‹ Aventures de Télémaque suives du recueil des Fables. Composées pour l'éducation de Monseigneur le Duc de BourgogneChapitre 14 sur 228 · LIVRE ir · texte numérisé non relu

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pris tous les sages vieillards qui avaient eu la confiance de S09 père. G^était un monstre, et non pas un'roi. Toute l'Égypte gémissait; et quoique le nom de Sésostris , si cher aux Égyptiens, leur fit supporter la conduite lâche et cruelle de son fils , le fils courait à sa perte ; et un prince si indigne du trône ne pouvait longtemps régner.

li ne me fut pluspermisd'espérer mon retour en Ithaque. Je demeurai dans une tour sur le ix)rd de la mer auprès de Péluse^ où notre embarquement devail; se faire , si Sésostris ne fut pas. mort. Méthophis avait eu Tadfesse d« sortir de prison , et de se rétablir auprès du nouveau roi : U m'avait fait renfermer dans cette tour, pour se venger de la disgrâce que je Jui^avais^ausée. Je passais les joyrs et les nuits daqs une profonde tristesse : tout ce que Termosiris m'avait prédit, et tout ce que j'avais entendu- dans la caverne, ne me paraissait plus qu'un songe, j'étais abimé dans.la plus amère douleur. Je voyais les vagues qui venaient battre le pied de la tour où j'étais prisonnier •* souvent je m'occupais à considérer des vaisseaux agités par la tempête , qui étaient en danger de se briser contre les rochers siij: lesquels la tour était bâtie. Loin de plaindre ces hommes menacés du naufrage, j'enviais leur sort'. Bientôt, disais-je en moi-même , i]s finiront les malheurs dé leur vie , ou ils arriveront en leur«pays. Hélas ! jB ne puis espérer ni l'un ni Tautre.

Pendant que je me conspmais ainsi en regrets inutiles , j'aperçus comme une forêt de mâts de«vaissQaux. La mer était couvenjte de voilesi^ue les vents enflaient ; Tondeétait' éeumante sous les coups des rames innombrables. J'entendais de toutes parts des cris confus; j'apercevais sur le rivage une partie des Égyptiens effrayés qui couraient aux armes, et d'autres qui semblaient aller au-devant de

cetteflotte qu'onvoyatt afriver. BientAt Je reconnus qi ces vaisseaux étrai^ers étalent les atisde Phénicle , et ]i aubes de rUe de Chypre;cBT mes malheurs comnaenraiej Àmereudreexpérimentésurce qui regarde lanavigatioi Les Ëgyptfens me parurent divisés entre eux : Je n'eu aucune peine à croire que l'insensé Bocchorls avait, pa ses violences , causé odr révolte de ses sujets , et alium la guerre civile. Je fus , du haut de cette tour, spectateu d'un sanglant combat. Les Egyptiens qui avaient appelé leur secours les étrangers , après avoir favorisé leur deS' cente , attaïuèrent les autres Egyptiens, qui avaient 1 roi à leur ttte. Je voyais ce toi qui animait les Biens pa son exemple ; il paraiâatt comme le dieu Mars ; des ruis seaux de sai^cotilaieal autour de lui ; les roues de soi cbar étaient teintes d'un sang noir, épais et écumant : i peine pout aient- cl les poMcr sur des tas de corps mort écrasés. Ce jeune roi , bien fait , vigoureux , d'une mim haute et iière, avaitdans ses yeux la fureur elle désespoir il était Botnme un beau cbeval qui n'a point de bouche ;soi courage le poussait au hasard , et la sagesse ne modéraii point sa valeur. Il ne savait ni réparer ses fautes^ni don' ner des ordres précis, ni prévoir les maux qui le mena' çaieut, ni ménager les gens dootil avait le plus grand besoin. Ce n'était* pas qu'il manquét de génie; ses luraièm cgalalentsotr courage: mais ilii'ovait jamais été instruit par la mauvaise fortune ; ses maltivs avaieut empoisonne parlallntteiieson beau naturel. M était enivré de sapuissimee et de son honhcur; il croyait que tout devait céder à ses désirs fougueux : la moindre résistance enflamma!! su colère. Alors il ne' rnisominit plus; Il était coiunic hoi'S'de lui-même : son orgueil furieux en faisait une bélr fai'ouche; sa honte nutniclle et sa droite raison rBbnud<>u-

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