‹ Avranchin monumental et historiqueChapitre 6 sur 37 · CANTON DE PONTORSON · texte numérisé non relu

CANTON DE PONTORSON

Commune d’Ardevon.

En 1088, Robert Courte-Heuse donna aux religieux du Mont Saint-Michel un moulin et une foire à la Nativité de Notre-Dame dans le fief d’Ardevon (1).

Voir un accord de 1302 entre les paroissiens d’Ardevon et le Mont Saint-Michel sur le four banal (2).

Charte relative à Acigné, donné à Crespy par saint Louis, en 1235 : « Lud..…. decem libratas terre ad turonenses quas dilectus et fidelis noster Alanus de Acigneio habebat in molendinis Pontis Ursionis de dono dilecti et fidelis nostri H. de Avaugor, que ad manum nostram devenerunt, eidem Alano commutavimus ad decem libratas terræ ad turonenses sitas apud Maciacum tenendas ab ipso et heredibus suis in perpetuum in feodum et homagium. » Voici l'Aveu rendu de ce fief d'Acigné, ou franche vavassorie, en 1385 : « Je G. du Pins advoue et congnois tenir en foy et par hommage du Roy notre sire, par raison et à cause

de Thomasse de Ecrelles, ma femme, une franche vavas-

sourie, appelée le Fieu de Assigne, assise en la haulte justice du Roy et la chastellenie de Pontarson (sie) et

(1) Cartul. du Mont. fol. 37.

(2) M. Delisle, p. 145. Eludes sur l’agric. en Norm.

paroisse d'Ardevon, d'Uvnes et des Pas, franchement et noblement, etc. (1) » — « 1248, Ricardus humilis abbas S. M. de periculo maris. Nos quitamus Alanum de Acisneio de homagio quod ab ipso coram Lud. Rezi Francorum nobis fieri petebamus de terra qui fuit Gaufredi Pigace, sita apud Ardevon in feodo nostro quem ei contulit Rex. »

Nous avons omis de citer dans notre Arranchin la maison à porte ogivale, qui est près de l’église, et qui devait être cette salle des Pleds, dont il est question dans ce fragment de Ms., communiqué par M. Ch. de Beaurepaire : « Le manoir seigneurial de la baronnie d'Ardevon est seis et joignant notre église paroissiale d'Ardevon, et se consiste en plusieurs maisons manables..…. joignant d’un côté à notre dite église et à unc petite maison qui nous appartient, dont nous nous servons pour y faire tenir nos pleds par nos officiers, d'autre à notre jardin qu'on nomme Pallé. » Ce document apprend qu'il y avait un chartrier dans ce manoir. Un autre Ms. (2) met à Ardevon « une petite maison nommée l’Auditoire » qui, sans doute est la mème.

Commune de Deauvoir.

Le Mont y avait un manoir : « em notre manoir seigneurial en notre paroisse de Beauvoir, 460 vergées (3).

On lit dans un document relatif au Mont Kaint-Michel :

«a Nous avons (le Mont) toutes les grèves et herbus à prendre depuis le ruisseau de la Gucintre jusqu’au port de Pontorson..…. » Ms. de M. Ch. de Beaurepaire, « Et sil arrive quelque bateau sur noë côtes, il nous est dû l'ancrage. »

En 1521, par une de ces évolutions de mots vers un sens poétique et classique, qu'affectionnait le xvi® siècle,

(1) Archives nationales.

(2) Etat des revenus du Mont, en 1789.

(3) Ms. de M. Ch. de Beaurepaire.

le Ysnes, Vuines et Hynnes des chartes, subit un changement. Quand Deric (1) voulut battre l’opinion de d’Anville, qui mettait l’Ad fines de l'Iinéraire d’Antonin à Huynes, il eut recours aux archives de la paroisse, et y trouva : Registrum sponsaliorum , baptismorum, matrimon., et inhumatl. per me factum Jacobum Touchais presbyterum vicarium parrochiæ divi Petri de Hymnis, anno 4521 (Divi lui-même est moderne ; au moyen-àge on eût dit Saneti).

Je trouve dans le Ms. de M. Ch. de Beaurepaire une note où il est meution d’une propriété du Mont en Huisnes : « Les maisons de Basse-Voie et de la Geintre au village de Montitier, près le pont de la Geintre. »

Aux détails que nous avons donnés sur le fief de Noyant, en Macey (2), nous pouvons ajouter : « Ceux de Macé, en notre fief de Noyant, nous doivent (aux moines du Mont Saint-Michel) une paire de gans et un chapeau de rose (3). »

Lo Mont Saint-Michel.

Depuis une douzaine d'années, le cycle littéraire et archéologique du Mont Saint-Michel s'est enrichi de nouvelles œuvres, parmi lesquelles nous devons prendre quelques citations. Voici un passage spirituel d’un de ses plus vifs admirateurs :

« Il y avait une vingtaine d'années que je ne m'étais approché du Mont, situé au péril de la mer. Je me souviens parfaitement de ce premier voyage, fait le sac de l’étudiant sur le dos, le bâton à la main, en compagnie d’un ami, connu depuis sous le nom de docteur Brom, auteur d’une Hygiène des artistes dramatiques, et dont j'ignore actuellement les destinées. Nous avions alors l’imprudence de la jeunesse, et nous nous aventurâmes, du côté d’Avranches,

(1) Hist. ecc. de Bret.,t. 1er, p. 7, 1777, in-19. (2) Avranchin hist. el monum., t. rer, 191.

(3) Ms. de M. Ch. de Beaurepaire.

“au milieu des grèves et des courants d'eau douce qui les traversent, quand la mer est retirée, en dépit des sables mouvants et des brouillards qui cachent tout d'un coup aux yeux du voyageur la face du Mont, comme si la baguette d’un mauvais génie élevait un mur de la terre au ciel. Mais à ce second voyage, avec une société moins hasardeuse, je suis arrivé, sans aucune espèce de danger, dans une bonne voiture à deux chevaux. Ce que c’est que d’avoir vingt ans de plus!

L'aspect du Mont ne m'a pas moins frappé, comme jadis, d’un sentiment de tristesse, parce que la pensée que cette forteresse est une prison se mêle invinciblement aux idées de religion et de chevalerie qu'elle devrait seulement inspirer. La terreur de son approche — immensi tremor oceant — a été remplacée par cette sinistre émotion qu’on éprouve, quand on met le pied sous les voûtes de la Conciergerie ; l'Océan est bien moins terrible qu’une prison. Quel est l’homme de ce temps qui est sûr de ne pas entrer au Mont Saint-Michel, non comme voyageur, mais comme prisonnier, sauf à en sortir président de quelque république (1). »

M.Baude a dit depuis nous (2):« On peut admirer la baie du Mont Saint-Michel, on peut la maudire, mais non pas prétendre avoir rien vu de semblable.» Le continuateur de l’histoire de Jersey, par Falle, le révérend Durell s'exprime ainsi dans cette histoire : « Ït is a stupendous structure which I have beheld with admiration. »

Deux des limites de la Normandie étaient le Mont à l’ouest, et l'Eure au sud-est, selon Wace, dans la cession que Charles le Simple fit à Rollon :

(1) Le Mont Saint-Michel, Hippolyte Lucas. Feuilleton du Siècle, 4er septembre 1849.

(2) Rev. des Deux-Mondes. 1851,

Gille, une moie fille, li donrai a moillier, E la terre marine, s’il si vout otrier Dez à Oure curt treskal Mont Saint-Michiel.

N'a gaires meillor terre s0z la chapel du ciel (1).

Si ces limites ont été conteslées, on est d'accord sur la limite vccidentale, c’est-à-dire le Mont Saint-Michel. Les Bretons la consacrent dans leurs chants populaires : « J'ai entendu un cri de joie, le cri de joie qu’on pousse quand la battue s’achève ; il retentit depuis le Mont Saint-Michel jusqu'aux vallées d’Elorn (2).» — Un dicton consacre l’im-. porlance de notre province, d’après le choix qu'y a fait l’Archange de sa plus illustre résidence :

Si bonne n'était Normandie, Saint Michel n'y serait mie.

La baie du Mont Saint-Michel est appelée baie de Bretagne dans un article du Registre de Thorigny, où sont réglés des droits sur le sel : « Valor proveniens de incremento et lucro salis grossi de la Bay de Bretagne (3). » C'est bien notre baie puisque ce détail est compris dans l’article des Demaynes de Normandie.

Les légendes reposent presque toutes sur un fond universel, et il en est peu qui ne se retrouvent en plusieurs lieux et souvent très-éloignés, sans rapports probables, et comme produit spontané de l’esprit humain. Par exemple, la légende de l’Ane et du Loup se retrouve dans le diocèse de Nantes, relativement à saint Martin de Verton, Ier abbé et fondateur de Verton dans ce diocèse. Ce saint avait un âne qui lui servait à porter ses hardes ; un jour, un ours dévora l’âne, et comme Maximin, compagnon de saint

(1) Wace. Rom. de Rou.

(2) V. le Barzas-breiz, de M. de la Villemarqué, et le chant d'Alain Le Renard : « Adalek Kreck Sant Mikel tre-beteg traon Elorn. » T. 1er, p. 201. |

(3) Journal des savants de Norm., No 1er,

nt

Martin, ne savait comment s’excuser, parce que l'accident était arrivé pendant son sommeil, le saint dit quelques paroles, et l’ours apprivoisé remplaça l'âne € au grand étonnement de ceux qui le voyaient basté et sanglé porter de grands faix de bois au monastère (4). » Pour d’autres légendes sur le mème fait, V. notre Hist. et Glossaire du Normand, Introduction.

Cette légende si répandue du Loup et de l’Ane, où une bête fauve prend la place d’un animal domestique, et qui symbolise sans doute l’église, humanisant le Frank et le Scandinave, nous l'avons déjà localisée ailleurs (2), et nous pouvons la signaler dans les Ardennes, où le loup de Stavelot devient le serviteur de saint Remacle, après avoir mangé son àne (3); mais cette légende règne surtout sur la contrée du Mont Saint-Michel, puisqu'on lit dans la vie de saint Maclovius (Mac-leod) ou saint Malo, que ce saint opéra le même miracle (À).

Le Mont s'appelait jadis Mont de Tombe, Otrinum ou Oscrium, selon d’Argentrey et Tassin. » Livre des curieuses Recherches.

La légende de Bain et de l’enfant qui, du pied, écrète le Mont Tombe, n’est pas unique, et, du reste, on ne trouverait sans doute pas une seule légende unique. Un historien la retrouve attachée à la cathédrale de Strasbourg : « Un nom qu’ils ont conservé par une gracieuse préférence, c’est celui d’une vierge qui travailla pour Notre-Dame de Strasbourg ; une partie de la prodigieuse flèche fut élevée par sa faible main. Ainsi, dans la légende, le roc, que tous les efforts des hommes n'avaient pu ébranler, roule sous le

(1) Iconog. de quelques Saints de Bretagne, Rev. de l'Art chrétien, p. 302, %e année.

(2) V. ci-dessus.

(5) Michelet, His. de France, t. vi, p. 140.

(4; Em. Souvestre, Foyer breton, t. rer, 104.

pied d’un enfant. C'est la légende du Mont Saint-Michel (1).» Mais l’auteur de ce récit réunit sans doute ensemble le Mont Saint-Michel et Tombelaine quand il dit de Heligoland « que cette île est formée de deux rocs comme le Mont Saint-Michel et le rocher de Delphes (2). € Il en est de mème du miracle de l’eau vive, jaillissant sous le bäton de saint Aubert au Mont Saint-Michel. Cette tradition commune se raltache aux nombreux saints et missionnaires qui font jaillir des sources dans des lieux incultes et sauvages, c'est-à-dire la foi dans les cœurs barbares et les esprits grossiers qu'ils évangélisaient.

La légende du cataclysme, qui forma la baie du Mont Saint-Michel, est ainsi contée * « Les gens de bien croyant estre éloignés de toute sorte d’empêchement au service de Dieu, provenant des hommes, ne le furent toutefois des inondations de la mer, laquelle, par son flux et reflux, renversa petit à petit toute cette forest jusques au pied dudit rocher (nous ignorons l’an, comme nous l'avons dit plus haut) tellement que ces bons anachorètes furent obligés à chercher logis ailleurs. Ceci est tiré des Mss. de ce Mont et des bréviaires de Coutances et de Lysieux (3). »

Ïl y a, dans le Bréviaire de Daniel Huet, une hymne, sans doute composée par lui, car elle rappelle beaucoup à son début le Carmen sœculare d'Horace, et caractérise la muse paienne de l’évèque d’Avranches :

« Auberti meritis plaudite, virgines, Votivum, pueri, dicite canticum,

Aubertum celebrent tinnula præsulem Festis æra canoribus (4).

Un poète bas-normand, le Rocquez, de Carentan, de la

(1) Michelet, Hist. de France, t. 1er p. 657.

(3) Michelet, Hist. de France, t. 1er, 159.

(3) Mss. des Curicuses recherches de dom Leroy.

(4, Bréviaire d'Avranches, composé par Daniel Huet.

= 99 = fin du xvie siècle, a été jusqu’à faire honneur à Childebert de la construction du monastère :

Lorsque régnait en France Childebert Après Clothaire, au bon évesque Aubert Fut démontrée en vision celique La grand puissanee et vertu angélique Du Mont de Tombe, au milieu de la mer, Mont Saint-Michel où l'on vient réclamer Aide et secours de lointaine partie, ° En Avrencis, aux fins de Normandie.

Et sur ce Mont, ce bon roi par désir A ses despens fist construire et bastir Un monastère et abbaye éminente, Mouit décorée en beauté excellente.

Le Mont eat haut, bien fermé et très-fort Pour résister à l'assaut et effort Des ennemis, voire de tout le monde, Si trahison en ce lieu point n'abonde (1).

Les dons faits par Rollon au Mont Saint-Michel sont relatés par deux historiens :

a Per septem dies quibus Rollo in albis mansit dedu quarto die quâ baptisatus fuerat archangeli Michaelis ecclesiæ vicibus inundatione procellarum maris circum seplæ secundum cursum lune, etc. (2). Quarto die dedit terram S. Michaelis archangeli ecclesiæ în periculo maris supra montem positæ (3). »

M.Th. Danjou, dans un article sur les pierres gauloises (4), parle de pierres dispersées dans les environs de Fougères, et de cette légende « très-répandue dans le pays. »

« Lorsque le diable bâtissait le Mont Saint-Michel, ses diablotins lui apportaient des pierres, mais le Mont étant achevé, il leur cria qu’il n’en fallait plus. Alors ceux qui les portaient les déposèrent en ce lieu. »

(1) P. 91 de son Miroir de l'Eternilté.

(2) Dudo S. Quiat. lib. 2.

(3) Will. Gem. L. 11.

(4) Annuaire de Fougères 1845.

Es)

Nous regardons notre grand annaliste du Mont Saint- Michel, Dom Huynes, comme le mème personnage que celui qui a laissé : :

« Histoire manuscrite de Saint-Florent (Anjou), par. Dom Jean Huynes, bénédictin du xvnie siècle (1). »

Lorsque Bretteville devint la propriété du Mont Saint- Michel, cette localité s’appela Britisvilla S. Michaclis, et elle est dite maintenant Bretteville-sur-Odon ou Bretteville-la-Pavée.

Un historien de Guernesey, William Berry (2), après avoir dit que € des religieux du Mont Saint-Michel fondèrent à Guernesey une abbaye sous le titre de Saint-Michel Archange, dans ce qu'on appelle le Clos-du- Val, l’an 962, » ajoute : « Robert, duc de Normandie, qui commença à régner en 1026, ayant fait naufrage sur l’île de Guernesey, fut très-bien reçu de l’abbé de Saint-Michel de Guernesey, et par reconnaissance il accorda à ce monastère des terres et des privilèges. Les religieux y établirent si bien la foi et la piété, que Guernesey est appelée en plusieurs endroits l'Île-Sainte. Les biens de ce monastère subsistent sous le nom de Fief Saint-Michel. »

C’est cette terre du Val, de Wallia, qui est désignée dans la charte suivante :

« Terra Comitis. Quando abbas Suppo nomine dedit terram que vocatur Terra comitis, de insula Guerneroii relinuit ibi in signum dominii melagium quod ibi abbas et conventus M. S. M. eorum que prior de Wallia percipiunt, habent etiam ibi quartam partem weresci. »

1054.— G. Pichenolt, grand seigneur, donne au monastère la Perrelle et ses dépendances » (3). « Ranulphe,

(1) Revue de l'Art Chrétien, p. 321. Juillet 1857. (2) Londres 1815.

(5) Th. Leroy.

AD — huitième abbé, fait parachever la nef de l’église et faire plusieurs autres bâtiments, 4060 (1). »

Charte de Robert. — € Ego Rob. comes filius magni Ric. dux et princeps Normannorum reddo $S. M. altare suum cum toto monasterio quod predecessores mei sibi hactenus vindicaverant.…. medietatem insule que dicitur Grenerois.... in comilati Abrincensi villam que dicitur S. Johannis sitam supra mare... Silvam que dicitur Bivia cum silvulis quibusdam aspicientibus ad eam.... burgum quod appellatur Beverona (2).

La charte de donation de la Perelle en Guernesey, par G. Pichenolt, avec le consentement de G. Le Comte, à la date de 4054, commence ainsi : e Monachilem habitum in eccl. S. Michaelis in periculo maris accipio » (3).

Ün moine du Mont Saint-Michel, qui vivait sous le roi Robert, fut envoyé chez beaucoup de princes parce qu’il était très-savant dans la langue française (4).

Entre autres biens signalés dans le Dom’sday book, comme donnés après la conquête à notre monastère, on remarque Îles suivants :

« Ecclia S. M. de Monte ten. de rege Otritone. Comitissa Ghida teneb. T. R. E. Ipsa ecclia ten. Donitone. Com. Herald. teneb. T. R. E. — Ipsa ecclia ten. Donitone. Com. Herald. tenebat T. R. E. Sedemude terra S. Michaelis. » Pour le Hampshire, pour la terre de l’évêque Osborne, on lit dans le même Livre terrier : « Eccl. S. M. de Monte tenet

(1) Th. Leroy.

(2) Confirmée par G. le Conquérant.

(5) Charte communiquée, comme la plupart de celles relatives aux Iles normandes, par le digne et estimable M. Metivier, l’au— teur anonyme de l'ouvrage en patois guernesiais ou cételain, les Rimes guernesiaises. Nous avons cité plusieurs de ces chartes dans notre Jersey monumental et historique.

(4) Ampère, Hist. liltéraire de France, t. ur, p. 604.

= de Rege in Basingestoches hundred unam ecel. cum hidam et decimam de manerio de Basingetosches. »

En 4094 (1), Henri Ier, roi d'Angleterre, ayant trouvé protection dans le Mont contre la fureur de ses frères, en marqua depuis sa reconnaissance de plusieurs manitres : entr'autres il fit frapper des monnaies à l’image du saint Archange ; ces pièces s’appelaient Angelots (2).

Dans le chapitre intitulé William IL, d’un hivre clissique d'histoire, très-répandu en Angleterre, par Mr Markham, xIe édition, on voit une ülustration représentant Mount Saint-Michael on the coast of Normandy.

En 1095, le plus ancien seigneur d’Aubigné, en Bretagne, nommé dans les Preuves de D. Morice (3), Radulf, attesta et signa de son sceay une donation faite au Mont Saint-Michel par Guil. Boterat en 1095, à l'instant du départ de celui-ci pour la Croisade. Le titre était conservé au chartrier de l’abbaye et il portait encore le sceau qui'a été donné par les Bénédictins, ayant pour légende : Sigillum Radulfi de Albineio, avec l’écusson de gueules à quatre fusées d’or posées en fasce.

Ün membre de la plus illustre famille de Jersey, un de Carteret, famille originaire du lieu de ce nom, sur la côte de France, fit une donation au Mont Saint-Michel:

4135 ? — « Phil. de Cartrait reddit Deo $. que Michaeli et Bernardo abbati et conventui sanctæ ecclesiæ decimam S. Audoeni de Gersoi liberam et quietam ab omni calumpnia et in avena et in stramine, donavit itaque S. Archangelo unam acram terre ad libitum monachorum ad suam grangiam faciendam atque decimam congregandam (4).

On a noté, pour le Mont Saint-Michel, une série de

(1) Th. Le Roy, p. 6.

(2) Ap. M. Desmons, Mss.

(4) Cart. du M. S. M. fol. 91.

= A9 = tremblements de terre: « 4555, effroyable tremblement de terre (1). » — « Celui de 4584 ne fut pas moins effrayant ; un autre assez considérable s’y fit sentir en 1619, et les habitants furent encore effrayés par celui de 1640 (2). » Spenser désigne Saint-Michel de Cornwall en termes qui pourraient aussi s’appliquer à celui de Normandie : St-Michels mount who does not know That wardes the western wast (3).

Un roman de cette époque cite notre monastère : « Et dusqu'au Mont Saint-Michel, ce m'est vis (4). »

On connait la grande réunion de prélats qui eut lieu au Mont Saint-Michel sous Robert de Thorigny, au xure siècle; c'est peut-être à cette circonstance que Marie de France, au siècle suivant, faisait allusion, lorsqu'elle disait :

Al mount S. Michel s'assemblérent, Norman et Breton i alerent

Et li Flamenc et li Franceis,

Mes ni ot guere de Engleis (5).

Le plus illustre abbé du Mont, Robert de Thorigny ow de Monte, est ainsi représenté par-un contemporain : « Tam divinorum quam sæcularium librorum inquisitor et conservator studiosissimus (6). » Il apporta en Normandie le premier Pline qui vint certainement d'Italie : « Prologus. Roberti abbatis in Plinium qui ipsum librum in Normanniam advexit et corruptum correxit. » Ce prologue forme le commencement du Ms. qui passa à Saint-Germain et doit être à Paris (7).

(1) Dom Le Roy.

(2) Mss de M. Demons.

(3) Églogue. July.

(4) Garin le Loberine, V. 7056. !

(5) Ap. de la Rue, Bardes et Jongleurs. Le même ouvrage cile parmi les miracles de Gauticr de Coinsy trois contes du Mont St-Michel.

(6) Henri d'Huntingdon. |

(7) Bethmann, Voyage dans le nord de la France, etc.

Sous l'abbé Bernard, Philippe de Carteret confirma la donation de son père, faite sous le précédent :« Quorumdam malignorum hominum consilio corruptus, donum quod ejus pater fecerat ipse concedere noluit et pro posse suo subtraxit. Tandem deo inspirante ipse penituit et ad misericordiam dei et Bernardi abbatis corde compuncto. veniam expeciit. Quadam die nullo cogente oracionis gracia ad montem cam matre sua Lucia venit..…... »

Sous Bernard, eut lieu : « Donatio Petri fil Desiderii qui fuerat monachus in hac ecc. dande omnem hereditatem suam in insulis. »

Vers la fin de la prélature de Bernard, en 1147; les moines de Saint-Sauveur-le-Vicomte prirent pour abbé un religieux du Mont qui, dans leur histoire, porte le nom de Hugo Ir.

En 1150, une bulle du Pape confirme plusieurs biens de Saint-Michel, en particulier : « Villam S. Clementis in Gerseyo et quidquid habetis in insula Guernereii. »

« Concessimus, dit Richard, évêque de Coutances, abbati Rob. S. M. facere oratorium sibi et monachis suis venientibus vel morantibus in villa sua de Perrevilla in Gersoio.»

4154. — Bulle d’Adrien confirmant : « Insulam Causum, quidquid habetis in insula que vocatur Gersoium, in insula (ruernerii quartam partem, in eadem insula ecc. S. Salvatoris, ecc. S. Marie de Castro, ecc. S. Michaelis de Walo, ecc. S. Petri de bosco, ecc. S. Marie de Lishou, capellam S. Maglorii et capellam S. Georgii, insulam que vocatur Quetehou cum ecclesia (1). In insula de Gerse Perravilla, ecc. de Capella, insulam de Serc, in insula de Grenere ecc. de Guale et tres alias" ecclias, villam de Gale, melagia de terra comitis Ranulphi, terram Hugonis de Rosel. »

4154-1189. — Chartes du roi Henri confirmant les

(1) 1178. Bulle d'Alex. au.

donations de ses prédécesseurs envers le monastère de l'archange.

On voit dans les Comptes de l'Echiquier de 1203 que les ducs de Normandie entretenaient au Mont des chevaliers et des sergents à pied richement payés : « In liberatione 4 milit. morancium apud Montem S. M. per annum integrum, el 34 dies unicuique in die 6 sol. 570 lib. 6 sol. per breve Regis. In liberatione 140 servientum peditum morancium ibidem per annum integrum et 34 dies, unicuique 6 den. in die 433 lib. per idem breve, etc. »

À Bayeux, en 1208, G. de Fourneaux, chevalier fit un accord avec l’abbé Jourdain et les moines de Saint-Michel pour le patronage de l’église de Fourneaux. On convint que lorsqu'elle serait vacante, G. de Fourneaux ou son héritier présenterait dans l’espace d’un mois un clerc aux religieux, et que ceux-ci, dans le mois suivant, le présenteraient pour curé à l’évèque de Bayeux.

En 1209, J. Sans-Terre donna à Ric. de Fontenay l’administration de l’abbaye du Mont Saint-Michel et de toutes ses possessions sous la redevance annuelle de 1450 livres d'Anjou (1).

À Ja fin du xive siècle, était abbé de Blanche-Lande (Manche) Thomas des Iles, et ce nom, avec celui de Radulphe des Iles, abbé du Mont Saint-Michel , témoigne, avec plusieurs autres, des relations du continent avec les Îles normandes.

1219. — Ego Phil. de Albigneio baillivus jn insulis ex parte domuni H. regis... in pace reddidi S. M. omnia jura sua in insula Gernorroii scilicet in mari et in lerra et videlicet omne werecum suum in Wala et quartam parlem wereci tocius patrie et maram Harla et claram maram et ruffam maram et usum venandi per totam lerram...… ct

(1) Rotul. litt, patentium J. regis.

tria prandia que ego et ancessores mei in prioratu de Walo superflue et inhoneste capichamus — nist baillivus se tercius. » — Confirmation des mêmes droits à Jersey, de plus : « Usum venandi per lotam terram suam scilicet in Petravillam ad rupem Godeine ad nigrum montem » (Noirmont). |

En 1222, l'archevêque de Cantorbery, dans un concile, ordonna de célébrer par toute l’Angleterre la dédicace de l’église du Mont Saint-Michel (1).

« En 1224, Hugues, comte du Maine, vint en pèlerinage . €t fit de riches présents (2). »

« En 1228, construction des pilliers du cloistre et de l'image de saint François, sous Radulphe de Villedieu (3). »

On a un chirographe de 1235 par lequel le prieur de l’église de Saint- Frigian, en Lucanie, donne au Mont Saint-Michel un certain nombre de reliques pour la décoration de l'église « et ut ipsorum intercessionibus ab imminentibus eis sepe periculis adjuvante Dno liberentur.… Unciam de manu B. Frigiani, de ligno quod fuit inventum in sepulcro ejus, de pulvere episcopi, de reliquis S. Ricardi regis Anglie.….. de lapide super quem sedit beata gloriosa virgo Maria lactando filium suum quum venit ad templum, de lapide sepulchri, de columpna ubi ligatus fuit, antequam duceretur ad crucem.. istorum reliquias tam ilariter quam lubenter duximus concedendas, ann. 1235 (4). »

La charte suivante, à la date de 1238, porte dans sa rédaction des caractères d'authenticité, toutefois elle mentionne un abbé, Richardus Hamel, qui n’a jamais existé au Mont Saint-Michel ; à cette date, c'était Richard Toustain : « Universis Christi fidelibus præsentes litteras inspecturis

(1) Neustria pia, p. 584, et Th. Le Roy, p. 26.

(2) M. Blondel. | j

(5) Livre de Curieuses recherches.

(4) Charte originale avec sceau , à la Société d'Archéologie.

frater Richardus Hamel, abbas montis sancti Michaelis de periculo maris et ejusdem loci conventus salutem in Domino Novit universitas vestra nos concessisse et omnino dimississe hominibus nostris de Coudevilla, de Brevilla, de Douvilla, de Longuevilla et hæredibus suis nec non hominibus nobilis viri domini Francisci Paganelli, in perpetuum tangam, sabulum, juncum et baudinam et totum paturagium, quod in marescis habemus quæ sunt inter falesiam de Donvilla et marescum de Brehal, si autem alii quam nostri homines vel dict nobilis viri Francisc. Paga- . nelli langam vel sabulum capiunt in istis locis istam quittantiam non habebunt, sed nobis satisfacient, pro dictà tangà et dicto sabulo, salvo tamen nobis tam in mari quam in terra dominio principali et varesco, in hujus rei testimonium præsentem paginam sigilli nostri munimine diximus roborandam.

Datum anno millesimo ducentesimo trigesimo octavo mense octobris. » (1)

1938. — Carta Henrici 3 regis de maribus apud Gerner. reddend. et de diversis libertatibus concedendis. »

C’est la confirmation des chartes de Henri II.

4239. — Ric. miseratione divina abbas M. S. M... nos tradidisse Petro de Hoga presbitero et matri sue terram nostram de Sursa sitam in parrochia S. Marie de Castro in perpetuum feodum.... duo quarteria frumenti. — 19253. Littera conventionis inter abbatem montis et G. de Chayne super custodiam Rotb. de Ver (2).

En 1249, l’église de Lingreville fut donnée au Mont par Jeanne de Saint-Planchers (3).

(1) L'autorité de cette charte a été invoquée dans des contestations judiciaires, relatives aux mielles et dunes de ces parages. ‘

(2) Du fief le Comte.

(3) Le Canu, p. 470. Hist. des Evéques de Coutances.

1201. — Ego Jord. de Hoga de Gerseyo dedi S. M. duas pecias juxta S. Crucem.

Dans la querelle entre R. Toustain et ses religieux (1), l'archevêque Od. Rigaut donna tort à l'abbé : « Abbas nimis durus est, » dit-il dans sa visite de 1256 (2), et il lui reprocha d’avoir donné à un sien neveu un ouvrage de droits aux dépens du monastère : « Ei totum corpus legis pulcherrimum, etiam de bonis monasterii sine assensu conventus emerat (3). » Cet abbé permettait des choses plus graves encore, car, à la visite de 1250, le même prélat avait dit: « Seculares et mulieres passim intrant claustrum (4). »

En 1259, le roi de France visita le Mont Saint-Michel :

« 1259. — In septembri causa peregrinationis Montem S. Michaelis in periculo maris visitavit et cum magno apparatu; ubi transit a civitatibus et castellis Normanniæ receptus est (5). »

Ludovicus rex castra sua Normanniæ visitat et usque ad montem S. Michaelis pervenit (6).

M. Blondel ajoute : il mit sur l’autel une somme d’argent destinée à augmenter les fortifications de la place et du château (7).

L'abbé Robert Jolivet endigua beaucoup de terrains et de grèves et fieffa à des tenanciers de Genêts des terrains à protéger contre la mer; mais, vers 1325, elle les avait envahis ; il dépensa 20 livres du Mans pour fermer un morceau de grèves du côté de Beauvoir ; en 4329, il en afferma 21 acres pour 3 sous de rente par acre.

(1) V. Aoranchin hist. et monum., 11, 240.

(2) V. Reg. visit. Od. Rig. édit. Bonnin.

(5) Ibid.

(4) Ibid. p. 84.

(5) André Duchesne, p. 1014.

(6) André Duchesne, p. 1009.

(1) P. 39, Hist. du Mont Saint-Michel.

4270. — Carta Henrici 3 de confirmatione quod discedentibus abbatibus custodia terrarum debet esse in manum prioris.

1270.— Terra Comitis. Littera pro terminanda lite inter abbatem Mon. S. M. et Feliciam dnam de Chagne per judicium arbitrorum.

En 1277 nous trouvons des Dies à Ardevon.

Avant 1289, les dimes de Cosqueville, arrondissement de Cherbourg, appartenaient aux abbés du Mont Saint- Michel, car nous trouvons dans Toustain de Billy qu'en cette année un arrangement eut lieu à ce sujet entre celle abbaye et les curés de cette paroisse.

M. Deliste a publié la charte, rectifiée sur l’original du Trésor des Chartes, qui atteste l'existence d’un abbé Ranulphe de Thorigny, qui fut, sinon investi, du moins élu : « Illustrissimo domino suo Philippo.... sui devoti et humiles oratores fratres Philippus prior et conventus monasterii Montis S. M. in periculo maris salutem, cum per resignacionem fratris Nicolay Fanigot, quondam abbatis nostri monasterii dictam monasterium vacaverit et a vestra regia majeslate a'nobis petila licentia eligendi et obtempta (sic), post-modum fratrem Ranulphunr de Thorignejo commonachum nostrum qui viam universæ carnis ingressus est elegerimus in abbatem nos nostrumque monasterium propier vacationem in spiritualibus et temporalibus non modicam paciamur lesionem, vestram regiam majestatem per fratres Clementem de Thorigneyo et Rob. de Velleyo commonachos nostros, exibitores presencium sigillo nostro conventui sigillatarum, ques ad hoc nostros constituimus procuralores et nuncios speciales et quemlibet eorum in solidum exoramus in domino nostro Jesu Christo quatenus hac vice eligendi futurum abbatem nobis licenciam vestri gracia concedatis. Datum in capitulo

nostro anno 1280. »

4281.— Lit. decani de Jerseio.… frater Ric. de Esquioio monachus monasterii S. M. in periculo maris prior de Laye in insula Gersoit confessus est sibi satisfactum super 30 L. in quibus Ran. de Torrigneio quondam suus commonachus sibi ex causa mutui tenebatur.

1281. — Edwardus... inspeximus cartam quam dudum antequam gubernatilla regni nostri susceperamus fieri fecimus abbati S. M. in hec verba : e Quartam partem locius verecti maris in omnibus locis insule nostre de Gucrner Lam illius verecti quod per se et sine alicujus auxilio venit ad Jittus quam quod per auxilium aliquorum coadjuvantium trahilur ad littus, et quod intus vallum et Lihou et Quetehou, totum verectum et omnes aventuras maris, exceptis auro, Scrica non operata et scarleta non scissa et palliis de escarleta novis sine tachiis quæ ad regium pertinent dominium. » |

1986. Gisleb. de Rohers de insula Guerroii confessus est quod ipse se et omnia bona sua contulit S. Michaeli necnon decem quarteria frumenti ad mensuram Wallie.

1286. — Edwardus baillivo suo de Gerses et Gerner assignavimus.. ad inquirendum de jure abbatis de Monte in periculo maris quod clamat habere in insula de Gerner de terra Comitis.

4290 et 91. — Carla de decimis S. M. in parochia S. Audoeni in insula Gersoti, per Reginald de Carteret, « est in hac elemosina capella S. Mariæ de la Wik, » sans doute un Wick scandinave, comme il yÿ en a plusieurs dans la Hague (1).

1290. — Littera Raginald de Gartreto : confirmacio cum tenore omnium cartarum donacionum dominiorum de Quarlerel. — 1290. — Copia donacionis ecclesie S. Audoeni et capelle Beate Marie in insula de Gerseio.

EE

(1) V. notre Normandie scandinave, p. 110.

Üne note de M. L. Delisle (1) nous fait connaître les habitations normandes de Paris au moyen-âge. Voici celles du Mont Saint - Michel : « 1293, le don de certain manoir sis en la grande rue, au-dessus de saint Mathurin, devant la maison de l’évesque du Mans, du côté de saint Céphorien, par maistre Pierre Toustain, archidiacre d’Avranches (2). » Le 23 septembre 1402, Pierre, abbé du Mont Saint-Michel, institua des procureurs pour ventre à l’'évèque de Lisieux le tiers du manoir de Pierre » de Bornasello », chevalier, acheté par indivis avec l’évêque de Lisieux (3). — 1413, « L’acquest d’une maison à Paris, en la rue Saint-Estienne-des-Grecs, devant lhostel des Grands- Choletz, joignant d’un côté à la chapelle Saint-Céphorien,. et d'autre’ faisant le coin de ladite rue, faict par l'abbé Robert, de M. Jean Pyet et M. Robert de Charnecel (4). » L'acte de la vente consentie à ces deux derniers par les religieux de la Couture du Mans, en 1407, et un accord par lequel les religieux de Sainte-Geneviève quittent à ceux du Mont tout le droit qu'ils avaient en ladite maison, avec l'entrée et l'usage de la chapelle Saint-Symphorien. Les moines conservèrent cette maison jusqu'en 1971, où ils la vendirent pour 2260 1, au collège de Montaigu (5).

1308. — Lit. decani de Gersoio quod H. de S. Martino habet librum pertinentem abb. et conventui S. M... « confessus fuit se habuisse à viris religiosis S. M. quemdam librum vocatum Dygestum vetus titulo quem quidem obitgavit se redditurum... » (6).

(1) P. 149 de son Cartul. norm. Mém. des Ant. de Norm , 16e v.

(2) Inv. des litres du M. S. M. fo 441 ve, aux Archives de !a Manche.

(3) Arch. nat., S. 1,607.

(4) Invent. fo 4:1 vo.

(5) Sauval, t. 15. p. 269.

(6) Un sceau avec deux poissons.

Page 1