Avranchin
^^'urSTOiRE d'un livre est sa meilleure préface. ff|| Dire dans quel but un livre a été conçu , quelles modifications l'idée première a reçues des circonstances et de l'oeuvre elle-même, à quelles sources il a été puisé, par quels procédés il a été fait, quel résultat l'auteur en espère : c'est la manière la plus sûre pour le faire apprécier dans sa nature et son esprit.
C'est ce que fera l'auteur de celui-ci , au risque de se heurter contre un écueil que les Anglais appellent egotism, c'est-à-dire l'inconvénient de parler de soi-même , inconvénient d'ailleurs inévitable dans une œuvre qui , comme la sienne , se compose d'observations , d'excursions , d'impressions, et très-souvent d'hypothèses, et dans laquelle sa personnalité joue nécessairement un grand rôle.
Accoutumé par un assez long enseignement littéraire et historique à vivre dans le passé, dans les trois grandes civilisations de la Grèce , de Rome et du Moyen- Age , préparé par ses lectures , surtout par les Mémoires et les entretiens de l'antiquaire qui est le père de notre histoire locale, et le type scientifique proposé à l'imitation de ses successeurs, M. de Ger ville , prédisposé par le sentiment des beautés artistiques du passé , et du charme poétique que les ruines et les monumens ajoutent aux paysages, sollicité surtout par le besoin de connaître intimement cette époque merveilleuse et complète du Moyen-Age dont nous sommes les Gis, et dont les ossemens épars appellent la main qui recueille et conserve, qui palpe les fragraens et reconstitue le corps entier, l'auteur fut reçu (1840) membre d'une société d'archéologie , dans une localité vivante de souvenirs, semée de monumens antiques, et qui serait encore remarquable entre toutes, quand elle n'aurait que la merveille du Mont Saint-Michel.
Pour remplir un devoir et satisfaire un goût prononcé, il résolut de décrire les monumens religieux du pays , et adopta pour,, cadre le cercle de l'arrondissement d'Avranches, ou à peu près l'Avranchin proprement dit. Il partit donc avec le bâton du voyageur et le carnet du touriste, et pendant trois ans, dans ses jours de congé et ses vacances, seul ou accompagné d'un ou plusieurs de ses élèves, il visita dans ses plus petits recoins le pays riche en paysages et en antiquités qu'il s'était proposé d'explorer. Il fit ainsi près de deux mille lieues, et si quelquefois il trouva que son monde était grand , et son voyage plein de soucis et de préoccupations, il prit courage en pensant à son but et en jouissant de toutes les beautés du pays, de tous les souvenirs de l'histoire , de tous les charmes des ruines et des monumens. Cette vie nomade, pleine d'accidens imprévus , et si bien remplie d'idées et de sentimens , il en garde le souvenir comme un précieux trésor, et, s'il lui est permis de parler d'autre chose que de ses travaux , il peut dire que celte période a été une des plus heureuses de sa Yie.
Mais s'il avait bieD déterminé le cercle géographique de ses recherches» il était parti sans savoir bien nettement les différens points qu'il explorerait dans ces limites. Son idée première avait été l'étude des monnmens religieux , églises, abbayes, prieurés, chapelles , maladreries , etc. Mais quand il eut interrogé, analysé l'église, il se demanda pourquoi il n'appliquerait pas le même travail au Château , au Manoir, qui était auprès et qui tenait à elle par des liens antiques très-étroits, pourquoi pas au Logis, au Mesnil , etc.; pourquoi pas & la civilisation antérieure au Moyen-Age, à la voie et au campement des Romains, pourquoi pas aux monumens druidiques, etc., et alors il conçut le plan d'une étude monumentale complète , dans laquelle viendraient se fondre tous les monumens matériels du passé. Tel fut le deuxième degré de sa pensée. Il visita ainsi , dans son pèlerinage de quatre années , et décrivit plus de cent cinquante églises, cinq abbayes, une dtxaine de prieurés, plus de cinquante chapelles, environ cent châteaux ou manoirs, signala plus de trois cents fiefs, quatre ou cinq campemens, de nombreux champs de bataille, quelques pierres druidiques, etc.
Mats il lui sembla bientôt que ces pierres étaient muettes, que ces débris étaient inertes et morts, que la description était pâle et froide : ces monumens n'avaient pas d'âme. S'ils étaient enveloppés dans la vague et poétique atmosphère du passé , il leur manquait leur âme individuelle, leur vie propre, leur histoire, c'est-à-dire les idées et les hommes qui avaient présidé â leurs développement. Alors apparut à ses yeux la nécessité d'étudier le monument dans les histoires , les manuscrits , les traditions et les livres des savans , après les avoir étudiés dans leurs membres inanimés. Il crut qu'alors ces pierres seraient, comme disaient les maîtres du Moyen-Age, des pierres vivantes — i lapidibus vivis.
Le monument appelait l'histoire, comme ranatomie appelle la physiologie. Mais si le monument a quelque chose de simple, de clair et de précis, l'histoire est multiple , obscure et indéfinie. L'entreprise se compliquait
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d'une partie plus longue , plus difficile que la première. Cependant l'auteur se mit à l'œuvre avec ardeur et il ose le dire avec amour , avec l'affection du propriétaire, qui dispose, orne, et arrondit chaque jour son, domaine», Quelque soit le sort de son livre, il ne sera pas assez in-, grat envers le passé pour oublier les jouissances intimes qu'éprouve l'archéologue qui trouve un fait nouveau , une date antique, un nom illustre, un événement brillant, la confirmation d'une hypothèse , la preuve d'une vérité. 11 n'est pas besoin d'analyser ces plaisirs pour les hommes d'art et d'étude : ils l'éprouvent dans leurs travaux et le sentent dans ceux d'autrui, mais il semble que tout le monde doit concevoir la jouissance qui s'attache à toute création , ou , ce qui est voisin , à toute résurrection. Ne voir rien , entrevoir quelque chose , apercevoir plusieurs choses, et percevoir avec clarté : ces momens de la pensée scientifique, sont aussi les phases du bonheur du, savant. Le succès et le bonheur de l'archéologie ressemblent au succès et .au bonheur de la géologie : elles reconstruisent des êtres disparus ; avec un élément elles font un monde.
Mais quelle méthode fallait-il suivre dans les recherches historiques ?
Malgré les nombreux travaux historiques locaux , qui donnent à la ville d'Avranches, sur ses voisines, une supériorité littéraire et archéologique , l'histoire locale , conçue au point de vue monumental, comme au point de -vue littéraire pur , est presque toute entière à faire , et presque toute entière elle est dans les manuscrits. Nulle ville de France ne possède peut-être autant de manuscrits locaux que la bibliothèque d'Avranches : tout notre passé religieux revit dans ces vénérables et brilla n s parchemins de pourpre , d'azur et d'or. Pour l'étude des manuscrits on pouvait se placer dans deux centres religieux, dans deux cycles littéraires et archéologiques , le Mont Saint-
Michel et l'évécné d'Àvranches. On élait d'abord attiré par le plus vaste, le plus riche, le plus brillant.
La sainte montagne élait un cercle d'attraction et pour les populations voisines et pour les populations éloignées. Les Espagnols, qui avaient leur San lago, venaient à las duas Tumbas ; les Allemands, suivant Monlrelet, venaient au Jlfon* de la mer Océane. Son nom était dans toutes les bouches , dans le chant populaire , la chanson de Roland — Seint Michel del péril,— et dans le cantique du pèlerin. C'était la Jérusalem de l'occident, Mais son nom élait gravé surtout sur le sol qui environnait sa grève miraculeuse : toute celte terre voisine , églises , chapelles , châteaux, champs, étaient à l'archange. Les noms, les fondations, les droits, les constructions, l'histoire de cette terre et de ses monumens, tous ces litres élaient dans le chartrier de l'abbaye. Puisque le temps et les hommes en avaient épargné une partie, il fallait rechercher dans cette mine les filons d'histoire, de poésie et d'art qu'elle pouvait renfermer.
L'auleur s'élablit d'abord au milieu des manuscrits du Mont Saint- Michel.
Le plus précieux à tous les points de vue est le Cartulaire de l'abbaye ; celte belle œuvre paléographique, en grande partie du xu« siècle, brillamment illustrée et enluminée» en nous livrant les renseignemens historiques les plus heureux, est imprégnée du parfum le plus pur du Moyen-Age. Le no 24, le Fundatio et miracula Sancli Michaelis in Tumbd et les Oraisons aux Angels du Paradis, c'est la légende et l'extase. Le n« 14 qui renferme les Consliluliones Abbaliœ Sancti Michaelis , donne les tableaux des Gefs du Mont Saint-Michel. Le n® 151 ou Livre-Terrier, donne les détails les plus minutieux sur les revenus des trois baronnies de l'abbaye. Le n© 34 est encore une histoire— Wsioria Montis Gargani et hujus Montis Tumbœ avec les Âcla Pétri Régis. Les Bréviaires , les Missels , les Cérémoniaux offraient encore à l'hisloire locale , sinon la lettre , au moins l'espril et le parfum. Les Chroniques de l'abbé Robert du Mont offraient la lettre et le chiffre positifs et aulhen-
tiques. Un moioe du xvn« siècle, savant comme Test un bénédictin, naïf comme on Tétait au Moyen-Age, ami de son monastère jusqu'à la passion , compilateur des titres les plus authentiques, don Huynes. nous offrait son histoire de l'abbaye , si précieuse surtout au point de vue monumental, son histoire qui, publiée avec des notes et une continuation , mettrait fin à toutes nos histoires. Un autre Bénédictin du Mont , Thomas Le Roy , dans son Livre des Merveilleuses Recherches, présentait sous une forme chronologique l'histoire détaillée de son monastère.
Le second centre de notre pays était l'évéché, centre religieux et administratif à la fois. Aussi les documens qui s'y rattachent ont-ils un caractère plus sévère, plus réel, ptus prosaïque. 11 y a une profonde différence d'esprit entre une charte du Mont et une charte de l'évéché. En outre les sources sont moins abondantes. Le livre principal de l'évéché est son Cartulaire , le livre du chapitre, appelé Livre Vert. L'aveu des biens de l'évéché, soumis à François Ier par Robert Cenatis, présente la constitution féodale des droits épiscopaux. Le Bierarchia Neustriœ ( ms.de la bibliothèque royale) est plein de renseignemens locaux. Les Synodes de notre évéché, insérés dans les Annales de don Bessin, présentent l'état moral et religieux do l'Avranchin. Un registre des Synodes que possède M. de La Villeberge donne la nomenclature latine de nos paroisses. Le curieux état de la généralité de Caen, par M. Foucaut, fait connaître l'état du clergé, de la noblesse et de leurs revenus au xvn« siècle. Le Pouillé des évéchés suffragans de Rouen est une statistique ecclésiastique complète à la même époque. Les manuscrits du docteur Cousin offrent une masse de faits dans lesquels brillent beaucoup de particularités locales ecclésiastiques. Les registres du secrétariat de l'évéché qui forment le fonds de Saint- Geryais, un mémoire sur Saint- James présenté à.
Huet, le petit Cartolatre de l'hôpital se rattachent à ce centre. Quelques mémoriaux de presbytères ont fourni d'authentiques et curieuses particularités. Des chartes et des chroniques, Tenues des archives du département, différentes pièces du chartrier de M. Guiton de La Villeberge complètent et illustrent à la fois ces recueils fondamentaux.
Une vingtaine de paroisses, généralement situées audelà du Thar, dépendant du diocèse de Coutances, font partie de l'arrondissement d'Avranches. Pour étudier leurs mon u mens et leur histoire , il a fallu se placer au centre religieux auquel elles se rattachaient. Là se trouvaient de précieux manuscrits : au premier rang, ce fa- Livre Noir ou Pouillé de la Cathédrale, dont l'original est perdu ou égaré ; le Livre Blanc ou Pouillé du Diocèse ; l'histoire du Cotentin , par le savant et exact Toustain de Billy; les mémoires, un peu trop hypothétiques, de l'abbé Lefranc; le Cartulaire de la Btoulière aux archives départementales , dont des extraits ont été communiqués par M. Dubosc, archiviste.
Tels sont les trois grands centres, les trois hauteurs d'où l'auteur de ce livre a contemplé le champ de ses travaux. Tels sont les principaux manuscrits qu'il a interrogés. Puiser l'histoire dans les manuscrits, dans les autorités contemporaines, c'est la puiser à ses sources vives et pures. Puiser l'histoire dans les manuscrits, c'est la puiser aux sources où tout le monde ne s'abreuve pas. Le bonheur et l'honneur de l'historien , est de mettre quelque chose de nouveau sous le soleil.
Dans chacun de ces centres principaux , à celte couche profonde, antique et pour ainsi dire mystérieuse de manuscrits, se superposaient les imprimés anciens ou modernes, qui s'y rattachaient par des rapports moins directs.
Dans ses autorités et ses sources l'auteur n'a pas besoin
de citer les histoires générales de la province où tout le monde peut puiser, Masseville, Dumoulin, Trigan, Goube, Depping, etc. Nos vieux historiens normands, compris dans la collection d'André Duchêne, les Ordéric Vital, Mathieu Pâris, Guillaume de Jumiège , Guillaume de Poitiers, etc., sont pour ainsi dire nos classiques et nos livres élémentaires.
Le livre le plus précieux , non-seulement pour la Conquête, mais encore pour le tableau de tout l'état social des Normands , c'est ce livre unique dans les annales des nations , le Cadastre de la Conquête , le Jhmesday Book. Avec l'ouvrage de sir Henry Ellis, l'auteur a pu pénétrer dans la tacbygrapbie de ce gigantesque Registre, et la signification du terrible Livre du Jugement. Il a surtout été pour lui la source de noms topographiques.
Les différentes listes de la Conquête , Brompton , Taylor, etc., celles de la croisade du duc Robert, les listes d'armes et de revues, le registre des fiefs de Philippe- Auguste, les recherches de la noblesse, ont servi à déterminer et à localiser l'aristocratie de notre pays.
Le trouvère Robert Wace , qui excelle à caractériser une chose en quelques mots , outre le récit dramatique de la Conquête , a fourni beaucoup de renseignemèns éclairés et enrichis par son savant annotateur. La chronique des ducs de Normandie offrait le même genre d'intérêt. On peut ajouter la vie du vaillant Bertrand Duguesclin, par le trouvère Cuvelier.
Les Grands Rôles de l'Echiquier, édités au nom de la Société des Antiquaires do Londres, par le savant Stapleton, est le tableau le plus riche de la féodalité normande à la fin du xiie siècle. Le Livre des Visites de l'archevêque Odon Rigaut nous fait connaître l'état matériel et moral de nos monastères au xm* siècle.
Nulle époque de notre histoire n'est plus intéressante que celte première partie du xv« siècle, dans laquelle toute la Normandie, moins le Mont S t- Michel , reçut la loi de l'étranger , et dans laquelle un grand nombre de seigneurs, ayant à leur tôle Louis d'Esloule ville, qui sacrifia
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au devoir la plus belle fortune de la Basse- Normandie, subirent les spoliations des Anglais. Les souvenirs de cette époque, épars dans beaucoup de documens, sont groupés dans le registre édité par Charles Vaulier. Ce registre a son complément dans un cartulaire de Thorigny. Ce demi-siècle, clos par la victoire de Formigny, reçoit beaucoup de particularités locales de la vie du connétable de Richemont, par son secrétaire G. Gruel.
Quelques faits locaux ont été empruntés aux Olitn du parlement.
Sur deux points opposés de notre arrondissement naissaient a à peu près dans le même temps , deux hommes , Jean de Vitel à Poilley, François Desrues à la Landed'Airou , qui ont illustré leur localité, l'un en la chantant, l'autre en la décrivant, et tous deux en consacrant le souvenir des hommes éminens de cette époque. Les vers locaux et les notes biographiques sont les fleurs et les fruits que l'auteur s'efforce de répandre dans son œuvre, et ces deux auteurs lui en ont abondamment fourni l'occasion.
Le Gallia ChrUliana et le Neustria Via sont les sources les plus copieuses et les plus authentiques de l'archéologie religieuse. L'auteur a abondamment puisé dans les récils parallèles de ces deux livres, qui se complètent l'un par l'autre.
Travailler à l'histoire et à l'art de son pays, dans les limites de son humble, mais utile sphère, tel est le but général de l'auteur : mais il a encore eu en vue quelques résultats spéciaux.
lia pensé que , sans faire perdre à l'archéologie son caractère grave et sévère, il était possible d'y associer l'intérêt de l'art et de la poésie. Il a pensé que s'il y avait un préjugé contre cette science, c'était la faute de l'archéologie ou plutôt des archéologues qui, exclusifs amateurs
du fait, du nom, du chiffre, du détail, n'y associaient ni la beauté sévère de l'histoire, ni les splendeurs de l'art, ni le charme des faits dramatiques, ni la philosophie des grands événemens, et qui ne daignaient ni peindre ni écrire. Quand l'archéologie sera bien comprise pour ce qu'elle est , une alliance de l'histoire , de l'art et de la poésie, elle sera aussi populaire que chacune de ces trois branches do la science humaine.
Il a pensé encore que l'archéologie et la nature se tenaient par d'intimes rapports, que le monument et l'histoire d'une part, et le paysage de l'autre, se complétaient réciproquement. La trace ou le souvenir de l'homme anime la campagne : la nature embellit l'édifice de l'homme ou vivifie son souvenir. Dans le pays qu'il habile, l'histoire est aï féconde et la nature si belle , que la pensée se réjouit à la fois des beautés du paysage et des images du passé. Illustrer et vivifier sa localité par l'histoire, les monumens, la biographie, la topographie, par les productions écloses dans son sein , c'est ce qu'il a voulu faire avant tout.
En troisième lieu , laissant à d'autres, qui s'en sont bien acquittés, la mission de faire de l'histoire suivie et enchaînée , il n'a cherché le fait historique que pour le localiser, lia été heure un, lui, avant tout analyste des monumens dans le sens le plus général du mot, de pouvoir dire : ce monument a été l'œuvre de tel homme, le témoin de tel fait ; ce Heu est un champ de bataille ; cette habitation ou ce village est le berceau d'un grand homme; voici les vestiges matériels de tel peuple et de telle civilisation, etc. L'histoire n'est jamais plus saisissante que quand on peut la saisir de l'œil et du doigt.
Et pour encadrer ses tableaux , pour jeter quelques fleurs sur les ruines, et quelque variété sur son objet essentiel , il a tracé quelques arabesques avec la topographie, la botanique, la linguistique, la biographie, la légende , et s'il ose entrevoir quelque intérêt à son œuvre, il espère que c'est celui de la variété.
Le vaste cadre qu'il vient de tracer, l'auteur n'aurait pas tenlé de le remplir, «'il n'eût reçu l'aide tantôt spontanée, tantôt sollicitée des hommes qui sont sur les lieux et qui conservent les traditions , et surtout des sa vans épars dans notre pays. Il saura reconnaître les services de ses auxiliaires dans le cours de son œuvre. Mais il en est quelques-uns qui ont une part toute spéciale dans sa reconnaissance, et auxquels, au début de son ouvrage, il désire adresser des remercimens. En acquittant cette dette, il met en quelque sorte, sous le patronage d'hommes savans et honorables , un livre qui s'aventure timidement sur la mer de la publicité , — ludibrium ventis.
Il offre l'expression de sa reconnaissance ù M. de Pirch, dont l'obligeance a encouragé ses efforts, et qui a communiqué des ouvrages rares, le Dotnesday Book, les Rôles de l'Echiquier, le livre de sir Henry Ellis, etc., et les archives de la Société d'Archéologie ; à M. Alexandre Motet, bibliothécaire d'Avranches , qui a été d'une obligeance infatigable; à M. Guiton de La Villeberge , qui a communiqué de nombreuses pièces de son chartrier; à M. de St- Viclor, qui a prêté lesMss. de M. de Bréménil; à M. Dubosc, archiviste du département, qui a envoyé plusieurs chartes et chroniques intéressantes ; à M. Denis, secrétaire de la Société de St-Lo, qui a transcrit des passages du Livre Blanc et du Livre Noir; à M. l'abbé Lalmand, correspondant du Comité historique, pour son concours actif et affectueux; à M. Le Tertre, bibliothécaire de Coutances, pour les communications des Mss. de Toustain de Billy et de M. Lefranc ; à M. Bailhache, bibliothécaire de Valognes, pour quelques livres rares, Merrian, Tassin, etc.; à M. Besnou, de Villedieu, pour ses précieux renseignemens sur son canton , et en particulier sur la filoulière; à M. de St-Brice, sous-préfet d'Avranches, qui a facilité ses recherches et signalé des moDumens ; à M. le curé de Sl-Gervais,
qui a mis a sa disposition les Mss. du secrétariat de l'évéché. L'auteur adresse des reroercimens à toutes les personnes qu'il a interrogées sur les lieux, dans la ferme, le presbytère et le manoir, desquelles il a reçu des renscigneroens et quelquefois l'hospitalité , et il désire que l'expression de son souvenir amical aille trouver , dans les différentes voies de la vie, ses élèves qui ont partagé ses fatigues , et dont les intelligentes observations ont tant de fois éveillé ou fécondé sa pensée.