‹ Avenir des Canadiens-FrancaisChapitre 2 sur 5 · DES · texte numérisé non relu

DES

MONTREAL

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Un iriot eiu. Lecteur.

Un mot au lecteur, c'est pour répondre aux désirs de plusieurs personnes chez qui le patriotisme n'est pas encore un feu mourant que je publie cette étude, maintes fois donnée déjà, sous forme de conférence. Je le ferais avec crainte, vu mon jeune âge, si je n'étais pas sûr d'être l'humble mais sincère écho des pensées et des sentiments qui nous agitent à l'heure actuelle.

En outre, dans un pays jeune comme le nôtre, le premier devoir du littérateur est de mettre sa plume au service de sa patrie. Faire surgir de l'oubli les obligations nationales que nous ont léguées nos ancêtres, révéler les beautés, la poésie de notre nature sans rivale, notre âme elle-même, telle devrait être, je crois, la mission sacrée de l'homme de lettres, dans cette partie du Nouveau-Monde.

Mais pour atteindre cette fin désirable, il faut vendre ses œuvres à des prix populaires, afin qu'elles soient lues du petit négociant, de l'ouvrier aussi bien que de l'homme de profession C'est le moyen pratique peut-être de vider lestablettes du libraire et de garder de la poussière des vieux rayons les ouvrages de nos écrivains.

Quand on peut se procurer un chef-d'œuvre français-

pour dix, quÎQze et vin^t centins, pourquoi irait-on donner cinquante centins ou un dollar pour un livre de chez nous.

Tels sont en quelques lignes les motifs qui m'ont poussé à publier cet opuscule.

Si la jalousie qui nous est si fatale, n'étrangle pas ce premier-né littéraire le temps pourrait bien lui donner des frères et des sœurs, lesq'iels se suivront périodiquement.

Enfin, quelque soit le résultat, j'aurai toujours la satisfaction intérieure, d'avoir tenté un effort généreux pour la conservation de notre race, l'expansion de notre langue et notre progrès littéraire.

D'ailleurs elle est toujours vraie, cette belle poésie d'Alfred de Vigny, intitulée La bouteille a la mer et qui se termine par ces deux vers sublimes :

Jetons l'œuvre à la mer, la mer des multitudes, Dieu la prendra du doigt pour la conduire au port !

L'Auteur.

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