‹ Aventures du temps passéChapitre 25 sur 37 · VIL · texte numérisé non relu

VIL

Ainsi tout le bonheur de la veille *était maintenant corrompu. Dans ces tendresses qui faisaient fondre son cœur, dans ces baisers qui mettaient la flamme en ses veines, il n'y avait qUe mensonge. Pas un seul n'était vrai de ces élans qui l'avaient porté au ciel. U avait eu entre ses bras une créature froide, intéressée.

119 GARACTÈRBS ET RÉCITS t>U TEMPS.

maîtresse d'elle-même^ calculant le prix de chacune des caresses dont elle l'enivrait. Il eut envie de ne p^ la revoir ; puis cet ardent et adoré visage, tel qu'il l'avait vu dans les heures amoureuses, revint a son esprit et l'attira avec une incroyable puissance. Quelques instants après la visite de LioneU William se rendit chez miss Jane.

Quand son amant entra chez elle, la comédienne était couchée sur un divan, les joues pâles, les yeux animés et les lèvres vermeilles, vêtue d'une longue tobe du matin en velours noir, qui laissait voir iôus les mouvements et tous les contours de son corps. Elle tendit la main à ÂViliiam. Elle avait Une de ce^ petites mains féminines, animées d*un fluide mystérieux, qui ne peuvent s'appuyer Sur les vAtres sans vous jeter dans un étrange état de frisson. William mit sur les doigts de Jane un baisef enflammé et rapide ; puis il s^éloigna d'elle en passant la main sur son front, et se prit à la regarder avec une tristesse mêlée de peur.

— Qu^ivez-vous à me regarder ainsi, William? dit-elle, que se passe-t-il en vous?

— Jane, fit William, pourquoi ne me donnezvous pas ce matin le nom que vous me connaissi^ hier au soir? pourquoi ne m'appelez-vous pas marquis de Coi bridge ?

Miss Jane cacha sa tête dans ses mains et gard^ yp moment de silence. William la contemplait avec an-

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