‹ Avenzoar, sa vie et ses œuvresChapitre 7 sur 80 · Kitâh et-tekmilà, op. laud., t, I, p. 76, n · texte numérisé non relu

Kitâh et-tekmilà, op. laud., t, I, p. 76, n

3. Sur la généalogie d'Iyâd, cf. notamment Ibn Kallikàn, Wafayât el- A'yân, biographie d'Ibn Abî Duwâd.

laquelle, il est vrai, Ibn Kallikân' s'accorde avec Ibn El- Abbâr, nous ignorons Tépoque précise à laquelle la famille arriva en Espagne. Wiistenfeld donne comme « vraisemblable » la date de 912 de l'ère chrétienne (330 de l'hégire), sans indiquer, d'ailleurs, les bases de son hypothèse ^ En réalité, les auteurs arabes sont muets sur cette question qui n'avait pas pour eux, c'est trop clair, une importance capitale.

En ce qui concerne le descendant immédiat de Zohr Ellyâdî, une divergence sépare Ibn El-Abbâr d'Ibn Kallikân. Tandis que le premier le nomme Kalef, le second l'appelle Merwân ; le désaccord se poursuit jusqu'à Abu 'l-'Alâ' Zohr ibn Abu Merwân 'Abdelmalik qui fait l'objet de l'article biographique d'Ibn El-Abbâr. Il est probable que la vérité est du côté d'Ibn Kallikân, car la généalogie qu'il retrace est en parfaite concordance avec celle d'Ibn Abi Osaybi'à, et cet auteur paraît autrement documenté que les deux biographes, puisqu'il raconte en détail la vie des divers personnages, étayant de références chacun de ces récits et citant les noms des narrateurs de qui il les tient.

On ignore l'époque à laquelle les descendants d'Ibn Zohr commencèrent à se répandre en Andalousie. Ce que l'on sait, c'est que la famille resta connue à Jefn Câtibà jusqu'au jour où les chrétiens s'en emparèrent et provoquèrent l'émigration des musulmans' au mois de ramadan 645 H {30déc. 1247-28 janv. 1248 G).

Abu Bakr Mohammed ibn Merwân.

Suivant Ibn Kallikân, Zohr El-Iyddî eut pour (ils Merwân. duquel naquit Abu Bakr Mohammed. Il fut le premier de la famille qui joua un rôle important dans la société de son

1 , Wafayât el-A'yân, édition Wiistenfeld (Gôllingen, Damerlich, 1835), no 683.

2, Geschichte der arabischen Aerzte, op. laud,, p. 88.

3, Cf. Ibn El-Abbâr, Kitâb et-tekmilà, op. laud., t. I, pp. 70-77.

14 AVENZOAR, SA VIE ET SES fKUVRES

époque. C'était un jurisconsulte fort distingué dont les avis faisaient autorité aux yeux des savants d'Espagne. Sa piété, sa droiture, sa générosité étaient notoires. Il mourut à Talavera en l'année 422 H. (1030-1031 G.), âgé de quatrevingt-six ans.

Abu Me/wân 'Abdelmalik ibn Mohammed ibn Mervân ibn Zohr.

Son fils 'Abdelmalik, surnommé AbûMerwân, embrassa la profession médicale oii il excella. Il était au courant de toutes les méthodes de son art et passait pour un praticien fort averti. Après s'être rendu à Qairouan et au Caire où il exerça longtemps la médecine*, il revint en Andalousie et se rendit à Dénia. Mujâhid* régnait alors sur cette cité ; il reçut le savant avec les plus grands honneurs et l'invita à se fixer auprès de lui. 'Abdelmalik s'empressa de déférer à ce désir et continua à être comblé d'égards.

Sa réputation franchit bien vite les limites de sa résidence et se propagea en Andalousie. L'originalité de ses vues contribuait à attirer l'attention. Ainsi il proscrivait les bains de vapeur, si chers aux Orientaux : il estimait que cette pratique exerçait sur les corps une action septique et troublait l'équilibre du tempérament. Le qâdi Sa'id, à qui Ibn Abî Osaybi'à emprunte ce détail, s'empresse de réfuter une pareille théorie. « C'est là, dit-il, une opinion que contredisent les anciens et les modernes, et dont l'inexactitude est attestée par les gens qualifiés aussi bien que par le vulgaire. Bien plus, quand on en use

1. C'est du moins ce que disent Ibn Abî Osaybi'à {'Oyûn elanba, t. II, p. 64) et Ibn ElAbbàr [Kitâb et-tekmilà, n° 1691). Mais il faut reniarquer qu"Ibn Kallikân (Wefayât el-a'^yân, n» 683) assure qu'il alla à Baghdad, puis au Caire et entîn à Qairouan. Ibn Backwàl, SUà, ne fait pas mention des Avenzoar).

2. Sur ce prince, cf. VHistoire des Almohades, de Merrâkucî, trad. E. Fagnan (Alger, Jourdan, 1893, in-4), p. 63.

avec les précautions nécessaires et suivant la gradation qui convient, le bain de vapeur constitue une pratique excellente et un auxiliaire précieux, car il dilate les pores et donne issue aux éléments grossiers des humeurs* de l'organisme, tout en mitigeant celles-ci. »

Ibn Abî Osaybi'à prétend que 'Abdelmalik quitta Dénia pour aller se fixer à Séville où il resta jusqu'à sa mort, dont il omet de nous donner la date. Cette affirmation est contredite par Ibn Kallikân ; dans son Kitâb el-wefayât*, celui-ci rapporte d'après le témoignage d'Abû Bakr ibn Zohr, arrière-petit-fils du défunt, que ce décès eut lieu à Dénia d'où 'Abdelmalik ne s'était plus jamais éloigné. Cette opinion a pour elle l'appui d'Ibn el-Abbûr. Après avoir célébré les mérites de 'Abdelmalik qui, d'après lui, était aussi savant juriste qu'habile médecin, ce biographe ajoute : « Il se fixa à Dénia et y mourut. Son tombeau est, ainsi que celui d'Abû '1-Walid El-Waqci, en face de la Vieille-Mosquée ; mais on ne peut les distinguer l'un de l'autre. J'ai fait des recherches à ce sujet, à l'époque où j'exerçais dans cette ville les fonctions de qâdî, en l'an 633, mais je n'ai retrouvé aucune indication. Es-Sâlimî parle de cette sépulture sans indiquer la date de la mort : j'estime qu'elle eut lieu vers l'an 470 »*.

Ajoutons que 'Abdelmalik laissa à ses héritiers une fortune considérable, leur assurant ainsi le moyen de se consacrer à la science.

1. Le mot CLiK^uiy^^ du texte cité par Ibii Al)i O^aybi'à ne se trouve pas dans les dictionnaires. C^est le pluriel arabe du grec x^M-^î (suc) pris dans son sens étymologique et non avec la signification moderne attribuée au mot « chyme » que nous en avons nous-même tire. Par le mot « humeurs » qu'employait l'ancienne médecine, il faut entendre les quatre liquides organiques que l'on distinguait alors dans l'économie.

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