SCÈNE VIII
Mme DESNELLES, CAROLINE puis ALFRED.
CAROLINE, avec joie.
Je savais bien, moi, que M. Van-Brook n'avait pas le sens commun. Et voyez ma tante comme on est injuste , quelquefois !.. tout à l'heure , j'ai regardé ce jeune homme avec une sévérité qui certainement, n'a pas dû l'encourager... Ah! mon Dieu! comme je suis mal habillée! en vérité, j'ai dû lui faire peur, de toutes les manières.
Mtoe DESNELLES. *
Ah ! ma nièce , c'est à vous que vous devriez faire peur, car ce que vous méditez là est bien épouvantable!
CAROLINE , riant.
Allons , allons, ma petite tante, ne me regardez donc pas avec cet air de désespoir, il s'agit seulement de me faire bien belle aujourd'hui... (Rapprochant de la fenêtre.) Voyez donc quel temps, quel beau soleil... ah !.. (Venant prendre Mme Desnelles par la main et l'entraînant à la fenêtre.) Tenez , tenez , ma tante !.. (Alfred paraît dans le jardin et s'avance jusqu'à la porte du salon.)
ALFRED , à lui-même.
Caroline!., j'avais bien reconnu sa voix.
CAROLINE
Là-bas... au bout de cette allée...
ALERED, à lui-même.
Qu'examine-t-elle ainsi?
CAROLINE , continuant.
Le voyez-vous?
Mme DESNELLES.
Qui donc?
CAROLINE
Mais celui dont nous parlions, M. Edouard. ALFRED, de même.
Edouard!
CAROLINE
Il fait semblant d'être bien occupé du livre qu'il a dans les mains... nous allons voir... il approche... le voilà au pied de la terrasse... je le forcerai bien à lever la tête... (Poussant un cri.) Ah ! mon bouquet!
Mme DESNELLES.
Eh bien! que faites-vous donc?., ce jeune homme va s'imaginer que vous l'avez laisser tomber exprès pour qu'il vous le rapporte.
CAROLINE
Mais, j'y compte bien!
ALFRED
Elle ose l'avouer !.. oh ! je n'y puis plus tenir, et je vais...
Mme DESNELLES, à la fenêtre.
Grâce au ciel, il passe à côté sans daigner le regarder.
CAROLINE, près de la fenêtre et avec incrédulité. Laissez donc!
ALFRED , à part.
C'est moi, madame, moi, qui vais vous le rapporter, fil sort vivement.) * Caroline, Mme Desnelles.
Mme DESNELLES, avec joie.
11 conlinue son chemin en lisant et comme si de rien n'était
CAROLINE
Parce qu'il vous aura aperçue... et tout à l'heure, quand vous n'y serez plus, il reviendra sur ses pas pour le ramasser... c'est un calcul, et je ne crois plus à son indifférence; car vous sentez bien que ce matin, s'il va à Cripp, c'est dans l'intention de nous voir, de nous rencontrer; nous devions faire une promenade, il l'aura su, ce n'était pas difficile , une partie convenue et arrangée depuis hier soir !