‹ Avec préfaceChapitre 191 sur 196 · SCENE X · texte numérisé non relu

SCENE X

Les MÊMES, LA COMTESSE».

LA COMTESSE, paraissant k gauche,

A moi?...

VILLENEUVE

Oui, madame... un entretien est nécessaire entre vous et moi...

MADAME TAVERNIER

Nous VOUS laissons.

VILLENEUVE

Pour un instant seulement.

SUZANNE

Et moi aussi, cher père?...

VILLENEUVE

Et toi aussi ! (Madame Tavemler, Edith, Paul, Suzanne et le colonel s'éloignent par le pan coupé k droite.)

1. Paul, le colonel, la comtesse, Villeneuve, madame Tavernier, Edith.

- ' 1 \ i \ i LA C0MTK66E, VILLENEUVE.

LA COMTESSE

Parlez, monsieur Villenouve; je vous écoule!

VILLENEUVE

Madame, la réputation de ma ûlle est flétrie, sa vie est perdue !...

\K i.nMTi:ssE.

Flétrie î... perdue

VIL LIINKLVE.

On dit tout haut que ma fille est la maltresse de votre lils... qu'elle n'a offert sa main à Joseph que pour couvrir sa liaison avec votre fils !...

LA Comtesse.

QuoUe infamit ;

VILLENEUVE

Je l'ai entendu... moi... il y a une heure, à Dieppe, en plein jardin public, de la bouche de cette Laurence !

LA comtesse.

Qu'importent de telles calomnies?... Qui les croira ?

\ ILLKNEUVi;.

Qui?... Joseph I... II les croit déjà î...

LA COMTESSE

M. Joseph?...

Il retire sa parole I...

LA COMTESSE

Lui?...

VILLENEUVE

Gomment ces bruits sont-ils arrivés jusqu'à lui?...

MISS SLZANXi:. ijl

Cette femme Ta-t-ellc avi^rti? Je Tignore!... mais cr. (|iio je sais, c'est que, quand Joseph est arrivé... quand je lui ai parlé de son mariage, il m'a déclaré qu'il lui était impossible d'épouser Suzanne... Ah ! il faut que je sache tout... cl c'est à vous dame répondre, madame...

LA COMTESSE

Comment?...

VILLENEUVE

Il n'y a plus ici ni artisan ni grande dame. C'est un père qui parle à une mère... qui interroge une mère !...

LA COMTESSE

M'interroger... sur quoi?...

VILLENEUVE

Sur elle!... sur lui!... sur vous!... Toute calomnie a un point de départ ! Quels étaient les rapports de votre fils et de Suzanne ?... Je les ignore ; moi je ne les voyais jamais ensemble !... Mais vous... vous les réunissiez souvent, vous les conduisiez ensemble au théûtre, aux promenades... Quelle était leur manière d'être l'un avec l'autre?

LA COMTESSE, avec embarras.

Celle de deux personnes du monde!... des relations amicales...

VILLENEUVE

Rien de plus... ?

LA COMTESSE

Rien de plus !... Pouvez-vous croire... ?

VILLENEUVE, avec violence.

Que ma fille soit coupable?... Je l'aurais tuée si je le croyais! Non!... non!... Mais sans aller jusqu'à une faute... c'est à votre conscience que je fais appel !... n'ont-ils pas pu aller jusqu'à l'amour?... N'avez-vous pas surpris entre eux..,? (Avec larmes.) Ah! pardon!... pardon!... je vous offense!... Est-ce que, si vous aviez rien aperçu,

T. in. 24

422 c OMÉDIi: RAMES.

VOUS ne m'auriez pas averti?... est-ce que vous n'auriez pas protégé ma fille contre votre fils ?. . . contre elle-môme ? Oh! je suis un ingrat! Pardonnez-moi, mais je suis si

malhcuroux !...

1 \ COMTESSE, tr.-» émue.

Monsieur Villeneuve!...

VILLENEUVE

Depuis un mois, je suis plein de soupçons... d'ombrages 1... d^ craintes!... Kt tonoz, il n'y a pas jusqu'à votre attitude avec moi, maintenant, qui ne m'inquiète!...

(Ml. voulez-vous dire !

VILLENEUVE, i - :- • et U regard an t

Pourquoi mes paroles semblent-elles rasser?... Pourquoi vos regards sembloni-iis ovilli les miens?... Pounjuoi à ma première demande, au lieu de juier...?

l.A COMTKSSE, vivement.

1)( \Mii> jiti' 1 . <|uoi ?... Que Suzanne est la plus noble créature quejeconnaisse?... Je le jure!... Que toute personne qui Paccuserait serait infAme?... Je le jure!... Que tout homme qui la repousserait serait un insensé et un l}\che?... Je le jure !..

VILLENEUVE

Eh bien, jurez-le donc à Joseph !...

LA COMTESSE

M. Joseph?

viLij. M.r\i:.

(Vest devant VOUS qu'il faut qu'il l'accuse... C'est devant

lui qu'il faut que vous la défendiez... (Apercevant Joseph.) Le

voici ; je confie notre honneur au vôtre. — Approche, Joseph.

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