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I. LES VEILLEURS DU SOUVERAIN SECRET

Une haute salle au plafond de chêne ; — un lustre de fer pend du milieu des poutres entre-croisées. — Au fond, grande porte principale s'ouvrant sur un vestibule. Cette porte est surmontée de l'écusson d'Auersperg, supporté de ses grands sphinx d'or.

A gauche, grande fenêtre gothique — laissant voir, à l'horizon, d'immenses et brumeuses forêts.

À droite, escalier de pierre construit dans la muraille: au sommet de l'escalier, porte cintrée communiquant avec l'une des tours.

Crépuscule déjà sombre.

La salle est d'une profondeur qui donne l'impression d'une bâtisse colossale datant des premiers temps du moyen âge. — À droite, vaste cheminée où brûle un grand feu qui éclaire la scène. Sur le spacieux manteau de cet âtre sont empilés de poudreux infolio. — Sur de larges établis en bois noir, adjacents, sont disposés des alambics, des sphères astrales, d'antiques lampes d'argile, de démesurés ossements d'animaux d'espèces disparues ; — des herbes desséchées.

Sur les murs, des trophées d'armes anciennes, des oriflammes orientales, — de très vieux portraits de châtelaines et de hauts barons de Germanie. Entre des armures sarrasines, d'énormes vautours et de grands aigles fauves sont cloués, les ailes étendues.

Au deuxième espace, à droite et à gauche, portes; tentures en tapisseries de haute lice devant les portes.

Au miUeu de la salle, table dressée pour un festin; des peaux de renards et d'ours noirs sont jetées aux pieds de deux sièges de forme surannée, placés aux extrémités de la table, se faisant face.

Un grand vieillard, assis auprès de la cheminée, examine des armes qu'il achève de fourbir. Il est vêtu d'un surcôt de laine brune, serré par un ceinturon de cuir, et d'un vieux pantalon de cavalerie de même étofîe et nuance que le surcôt. Il porte le béret prussien sur ses rares cheveux blancs coupés en brosse. Il a la croix de Fer sur la poitrine.

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