XXI. Le jeune Bacchus et le Faune
Un jour le jeune Bacchus , que Silène instruisait , cherchait les Muses dans un bocage dont le silence n'était troublé que par le bruit des fontaines et par le chant des oiseaux. Le soleil n'en pouvait , avec ses rayons , percer la sombre verdure. L'enfant de Sémélé , pour étudier la langue des dieux , s'assit dans un coin au pied d'un vieux chêne, du tronc duquel plusieurs hommes de l'âge d'or étaient nés. U avait même autrefois rendu des oracles , et le Temps n'avait osé l'abattre de sa tranchante faux. Auprès de ce chêne sacré et antique se cachait un jeune Faune, qui prétait l'oreUle aux vers que chan tait l'enfant , et qui marquait à Silène , par un ris moqueur, toutes les fautes que faisait son disciple. Aussitôt les Naïades et les autres Nymphes du bois souriaient aussi. Ce oritique était jeune, gracieux et folâtre; sa tête était couronnée de lierre et de pampre ; ses tempes étaient ornées de grappes de raisin ; de son épaule gauche pendait sur son côté droit , en écharpe , un feston de lierre : et le jeune Bacchus se plaisait à voir ces feuilles consacrées à sa divinité Le Faune était enveloppé au-dessous de la ceinture par la dépouille afi&eusé et Uérififiée d'une jeune lionne qu'il avait tuée d&s les forêts. Il
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tenait dans sa main une houlette courbée et noueuse. Sa queue paraissait derrière, comme se jouant sur sxm dos. Mais comme Bacchus ne pouvait soufMrun rieur malin, toujours prêt à se moquer de ses expressions si elles n'étaient pures et élégantes , il lui dit d'un ton fier et impatient : 'Gomment oses-tu te moquer du fils de Jupiter? Le Faune répondit sans s'émouvoir : Hé ! conunent le fils de Jupiter ose-t-il £adre quelque £aiute.'