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LES ANCÊTRES D'AVENZOAR

Vers le début du x« siècle de l'ère chrétienne, l'attention de l'Espagne musulmane se tournait déjà vers une famille qui avait émigré de TArabie et qui tirait son origine de l'un des groupes ethniques les plus anciens et les plus célèbres, la tribu de 'Adnân. Elle s'était d'abord fixée à Jefn CâtibàS dans l'est de l'Andalousie, d'où ses descendants, sous le nom générique d'Ibn Zohr, se répandirent sur la péninsule ibérique : le plus illustre d'entre eux fut Abu Merw^ûn 'Abdelmalik, le grand Avenzoar.

Les sources où l'on peut puiser pour étudier l'histoire de ce savant sont les suivantes :

1" Le grand ouvrage intitulé 'Oyiui el-anba fi tabaqât el-atibbiV (Sources de renseignements sur les différentes classes de médecins), dû à Muwaffiq ed-dîn Abu 'l-'Abbâs Ahmed ibn El-Qâsim ibn Kalîfà ibn Yûnes Es-sa'dî EI- Kazrajî, habituellement désigné par son surnom d'Ibn Abî

1. Ce nom s'est transformé en Xativa. Sur Temploi de i^,^^^ dans le sens d' « enceinte, partie d'une ville entourée de murailles », cf. Dozy, Supplément aux dictionnaires arabes (Leyde, Brill. Paris, Maisonneuve, 1881, 2 vol. in-4"). — Au sujet de ^o^i^iuo des Avonzoar, cf. Kitâh ettekmilà li Kitâh es-silà, publié par Codera sous le titre de Complenientum lihri assilah (Madrid, Joseph de Hojas, 1887, et Michel Homero, 1889, 2 vol. in-4), t. I, p. 76.

Osaybi'à*. Cet auteur, médecin lui-même, était originaire de Damas; il vécut de 1203 à 1270 G. et fut le comtemporain des derniers descendants d'Avenzoar,

2° Le recueil biographique composé, sous le titre de Kitâb et-tekmilà li kitâb es-silà (Complément du livre intitulé « La sila »), par un Arabe d'Espagne nommé Abu 'Abdallah ibn El-Abbâr, mort en 1260 G, et, par conséquent, contemporain d'Ibn Abî Osaybi'à. Cet important ouvrage a été publié par M. Godera dans la Bibliotheca arabico-hispana. Deux articles y sont consacrés aux Avenzoar : l'un porte le numéro 255 et concerne Abu 'l-'Alâ*; l'autre, sous la cote 1717, s'applique à Abu Merwân 'Abdelmalik, c'est-à-dire au grand Avenzoar'.

3° Les ouvrages mêmes d'Avenzoar et, en particulier, le Teysir*' qui passe, à bon droit^ pour le plus important de tous.

On trouve aussi quelques indications sur le célèbre médecin dans des ouvrages d'histoire générale tels que le Nafh et-tib d'EI-Maqqârî et le Mujib fi talkis akbâr el- Marrib de 'Abdelwâhid El-Merrâkucî. Mais c'est beaucoup moins Abu Merwân que son fils Abu Bakr Mohammed qui intéresse ces chroniqueurs. On comprend qu'il en soit ainsi : Abu Bakr n'était pas seulement médecin comme son père; il était aussi et surtout poète et, à ce titre, il est souvent cité par les auteurs. L'engouement pour la poésie était considérable chez les Arabes d'Espagne; la réputa-

1. T. II, pp. 64-75 de l'édition publiée au Caire, en 1882 C (1299 H), par Imru '1-Qays ibn Et-tahhàn, à l'imprimerie de Mustafâ Efeudi VVahbî, dite imprimerie wahbîyà. C'est ce même texte qui a été édité à Kœnigsberg par Aug. MùUer, en 1884, avec une préface. L'ouvrage existe en manuscrit dans plusieurs bibliothèques de l'Europe; la Bibl. Nat. de Paris en possède deux beaux exemplaires.

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