VIII PRÉFACE
der des leçons de philosophie. Par une étran^ïe destinée, cette race, qui a su imprimer à ses créations religieuses un si haut caractère de puissance, n'a pas produit le plus petit essai de philosophie qui lui soit propre. La philosophie, chez les Sémites, n'a jamais été qu'un emprunt purement extérieur et sans grande fécondité, une imitation de la philosophie grecque. — Il en faut dire autant de la philosophie du moyen âge. Le moyen âge, si profond, si origihal, si poétique dans l'élan de son enthousiasme religieux, n'est, sous le rapport de la culture intellectuelle, qu'un long tâtonnement pour revenir à la grande école de la noble pensée, c'est-à-dire à l'antiquité. La renaissance, loin d'être, comme on l'a dit, un égarement de l'esprit moderne, fourvoyé après un idéal étranger, n'est que le retour à la vraie tradition de l'humanité civilisée. Pourquoi reprocher à la renaissance et aux temps mo dernes de faire avec science et discernement ce que le moyen âge faisait sans critique? Valait-il mieux étudier Aristote sur des traductions détestables que de l'étudier dans le texte? Valait-il mieux connaître Platon par quelque mauvais commentaire du Timée, ou par des citations de seconde main, que par l'ensemble de ses œuvres? Valait-il mieux connaître Homère par Diclys et Darès que de lire l'Iliade et l'Odyssée?
Tout œ que l'Orient sémitique, tout ce que le moyen