SCÈNE IV
RAISINET
Assez! Je ne vous demande pas comment vous me voyez en rêve. (Tragiquement.) Maltide, il faut m’oublier.
MALTIDE.
Qu’cntends-je ! C’est donc vrai ce que m’a dit mon père?
RAISINET
C’est hussi vrai que si ça avait paru dans le journal.
MALTIDE. .
Hélas! je ne pourrai plus te voir! te tutoyer!
RAISINET
A partir de ce jour, ce passe-temps vous est interdit: votre pere l’a voulu, je le lui ai promis.
MALTIDE. *
Mais que vais-je devenir?
RAISINET
Tout ce que vous pourrez. D’ailleurs j’aime ailleurs.
MALTIDE.
Ingrat!., moi qui vous gardais ma sagesse, ma vertu, ma beaute... Qu’est-ce que je vais faire à présent de tout ça?
RAISINET
On trouve toujours le placement de ces choses-là, soyez tranquille... et puisque c’est convenu, nous ne nous aimons plus.
(U l’embrasse.)
MALTIDE.
Puisqu’il le faut, détestons-nous. (Elle l’embrasse.)
, RAISINET
A dater de ce jour, exécrons-nous, (n l’embrasse.)
MALTIDE.
Prenons-nous en grippe! (Elle l’embrasse.)
RAISINET, l’arrêtant.
Arrêtons les frais ; nous nous détestons suffisamment comme ça.
MALTIDE.
Adieu, mon cousin !
RAISINET
Adieu, ma cousine!
MALTIDE.
Je vais cacher mon chagrin dans la bicoque paternelle. (Elle
entre dans la boutique.)
Et nous allons
RAISINET
déjeuner.