‹ Avec préfaceChapitre 95 sur 196 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

DELPIERRE, puis CLAVEL.

DELPIERRE) cachetant »& lettre.

Avec cette lettre... (Il lève la tète et aperçoit Clavel qui parait au

fond.) Monsionr Clavel !

( T.AVEL.

Moi-même.

DEL 1' 1 I-, h H I-., avec irritation.

Vous, chez moi, monsieur!

CLAVEL

Faï^ d\iiii»uiUiii«jiil, monsieur; il ol <i«;> liuiiiiiie> (lui n'ont pas le droit do s'emporter l'un contre l'autre, parce qu'ils n'ont pas le droit d'aller plus loin. Une rencontre entre vous et moi n'est pas possible, vous le savez bien : veuillez donc imposer silence à votre irritation et écoutez-moi.

Je vous écoute.

CLAVEL

Fernand n'est pas parti.

DELPIERRE, vivement.

Qui l'a retenu ?

CLAVEL

Moi.

UN!': SMPAi; A'IIoX. 213

iji. 1. l'i i;nn I,.

Vous?

CL A V EL

Au sortir de son entretien avec sa mère et avec vous, il est accouru chez moi tout éperdu et s'est jeté dans mes bras, car il y a bien souvent trouvé consolation et bon conseil. Son premier de'sespoir passé, je lui ai parlé le langage de la raison et je me suis adressé à son cœur. Je lui ai fait sentir qu'il manquait h tous ses devoirs de fils en s'engageant ; que vous quitter tous deux c'était vous accuser tous deux; que quand on avait une mère comme la sienne, ajouter une peine à son immense fardeau de douleurs, c'était un crime; que je n'avais pas mission de vous défendre, vous, monsieur, auprès de lui, mais qu'enfin vous étiez son père, que votre tendresse pour lui était, (lo l'aveu même de sa mère, immense...

DELPIERRE.

Vous dites bien, monsieur, immense !

CLAVEL

Que, par conséquent, après avoir tout fait pour vous l'éconcilier, il n'avait plus qu'un devoir, c'était de fermer les yeux sur un secret qui ne lui appartient pas, de s'en interdire absolument la recherche, puisqu'il ne vous convenait ni à l'un ni à l'autre de le lui révéler, et de consacrer sa vie à alléger des douleurs qu'il ne pouvait pas effacer et à panser des blessures qu'il ne pouvait pas guérir. A mesure que je parlais, je voyais se détendre sa figure et s'amollir son cœur... le pauvre garçon !... Je le connais si bien ! Et je l'aime tant ! Quand j'eus fini, il fondit en larmes, et me dit d'une voix brisée : Écrivezleur que je reste !

DELPIERRE, avec émotion.

Ce que vous avez fait là est d'un bien galant homme,

214 COMEDIKS L. i^.vAMJ-

monsieur, et si certaines paroles n'étaieni |..i> iiilenlitcs entre nous, je vous dirais que je vous remercie.

CLAVEL se lève.

Attendez, monsieur, je n'ai pas achevé. A peine Fernand éloigné, j'allai aussitôt déposer chez madame Delpierre un mot pour la rassurer, et je rentrais chez moi pour vous écrire, quand je trouvai quehiues lignes de Fernand qui me détermint'rent h. venir vous trouver moimême.

n KL PI EH RE, inmùet.

Il Vous ;i f'rrit ■.\\}vb< vous avoir quitté. l'miKiiK.i?

CLAVEL

Voioi sa lettre. (Lisant.) « Mon cher ami, je suis resté parce que vous l'avez voulu. Peut-être avez-vous eu tort de me retenir. Un événement qui pourrait devenir grave va m'obliger à recourir de nouveau à votre amitié. Je serai chez vous dans une heure. »

DELPIERRE.

Qu'est-ce que cela peut être ?

CLAVEL

Je courus sur la plage dans l'espoir de l'y rencontrer... Personne ! mais j'appris là, d'un de mes amis, qu'une demi-heure auparavant il s'était élevé entre Fernand et

deux messieurs...

DELPIERRE, vivement.

Une querelle?

CLAVEL

Une altercation du moins, une altercation de paroles, mais de paroles vives.

DELPIERRE, très éperdu.

C'est un duel !

CLAVEL

Calmez-vous...

DELPIERIIE.

C'est un duel I (Reprenant la lettre.) Voycz-vous les mots de cette lettre: « Un événement qui peut devenir grave... J'aurai recours à votre amitié... » C'est comme témoin qu'il compte sur vous.

CLAVEL

Silence 1 le voici!

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