CHAPITRE XIII | ° NÉCESSITÉ DE CRÉER DES HOPITAUX SANATORIUMS
La tohe qui apparaît, à l'heure actuelle, la plus ingrate, est celle du médecin de disponsaire d'hygiène sociale,
Dans les grandes villes, un certain nombre de dispensaires sont en liaison direele avec les hôpitaux, Pour quelques-uns, les consultations out lieu dans les locaux mêmes des centres hospitaliers : de ce l'ait, Lo placement des malades, quoique restant parfois difficile, faute de lits Vaeants, se trouve cependant moins eompliqué.
Tous les dispensaires ne jouissent peut-être pas, partout, des !
mêmes avantages!
Dans les rapports officiels, en regard du nombre de tubereulux que les dispensaires parviennent À placer au cours d'une * danée, il serait instruetif de lire aussi le nombre de tubereuleux pour lesquels il Put impossible de trouver un lit disponible, quand il le fallait, ou encore, de connaître le temps moyen écoulé entre la proposition de LAINE faite par le mdetus et l'admission à E du malade, À
: On peut et on adtptadit lérailbdés méthodes roues ke de traitement, ehereher à dépister au. Re a niinés! I n'en est pas moins évident que l'effort
ù ol souvent absolument vain, Si Lun des 1 |
Parmi les malades chezlesquels l'intervention estcontre-indiquée ou irréalisable, tous n’entrent pas dans la catégorie des sujets sanatoriables 11
Pour ceux qui sont sanatoriables, il y a intérêt à prolonger Je repos pendant de longs mois; ce qui ne contribue pas à faire des vacances en intensifiant le roulement!
H reste donc, en définitive, un chiffre imposant de tuberculeux, et non des moins dangereux, pour lesquels il faut, non seulement abandonner toute idée de cure rationnelle, mais aussi, et surtout, toute idée d'isolement durable,
Qu'on ne se méprenne pas sur le sens de ces paroles : nous entendons parler du grand nombre de pluribacillaires pour lesquels, mises à partles surprises que réserve, parfois, l'effet du repos
absolu, l’action médicale actuelle reste totalement déficiente,
.… Nous connaissons tous l'embarras extréme où l’on est de trouver place pour les tuberculeux avancés qu'il est difficile de caser, même dans les services hospitaliers où, d’ailleurs, beaucoup ne veulent pas entrer... Le besoin d'établissements intermédiaires, entre l'hôpital et le sanalorium, est des plus impérieux.,, (4, Gui-
- nard, 1925).
Où puiserions-nous, par ailleurs, de meilleures preuves de cette nécessité de l'hôpital-sanatorium, si ce n'est dans la communication pleine d’intérét faite par les Pr Bezançon et Bernard à l’Académie de Médecine, le 167 avril 1924? — Nous lui empruntons toutes les citations qui vont suivre :
… En 1922, pour 853 propositions de placement d'adultes hommes, l'Office a placé 282 malades, et pour 1 522 propositions de placement d'adultes femmes, l'Office a placé 110 malades...
27, Toute er 8 sou qui ne comprendrait que des dispensaires aboutirait trés vite à une demi-faillite....
… Tout en proclamant bien haut qe la lutte antituberculeuse nécessite et doit comprendre la guerre À V’alcool, au taudis, l'amélioration de l'hygiène urbaïîne, extension des logements et des jardins ouvriers, nous croyons que la création de moyens nouveaux d’hospitalisation et d'isolement des tuberculeux, associés aux dispensaires, est la mesure essentielle...
.… Même en se plaçant au point de vue strict de l'isolement des
tuberculeux, Vhépital est imparfait, le malade ne veut y rester que LE les périvdes eue de Ja maladie; dès qu’il est amé-
É s Ébvoie, sur ce point, les conditions qui sont pe:
10 Article de M, G, Kuss, paru dans le Bulletin dy Conléé nbisru de dfenss contre la-wberculose, de mars-avril 1923,
20 Lo pratique des sanotoriwms, p. 907 (Le, Guinwrd, 1925),
lioré, il n’a qu’un désir : rentrer chez lui, ou aller dans un sanatorium. — Le véritable sanatorium avec toutes les dépenses qu'il entraîne, devrait rester un instrument de cure, et il y aurait lieu de créer surtout des hôpitaux-sanatoriums, situés au voisinage des villes, où pourraient être hospitalisés les tuberculeux atteints de formes trop graves pour guérir, mais, cependant, susceptibles d’amélioration.
Certes, ce sont là de gros sacrifices à prévoir! Mais ces sacrifices ne semblent-ils pas s'imposer?
Sans même envisager l'obligation de nouvelles constructions, il est des immeubles qui, convenablement aménagés et organisés, pourraient parfaitement remplir loffice d'hôpitaux-sanatoriums.
Qu'ils réalisent, de préférence, les conditions prévues par la loi, pour le sanatorium! Nul ne songerait à le contester. Mais à l'heure présente, nous n'avons guère le droit de nous montrer trop difficiles.
En ce qui concerne l’hôpital-sanatorium, faut-il prendre à la lettre, de manière stricte, les termes mêmes du décret du 10 août 1920: «Les sanatoriums doivent être situés à la campagne, à distance des routes très fréquentées et des agglomérations humaines...? » S'il en était ainsi, combien de services réservés aux tuberculeux, en plein centres urbains, devraient être immédiatement fermés!
Nous voulons plutôt retenir sur ce point que :
… lorsque l'installation et le fonctionnement (des hôpitaux spécialisés et des hôpitaux-sanatoriums) sont conformes aux règles de l'hygiène, ils ne présentent aucun danger pour la population. (L. Bernard, 1921.)
Les organisations antituberculeuses solides ont créé un nombre de lits équivalent à celui des décès par tuberculose dans les collectivités auxquelles elles s’attaquaient. C’est bien là la condition qui paraît là-bas (aux États-Unis) constituer une sorte de critérium : autant de lits de tuberculeux que de décès par tuberculose.
Il nous reste fort à faire pour joindre cet idéal.