenant ce miroir... ce n'est pas le trouble delà coquetterie... non, c'est mon cœur qui fait trembler ma main... je ne me trouverai jamais telle que je voudrais
être... ne regardons pas!... (Après un moment d'hésitation, elle regarde, fait un sourire et dit ensuite :) Oui!.. mais il en a trompé tant d'autres ! (EUe remet le miroir sur la table et aperçoit la lettre que de Grignon avait mise dessous.) Qucllc CSt CCttC lettre?... A madame la comtesse d'Autreval !... (Regardant la signature.) Dc M. de Grignon! Eh bien!., lisons! (Au moment où elle ouvre la" lettre, de Grignon paraît au fond.)
SCI m: Mil