‹ Avocats et magistratsChapitre 3 sur 43 · PREFACE. V · texte numérisé non relu

PREFACE. V

parmi les plus illustres ou les plus éloquents d'entre nous. Mais tous étaient des hommes de grand sens, de grand cœur et de bonne renommée qui, par leur caractère ou par leur talent, par des façons de penser et des habitudes de vivre qui étaient à eux et non pas à d'autres, par un certain tour d'esprit et par un accent de terroir qui ne se retrouveraient pas ailleurs, représentent bien le temps, l'état, et la société particulière où ils ont vécu.

Aujourd'hui encore, dans le lointain où je les revois, je reconnais en eux ce monde du Palais si original, si curieux, si spirituellement bourgeois et si vraiment français, dont les mœurs vont s'efFaçant chaque jour davantage dans les promiscuités banales de notre démocratie jalouse.

Je les ai tous connus; plusieurs ont été mes amis; quelques-uns furent mes maîtres. J'ai dit, je crois, de chacun d'eux, ce qu'en pensaient tous les autres; et, pour leur mieux témoigner mon estime, je les ai jugés avec plus de liberté que de complaisance.

Je souhaite que les rares survivants des temps dont j'ai parlé reconnaissent, eux aussi, dans ces portraits sincères, les compagnons de leur jeunesse, leurs amis, leurs maîtres ou leurs émules.

Je souhaite que les jeunes gens qui viennent après nous trouvent dans la vie de leurs anciens des leçons, des exemples et des modèles.

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