UVRE IX
hqoeUe nous faisons la paix , combien nous sommes éloignés de vouloir âdre la guerre par une vaine gloire, ou par riojuste avidité de nous agrandir au préjudice de nos voisins. Mais que peut-on faire quand on se trouve auprès d'un*^^ prince violent , qui ne connaît point d'autre loi que son intérêt, et qui ne perd aucune occasion d'envahir les terres des autres États? Ne croyez pas que je parle d'Idoménée : dod; jen'ai plus de lui cette pensée : c'est Adraste, roi des Dauniens y de qui nous avons tout à craindre. Il méprise les dieux y et croit que tous les hommes qui sont sur la terre ne sont nés que pour servir à sa gloire par leur servitude. S ne veut point de suj ets dont il soit le roi et le père ; il veut des esclaves et des adorateurs ; il se fait rendre les honneurs divins. Jusqu'ici l'aveugle fortune a favorisé ses plus injustes entreprises. Nous nous étions hâtés de venir atta*quer Salente, poar nous défaire du plus faible de nos ennemis, qui ne commençait qu'à s'établir dans cette côte, afin de tourner ensuite nos armes contre cet autre ennemi plus puissant. Il a déjà pris plusieurs villes de nos alliés. Ceux de Grotone ont perdu contre lui deux batailles. Il se sert de toutes sortes de moyens pour contenter son ambition : la force et l'artifice, tout lui est égal, pourvu qu'il accable ses ennemis. Il a amassé de grands trésors ; ses troupes sont disciplinées et aguerries , ses capitaines sont expérimentés; il est bien servi; il veille lui-même sans cesse sur tous ceux qui agissentparsesordres.il punit sévèrement les moindres fautes , et récompense avec libéralité les services qu'on lui rend. Sa valeur soutient et anime celle de toutes ses troupes. Ce serait un roi accompli , si la justice et la bonne foi réglaient sa conduite ; mais il ne craint ni les dieux, ni le reproche de sa conscience. Il compte même pour rienia réputation ; il la regarde comme un vain fantôme qui
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ne doit arrêter que les esprits faibles. Il ne compte pour ui| bien solide et réel que l'avantage de posséder de grandes richesses, d*être craint, et de fouler à ses pieds tout le genre humain. Bientôt son armée paraîtra sur nos terres ; et si l'union de tant de peuples ne nous met en état de lui résister, toute espérance de liberté nous sera 6tée. G*est l'intérêt d'Idoménée, aussi bien que le nêtre , de s'opposer à ce voisin, qui ne peut souffrir rien de libre dans son voisinage. Si nous étions vaincus, Salente serait menacée du même malheur. Hâtons-nous donc tous ensemble de le prévenir.
Pendant que Nestor parlait ainsi , on s'avançait vers la ville ; car Idoménée avait prié tous les rois et tous les principaux chefs d'y entrer pour y passer la nuit.