DE LA PREMIERE EDITION
S'il ne fallait chercher dans l'histoire de la philosophie que dt^s résultats positifs et immédiatement applicables aux besoins de noire temps, on devrait reprocher au sujet de ces recherches d'être à peu près stérile. Je suis le premier à reconnaître que nous n'avons rien ou presque rien à apprendre ni d'Averroès, ni des Arabes, ni du moyen âge. Bien que les problèmes qui préoccupent aujourd'hui l'esprit humain soient au fond identiques à ceux qui l'ont toujours sollicité, la forme sous laquelle ces problèmes se posent de nos jours est si particulière à notre siècle, que très-peu des anciennes solutions sont encore susceptibles d'y être appliquées. Il ne faut demander au passé que le passé lui-même. L'histoire politique s'est ennoblie, depuis qu'on a cessé d'y chercher des leçons d'habileté ou de morale. De même, l'intérêt de l'histoire philosophique réside moins peut-être dans les enseignements positifs