ORDRE A SUIVRE DANS LA PRATIQUE DES MORTIFICATIONS
Il faut d'abord distinguer deux cas : i° ce qui nous arrive de la part de Dieu ou du prochain sans
1 Vigilate et orate. Marc, xiv, 38.
notre choix; 20 ce qui demande notre choix et notre application. — Voyons-les séparément.
ARTICLE PREMIER
MORTIFICATION EN CE QUI NOUS ARRIVE DE LA PART DE DIEU OU DU PROCHAIN SANS NOTRE CHOIX.
Pour ce premier cas, nous devons bien nous persuader des vérités suivantes : d'abord que ces sortes d'événements sont ceux qui doivent être acceptés et embrassés avec le plus de respect, comme étant purement disposés par la Providence; puis, par rapport à ce qui nous vient ainsi de la part de Dieu, il n'y a point d'autre règle à observer que de tout réduire en nous à la résignation, à la patience et au sacrifice ; enfin, quant à ce qui nous vient de même de la part du prochain, nous devons aussi tout ramener à la résignation, à la patience et à la charité, ne laissant subsister qu'une discrétion charitable, pour appliquer quelquefois au prochain le remède de la correction lorsqu'il en est besoin. Mais cette discrétion, pour être vertueuse et salutaire, doit être gouvernée par la mortification qui observe le temps et le lieu, afin de rendre la correction utile et conforme aux règles de la justice et de la charité, en sorte que cette mortification, par un saint dépouillement, nous détache même du succès de la correction, en la remettant entièrement à la disposition de la divine Providence.
ARTICLE II