SCÈNE II DE GRIGNON, LA COMTESSE, sortantd«rApp«rt«iiM«t à droit
LA COMTKSSE, di'.iraU*.
Ah! c'est vous, mon cher de Grignon!...
DE GRIGNON, 4 part.
Elle a dit mon cher de Grignon!...
LA COMTESSE, qui a l'air préoccupô et regard* dani la aalle de >>al.
Eh ! pourquoi donc n*ôtes-vouspas dans la salle de bal .' Un bal champôtrc au milieu du salon : le château et l.i erme... grands seigneurs et femmes de chambre...
DE GRIGNON
J'étais ici... m'occupant de vos int^rôts... Une do vos fermes où le feu avait pris... mais il est éteint, par malheur pour moi...
LA COMTESSE, «listraite.
Comment cela?
DE GRIGNON, avec chaleur.
J'aurais été si heureux de m'exposer pour vous!... car, sachez-le bien, je vous aime plus que moi-môme... plus que ma vie.
LA COMTESSE, riant, mais réveose.
C'est beaucoup!
I»K GRIGNON
Vous en doutez?
LA COMTESSE
Vous m'aimez bien, je le crois; mais plus que la vie... non !... Vous n'assistiez seulement pas à notre concert.
DE GRIGNON, avec enthousiasme.
J'y étais, madame!... j'ai entendu votre admirable duo avec votre nièce... Quel enthousiasme général!... vos gens eux-mêmes, qui écoutaient de l'antichambre... étaient ravis... transportés... un surtout... votre nouveau domestique...
LA COMTESSE, vivement.
Charles!...
DE GRIGNON
Oui, Charles... Il criait brava encore plus fort quemoj...
LA COMTESSE, avec afTectation.
Ah! ce cher de Grignon, que j'accusais... que je méconnaissais!...
DE GRIGNON, à part.
Je l'ai ramenée enfin au même point que ce matin.
LA COMTESSE
Ainsi, vous et Charles, vous m'applaudissiez?...
DE GRIGNON, apercevant Henri qui entre par le fond.
Mais certainement... Et tenez, il pourrait vous le dire lui-même, car le voici qui vient de ce côté...
LA COMTESSE, à part.
Lui!... (Vivement, à de Grignon.) Mon ami... j'ai CU dCS tortS
avec VOUS... je veux les réparer... Allez m'altendre dans le salon, et nous ouvrirons le bal ensemble...
DE GRIGNON, avec ivresse.
J'y cours... madame... j'y cours! (S'éloignant par la droite).
Cela va bien ! cela va bien !
48 CoMKDl! 'RAMES.